NOTIONS ÉLÉMENTAIRES D'OPTIQUE
( 1784. — 1 vol. in-8°. )
dont il leur envoya les copies manuscrites , plus jaloux de faire preuve de son zèle pour le progrès des sciences par un ouvrage soigné que par de nombreux essais. Si cette légère esquisse a les honneurs de l'impression , elle les doit , dit Marat , à un amateur distingué , dont le zèle éclairé pour la propagation des connaissances utiles est connu.
Aux travaux immenses que nécessite l'étude approfondie des diverses branches de la physique , Marat , on ne l'a pas oublié , exerçait avec succès la profession de médecin ; cette profession , qui demande tant de
connaissances , qui peut être exercée partout , coïncidait on ne peut mieux avec ses habitudes intellectuelles, avec les études auxquelles il s'était livré et qui devenaient chaque jour plus profondes : tous ses ouvrages en font foi ; elle se prêtait , en outre , à la gravité de ses mœurs , à la simplicité de son genre de vie , à ses habitudes d'observation.
En 1783, l'Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen , ayant mis au concours : « Jusqu'à quel point et à quelles conditions peut-on compter , dans le traitement des maladies, sur le magnétisme et sur l'électricité, tant négative que positive ? Marat, en sa qualité de médecin et de physicien , entreprit la solution du programme ; ou , pour parler plus exactement , il présenta à l'Académie un Essai faisant partie d'un ouvrage plus considérable. Le 6 août de la même année, le prix fut décerné au mémoire anonyme de Jean-Paul Marat.
Nous tenions à constater ce nouveau titre pour témoigner une fois de plus que Marat fut non-seulement médecin , mais encore praticien habile , et quoique en aient pu dire ses "détracteurs , d'un talent parfaitement reconnu , justifié par un diplôme , son emploi médical dans la maison princière du comte d'Artois , ses cures brillantes à Londres et à Paris, sa réputation enfin de médecin des incurables.
Forcé par les statuts de l'Académie d'abandonner son ouvrage anonyme ou de se faire connaître, il prit contre son gré le parti de s'en avouer l'auteur. Le mémoire parut quelque temps après sous ce titre :