Jean-Pierre Brissot démasqué
Paris j ce i févr.J’an 3e, et non 4e. de notre ère, en dépit du décret Raniond ;
(es lâches journalistes , qui m’ont attaqué depuis que j’ai quitté la carrière athlétique, n’oseroient le faire , si je tenoisenA core le ceste. Après les avoir tant de fois convaincus de mauvaise foi et d’incivisme ^ après les avoir fait pirouetter, comme Lycas , sous le fouet de la censure , je ne m’étonne pas qu’ils poursuivent de leurs cris le censeur , devenu émérite $ mais si j’ai pris les invalides , je vais vous montrer que je ne suis pas encore hors de com» • A z
bat. J’opposerai toujours le plus froid mljpris aux injures des journalistes feuillans. Comment pourrois-je être jaloux des suffrages de journaux diffames par les éloges de Dandré , Bailly , Lafayette , et de la pétition individuelle du directoire du département de Paris , etc. etc. Il me suffira de répondre à ces messieurs comme j’ai fait par la voie du journal de Gorsaset du vôtre : que la haine , la jalousie et les
» ressentimens personnels , depuis si long- >5 temps à laffut , s’il n’échappe rien de ma plume dont ils me puissent faire rou- *> gir , désespèrent qu’elle cesse d’être ir- 33 réprochable et incorruptible. J’écris en » présence de mes ennemis , et je ne leur >3 donnerai pas cette joie. Pour réponse aux D3 vagues déclamations de mes détracteurs, 03 je n’aurai jamais besoin que de les ren- >3 voyer à l’ouvrage qu’ils calomnient , de 33 leur faire le défi d’imprimer la page si 33 criminelle , et de prendre pour juge entre 33 eux et moi le public , le juré d’opinion. 33 Mes concitoyens trouveront toujours 33 dans mes écrits, le même cachet de pro- 33 bité, de bonne -foi et de haine pour les
3? oppresseurs couronnés , enherminés ou 3. empanachés. Je serai toujours Camille 3-» Desmoulins »■. Il suffit de cette repohse circulaire au Chroniqueur Modérateur et consors. Leur réputation est faite. Mais vous , J. P. Brissot , vous méritez des égards , et je ne vous tiens pas quitte pour l’amendement , que vous avez inséré dans votre numéro du lendemain. Aussi bien le sous - amendement que vous y avez joint a-t-il conservé à votre feuille de la veille tout son venin: Il ne vous sert de rien de dire que la diatribe n est pas de vous* qu’elle est avouée et signée Gyrey Dupré . Le maître est responsable des délits du domestique, et le régent de ceux qui sont sous la férule. Il est commode à un journaliste de prendre ainsi M. Gyrey en croupe pour couvrir son dos ; mais( je saute à la bride , parce que c est vous qui la tenez , et qui m’avez lâche cette ruade. Il y a long -temps que j’ai remarqué cette malveillance pour moi.
Avant d’éclater par des injures , elle transpiroit encore, il y a i5 jours, par un éldge perfide et des louanges amères , dans votre
second discours sur la guerre à la séance des Jacobins. Je vous avertis qu’on ne réussira pas à. h jis sotte r m a réputation: c’est moi qui vais vous arracher le masque^ mais je ne veux point me fâcher , et vous rendre injures pour injures. Je vais vous dire seulement quelques vérités. Je suis bien aise de vous faire voir que cet homme y qui ne se dit patriote que pour calomnier le patriotisme , avoit ample matière à médire de votre patriotisme , que vous lui aviez quelque obligation de son silence., et qu’il eût été de votre sagesse de ne pas provoquer la verge de notre tribunal correctionnel.
Mais avant, pour ne pas paroître seulement récriminer, je dois commencer par purger votre accusation et répondre à votre paragraphe insolent et calomnieux. Je vous passe le mot salir les murailles. Mais ditesmoi , J. P. Brissot , comment pouvez - vous qualifier la première partie de l’affiche , de sophistique . Qu’y fais -je autre chose que de citer mot à^mot le texte de la loi. Quoi ! citer les décrets , c’est faire des sophis mes ! — Les juges ont fait leur devoir, — Quoi ! est - ce que l’article 35 ne dit pas ,
en cas d'appel le condamne gardera prison. Donc l’appel est suspensif de la r.e y donc l’accûsé n’a pu être envoyé dans une maison de force ; mais seulement dans une maison d’arrêt. Quelle inau foi insigne de prétendre que les fait leur devoir , et que ce n’est pas la loi d’envoyer un accusé au Galbanum . Où est votre logique , J. P. Brissot? — Mais le condamné est un souteneur de tripots. — • D’abord c’est la question. Une consultation signée des plus célèbres jurisconsultes, le nie, et ensuite , fût-ce un souteneur de tripots, est-ce que la loi doit jamais être invoquée envain , même par le coupable , même lorsqu’il est revêtu de la chemise rouge , comme dit l’afficlie.
