‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 87 sur 157 · Voir notre Étude critique, chap. III · texte numérisé non relu

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fatrisée : elle est également, avec la même attribution, dans le meilleur manuscrit : on a, en effet, dans le ms. 105 de Tournai, fol. 245 verso, la mention suivante : Aultre ballade fatrisie ou jumelle adreschant a saint Maurice par icelluy Molinet. La ballade fatrisée est donc bien de notre rhétoriqueur ; elle fait partie intégrante du Mistére de saint Quentin, qui, par conséquent, est de Molinet. On comprend ainsi que Molinet qui, dans l'Art de Rhétorique, illustre ses définitions d'exemples souvent empruntés à ses œuvres, ait introduit la ballade fatrisée avec cette remarque : Ceste couleur de rhetorique est decente a faire regrez, comme il appert en l'ystoire de saint Quentin, ou l'escuier trouve sainct Maurice mutilé sur les champs ‘.

Peut-on fixer approximativement la date de composition du Wistére de saint Quentin ? Selon H. Chatelain, il ne peut être antérieur à 1460 ou 1465, nm postérieur à 1492, puisque l'Art de Rhétorique était achevé à cette époque. Nous avons établi que l’Art de Rhétorique avait été écrit après 1482. Il en résulte que le Mistére de saint Quentin a pu être composé vers cette date.

H. Chatelain signale qu'en 1451 furent donnés à Abbeville les Jus de Monseigneur Saint Quentin : il ne peut s'agir là de notre mystère, puisque Molinet n'avait alors que seize ans.

Une représentation aurait eu lieu en 1501, à Saint-Quentin même, pour la joyeuse entrée de l'archiduc Philippe le Beau. Pour établir ce fait, H. Chatelain s'appuie sur le témoignage d’un ancien historien ?. Déjà P. Meyer s'était demandé s’il était bien question d’un mystère 5. Emmeré fait, en réalité, allusion à des tableaux vivants organisés dans les carrefours, in compitis, et représentant les évènements principaux de la vie du saint. Nous en avons la preuve dans le passage des Chroniques, où Molinet raconte comment l’archiduc d'Autriche et sa femme furent fêtés à Saint-Quentin (ch. 315): De Cambray allerent a l'abbaye de sainct Martin et le lendemain entrerent au royalme, environ quatre heures, et vindrent a Sainct Quentin, ou les ordres Mendians, Cordeliers et Jacobins, et Messieurs de l’esglise vindrent au devant et leur donnerent a baisier le chief du benoist martyr et les rues de la ville furent tapissees ; a sa venue

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