‹ Jean Perréal dit Jean de Paris: peintre de Charles VIII, de Louis XII et deChapitre 16 sur 25 · Sa lettre du i5 novembre 1509, * Margue · texte numérisé non relu

Sa lettre du i5 novembre 1509, * Margue

rite d'Autriche.

son caractère obligeait évidemment à le traiter avec bien des ménagements \

Nous n'avons plus parlé de Marguerite d'Autriche; Perréal semblait Pavoir oubliée, et cela pour deux raisons : d'abord, il ne recevait pas la pension promise, et, ensuite, il entendait diriger les choses

i. Cornélius Agrippa écrit de Dôle, en i5oo,, à un ami : « Les lettres que l'illustre Perréal vous a écrites de Lyon, et que vous m'avez communiquées, m'ont bien montré tout le soin que vous prenez de mon honneur et de ma réputation ; vous avez plus que rempli mon attente, vous avez dépassé mes vœux, puisque vous avez non seulement traduit mon dernier discours, mais que vous lui avez fait faire son chemin à Lyon, près des personnes surtout dont le jugement ne peut que m'honorer. D'après la lettre de ce magnifique chambellan et d'après ce que vous m'en dites, c'est un homme à qui nous avons plutôt à demander des enseignements qu'à en donner sur quoi que ce soit. Vous voulez cependant que je réponde à ses questions..., etc. » Il est à remarquer que Cornélius Agrippa, dans ce texte, appelle encore notre artiste « Perréal » ; plus tard il ne l'appellera plus que « Jean de Paris ».

Signature de Jean Perréal en i5io (Bibliothèque nationale, ms.fr. nouv. acq. 1412.)

et ne pas se laisser arrêter par de mesquines objections d'économie. Il fît l'effort d'aller à Bourg exposer ses devis au conseil de Bresse, et, selon lui, il déploya une extrême modération, sans dissimuler toutefois qu'il visait à la perfection et qu'il voulait le concours des meilleurs artistes. Or on prétendait lui imposer un sculpteur au rabais, un certain Thibaut, qui avait déjà touché un acompte de 3oo livres. Le débat dura plus d'une semaine; on juge si Thibaut subit les attaques d'une verve caustique et passablement altière. Perréal avouait avoir « marchandé », sinon avec Colombe même, du moins avec un de ses élèves, et il voulait dégoûter Thibaut, lui montrer où « le bât lui blessait » ; dans ce but, il l'accablait de dessins, d'instructions; il lui fît même une grande démonstration sur un mur. Thibaut acceptait tout, non sans motifs. Il accepta même la clause que son marché serait résiliable ad libitum. Perréal partit furieux : il a s'était rompu la tête », disait-il; il avait

fait pour plus de ioo francs de dessins ; un grand seigneur ou un capitaine recevaient 1,000 francs pour moitié moins de peine! « A la "barbe » de Thibaut, il jurait bien de le congédier à la première occasion '.

Quant aux matériaux, Perréal ne voulait pas de statues en bronze doré, somptueuses comme effet d'ensemble, mais peu délicates, avec leurs lourdeurs inévitables, leurs retouches, leurs chevelures en « queue d'étoupes »; il préférait le marbre noir et blanc comme à Nantes, ou, faute de mieux, l'albâtre \ Malheureusement, ses désirs ne faisaient pas la loi et subissaient la critique, d'abord de Marguerite, qui tenait la bourse et la tenait bien, puis d'une cour trop artistique pour que les absents y eussent toujours raison. Cependant, Marguerite adressa des encouragements officiels et même effectifs à Perréal ; elle l'avisa du

i. Rapport de Perréal du 4 janvier i5i 1.

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