PRÉFACE
Nous avons entrepris cet ouvrage en 1910 sur les conseils d'un maître regretté, Ernest Langlois, dont nous gardons un pieux souvenir. Il nous a initié aux méthodes de la philologie romane avec une affectueuse rudesse qui cachait mal une grande bonté. Par l’ensemble de ses travaux, il nous a donné un admirable exemple de probité scientifique.
Îl nous a semblé que nous ne pouvions aborder notre étude sur Jean Molinet, avant d'avoir établi au moins une édition critique de ses Poésies. Nous avons commencé par là et nous avions déjà collationné la plus grande partie des manuscrits et des éditions, lorsqu'en 1914 notre besogne a été interrompue.
Quand, en 1919, nous avons repris une vie normale, nous avons constaté avec peine que la maison que nous habitions à Valenciennes était démolie et saccagée et que les feuillets que nous avions noircis avaient été dispersés et jetés aux vents. Longtemps nous nous sommes demandé si l'œuvre anéantie serait jamais recommencée.
En 1921, à l'École des Hautes Études, nous avons fait la connaissance de M. Mario Roques, qui devint notre second maître. Alors que de lourdes obligations professionnelles et une santé chancelante nous faisaient douter du succès de notre entreprise, il nous a engagé à reprendre notre travail ; il n'a cessé de nous encourager, de nous stimuler et nous a donné les plus sages conseils. Qu'il veuille bien trouver ici l'expression sincère de notre profonde gratitude.
Nous avons aussi l’agréable devoir de remercier ceux qui ont bien voulu faciliter nos recherches.
Nous réservons un souvenir ému à la mémoire de Max Bruchet, l'homme * de cœur et l’archiviste incomparable dont l'affection, relevée d'humour, nous était précieuse. Nous prions MM E. Lancien, sa collaboratrice dévouée aux Archives du Nord, d'accepter l'hommage respectueux de notre pensée reconnaissante.
Nous sommes heureux de rappeler le nom de notre cher ami, Dom Louis Gougaud, bénédictin de Farnborough : son érudition vaste et précise nous a été, plus d’une fois, fort utile.
A M. Maurice Hénault, bibliothécaire de la ville de Valenciennes, à M. André Martin, conservateur adjoint à la Bibliothèque nationale, à tous ceux enfin qui nous ont aidé peu ou prou, nous adressons nos plus vifs
remerciements.