BIOGRAPHIE. — LA CARRIÈRE
Années de jeunesse et d’études.
quet est né à Dieppe et a été baptisé dans la paroisse de Saint-Rémy, le quatrième jour de mai 1622. Sa famille, de condition modeste, était originaire de Picardie. On ne possède à peu près aucun renseignement sur les premières années de sa vie : on admet cependant qu'il fit ses premières études chez les Oratoriens de Dieppe, puis chez les Jésuites de Rouen, où il entra sans doute comme boursier, C’est là pro-' bablement qu’il eut l’occasion de connaître les Pascal père et fils. Puis, Pecquet vint à Paris, on ne sait à quelle époque précise ; ce qu'on peut dire c’est qu'en 1647, aux termes d’une réponse à Riolan, il prit son grade de magister ès-arts. Sans fortune, il avait été obligé de chercher un emploi pour vivre. Selon Riolan, il obtint la confiance des familles nobles et devint précepteur de jeunes gens qu'il accompagnait et suivait dans leurs études au collège de Clermont, aujourd’hui lycée Louis-le-Grand. Ses lettres portent les armes de la famille des Scourgeon et il écrit en mai 1648 : « L’indisposition d’un de mes escholiers me retient ici. »
Le père de Mersenae, de l’ordre des Minimes, fut
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son premier protecteur : c'est sans doute par lui qu'il fut, en mai 1647, envoyé en Italie, d’où le Correcteur général de l'Ordre écrit au père de Mersenne qu’il a reçu Pecquet et l'estime déjà « être d’un génie qui n’est pas commun ». D'autre part, le père de Mersenne tenait des réunions hebdomadaires où se rencontraient des hommes instruits. Dans ce milieu, ébauche d’Académie des Sciences, Pecquet a certainement connu et fréquenté Pascal. C'est là qu’il dut être mis en relations avec François Fouquet, évêque de Bayonne, puis d'Agde, enfin archevêque de Narbonne, frère du surintendant des finances Nicolas Fouquet. François Fouquet devint son protecteur éclairé. Dès 1648, il est à son service à Agde d’où il écrit au père de Mersenne.
Sous l'influence de Pascal, Pecquet s'était adonné avec passion aux sciences physiques, à la géomé- ‘trie. Vers la fin de 1648, l’évêque d'Agde vint à Paris prêter serment au roi; il y séjourna jusqu'en 1651 avec ses familiers. C’est alors que Pecquet, à l’instigation de son protecteur, s’inscrivit à la Faculté de Médecine où il suivit les conférences des régents Mentel et Gui-Patin. Il ne tarda pas à entreprendre des recherches personnelles.
A ce moment régnait un engouement pour la vivisection, déclanché par les théories de Descartes sur l’âme des bêtes et sur le pur mécanisme de la vie animale. Pecquet se mit à disséquer dans la maison même de l’évêque d'Agde, mais à Paris et non à Montpellier, comme on l’a écrit quelquefois.
Dès ses premières dissections, il fut mis sur la voie d’une découverte retentissante, mais il voulut qu'aucun doute ne fût permis sur Pexactitude de ces expériences et poursuivit durant trois ans ses vivisections devant des personnages de marque parmi lesquels se trouvaient le prince de Conti, l'abbé Hallé de Monflaines et quelques médecins, notamment Jacob Mentel et Pierre de Mercenne.
C’est en janvier 1651 qu'est publiée à Paris, vraisemblablement aux frais de François Fouquet, la première édition des « Experimenta nova anatomica » dont le seul titre rappelait les « Expériences nouvelles touchant le vide », de Pascal, parues en 1647. Pecquet avait alors 29 ans.Ce mémoire eut un retentissement considérable et pénétra rapidement
à l'étranger. Or, Pecquet n'était qu’étudiant : phi-.
later. Sans doute, son livre, selon les exigences de l'époque, était revêtu de l'approbation de deux docteurs régents de la Faculté de Paris ; mais malgré le bon accueil qu'il en avait reçu, il oublia complètement, dit Riolan, de le convoquer à ses vivisections. Le prince de l’Anatomie s’en vengea en vieux polémiste plein d’une verve dont il poursuivit Pecquet et ses approbateurs.
Pecquet n’ayant encore pris aucun grade à l’école de Paris sentit que, devant l'opposition de Riolan, la situation était intenable pour lui et que jamais ilne pourrait subir avec succès les épreuves imposées par la Faculté. |
L'évêque d'Agde réjoignait son évêché à peu près
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à cette époque. Pecquet se décida alors à venir passer ses examens à la Faculté de Montpellier. Celle-ci s'était réservé le droit d’abréger le délai qui, normalement, séparait les examens les uns des autres, en faveur des étrangers qui avaient commencé leurs études ailleurs et paraissaient présenter des connaissances suffisantes, dont on jugeait dans un exa men privé précédant le baccalauréat. Ayant subi cet examen avec succès, Pecquet fut inscrit le 5 juillet 1651 sur le livre des immatriculations de la Faculté (520 fo 269 Vo).
L'Université de Montpellier fut accueillante pour le nouvel élève presque déjà célèbre. L'inscription de son titre de docteur sur le livre de l’archevêché (archives départementales série G 635° 124) marque les diverses étapes de cette carrière scolaire triomphale et rapide ; il est bachelier en médecine le 12 juillet 1657, licencié le 22 février 1652, docteur le >3 mars el reçoit l'investiture de tous ces titres le 16 mai 1652, sous le décanat de Siméon Courtaud, Robert de Belleval étant chancelier, Rivière, Soliniac et Sanche, professeurs.
Pecquet ne manqua pas de faire devant les professeurs et les élèves assemblés des démonstrations qui, au témoignage de Riolan, auraient été assez mal accueillies. Le 1° janvier 1654, Pecquet est encore à Montpellier, d'où il correspond avec Bartholin à Copenhague ; mais Gui-Patin, écrit de ‘Paris le 3 juillet 1654 à Bartholin : « Pecquet vit ici ; il prépare une deuxième édition de son ouvrage,