A. MUSÉE DU LOUVRE
M. Frédéric Reiset écrivait, en 1869, dans la préface du catalogue des émaux :
« La collection des émaux de Petitot, que possède le Musée du Louvre, était déjà célèbre dans le siècle dernier. Elle était l'un des ornements du cabinet de M. d'Ennery, le savant numismate, de qui Mariette parle en termes élogieux dans les Notes adressées à Horace Walpole : « M. d'Ennery est très connu par sa fameuse collection de médailles, la plus complète et la mieux choisie qu'il y ait peut-être en Europe. Les portraits de Petitot, qu'il possède, avaient été rassemblés pour la plupart par M. Desvaux, pareillement curieux de médailles, lesquelles ont passé avec les Petitot, après sa mort, entre les mains du possesseur actuel. Il ne faut pas s'imaginer que tous les portraits soient d'une
égale force ; je les ai vus, plusieurs m'ont paru faibles, quelques-uns m'ont semblé apocryphes. En général la collection est pourtant considérable. Je me souviens d'y avoir admiré le portrait de M""^ de Maintenon, dont M. Walpole ne fait pas mention. »
A la mort de M. d'Ennery, les émaux de Petitot furent acquis, en 1786 et avant toute vente publique, par M. Dangivilliers, pour le roi Louis XVI et payés 72,000 livres.
Le 7 Novembre 1792, on les envoya au cabinet des Antiques de la Bibliothèque Nationale. Là ils furent placés dans une « montre », ainsi que le prouve une note de M. Cointreau, publiée dans le tome III des Archives de l'Art Français. Le 27 Janvier 1793, on acquit de M. d'Hardoncelle, au prix de 60 louis, et l'on joignit aux autres un émail représentant Monsieur, Frère de Louis XIV.
La collection ne resta pas longtemps à la Bibliothèque Nationale. Elle fut réclamée (Ventôse an III, Mars 1793) par le Conservatoire du Muséum qui adressa une demande au Comité d'Instruction publique. On fit droit à cette demande. Les émaux furent livrés aux représentants du Muséum des Arts, le 24 Nivôse an IV (Février 1796), et figurèrent à la première exposition des dessins qui s'ouvrit dans la galerie d'Apollon, le 28 Thermidor an V (Juillet 1797).
Avec le tact critique qu'il possédait à un si haut degré, Mariette avait, on vient de le voir, remarqué de réelles différences de mérite entre les divers émaux de
la collection d'Ennery. Tous cependant étaient présentés comme étant des Petitot et, malgré de choquantes discordances, les différents catalogues du Louvre avaient conservé l'ancienne attribution. Nous avons, après étude approfondie, essayé d'établir le triage nécessaire et nous nous sommes efforcé de ne laisser sous le nom du grand peintre en émail que les ouvrages qui sont réellement de sa main ou, tout au moins, dignes de son talent. Le nombre en est encore fort élevé. »
A. Catalogue des Emaux de Petitot. *
1. Anne d'Autriche. Elle est en buste et vue de trois quarts, tournée à gauche. Elle porte un voile de veuve. Grande guimpe sous laquelle on aperçoit un collier de perles. Pendants d'oreilles. Email de forme ronde. Diamètre 0,030. — D'après Philippe de Champagne. Au verso de cet émail on voit la lettre A, surmontée de la couronne et placée entre des palmes.
2. Anne d'Autriche, vue de trois quarts et tournée vers la gauche. Corsage décolleté. Collier de perles. On aperçoit, au sommet de la tète, la pointe du voile de veuve. Email forme ovale H 0,025 — L 0,022. D'après le portrait peint par Pierre Mignard et gravé avec quelques changements, en 1660, par Nanteuil, ou d'après le portrait de Nanteuil daté de 1666.