DU SYMBOLISME A L’ÉCOLE ROMANE
Moréas avait composé des vers français de bonne heure.
J’ai dit que son éducation avait été toute française. Une partie de son enfance s’était écoulée à Marseille, sous la direction d’une gouvernante, « jeune femme de goût, très instruite », tante de M. Dumény, l’acteur connu. Il n’ ignorait pas nos poètes. « Je n avais pas encore dix ans, confiait-il plus tard a un rédacteur du Temps, que je m’étais promis de chanter, comme eux, sur une lyre française. »
Ainsi s’explique la connaissance parfaite qu’il avait
de notre langue. „k
Il avait intercalé des vers français dans le recueil de vers grecs, qu il avait fait imprimer a Athènes, en 1878, intitulé : Trugones k,ai Ekidnai (Tourterelles et vipères),
recueil devenu introuvable, mais nous savons par M. Jacques Patin 1 qui 1 a tenu entre les mains, que ce mince recueil, à couverture jaune et à titre rouge, portait, pour épigraphe, des vers de Victor Hugo :
J'ai des ailes pour la tempête Et pour l’azur...
j (< Cinq poèmes français, dit M. Jacques Patin, s y insèrent, par intervalles, et réunissent ces pièces (grecques), comme les gros grains pour les dizaines de chapelets ». M. Patin1 nous cite quatre de ces poèmes, dont voici l’un :