A la place du roi , la nation a mis loi , et elle a fort bien fait. Mais ne pas voir que si nous n’y prenons ga la loi , dans le nouveau régime , ne qu’un vain simulacre, comme le roi dans l’ancien, avec cette différence que le roi n’avoit qu’une demi-douzaine de ministres qui disposoient de sa griffe ; au lieu que la loi a cinq à six mille ministres qui ne
serviront pas moins arbitrairement de son nom, témoin le tribunal de la Police correctionnelle. Oh ! que nous sommes loin en cela des Anglais , et du respect religieux qu’ils ont pour les formes protectrices de la liberté individuelle ! Je ne sais quel citoyen avoit été dénoncé, il n’y a pas bien des années , au ministre, comme auteur d’un écrit prétendu criminel. Sur cette dénonciation , le ministre l’envoie en prison. 11 est reconnu effectivement pour l’auteur, et condamné par le tribunal à deux ans de prison 5 mais par le même jugement, /le ministre , pour l’y avoir envoyé prématurément et arbitrairement , est condamné envers lui à une réparation pécuniaire, immense , et telle qu’il est ruiné par l’énormité de l’amende. Comment vous, J. P.
Brissot , qui citez si souvent les loix et la jurisprudence angloise , ne vous êtes-vous pas souvenu de cette cause célébré ? Comment, et depuis quand avez-vous pu faire un crime à un homme de loi, au conseil d’un accusé , de réclamer la loi en sa faveur? Vous voyez d’abord que votre sortie, contre ma consultation en placard , contre
le
le délibéré de l'affiche , n'a pas le sens commun , et qu’il faut être bien aveuglé par la hain<5 , pour appeller des sophismes la citation pure et simple dès articles 35 et 61 du code correctionnel.
Je passe au considérant de mon affiche , à l’opinion politique que je me suis permis d'énoncer comme citoyen. Je voudrois bien savoir dans quelles phrases vous y découvrez une invective abominable contre les mœurs , et une apologie scandaleuse des jeux de hasard. J’atteste le lecteur impartial , si l’affiche ne respire pas d’un bout à l’autre le respect des mœurs et le mépris pour les mauvaises lieux , dont vous me faites le patron. J'ai dit que les contre - révolutionnaires vouloient s’aider de la dépravation comme de la religion, pour arrivera leurs lins $ qu’il leur étoit indifférent de nous susciter des ennemis dans les trû
pots ou dans les temples 5 qu’à tous les abus, tous les crimes soulevés contre la révolution , on veut joindre l’accession de tous les vices pour grossir ennemis de la liberté paire où, parfaitement neutres
( ÎO )
faires du temps, absorbés par la contemplation de la rouge et de la noire, les joueurs îi entendrûient pas plusles3oo tamboursde l’armée parisienne , qu’Archimède les cris de la prise de Syracuse,, il sembloit qu’on voulut les enfupier et les forcer à prendre parti contre nous. J ai dit que le code correctionnel me paroissoit avoir évidemment pour but de rendre le joug de la loi plus insupportable que celui du despotisme, que je ne pou vois prêter d^autre intention; au mon&rchien Desmeuniers, en appliquant à nos mœurs de Sybaris les loix de Sparte. D ailleurs le mot seul de police correction» nelle a, je ne sais quoi de monacbal et de mal - sonnant à l’oreille d’une nation libre. Le censeur notoit les citoyens Romains $ on ne corrige que des enfans ou des esclaves. J’ai dit que l’intérêt général -étoit la base inébranlable de notre liberté.
( Heureusement ) ; car Paris, ai-je ajouté, n’est guères moins corrompu que Rome du •îems de Jugurtha; cette vérité est incontestable, puisqu’un des plus grands symptômes de la corruption, c’est lorsqu’il ne s’élève point de grands caractères , lorsque toutes
les âmes sont nivelées , sans physionomie, et comme des pièces de monnoie effacées par le frottement. Or tel est Paris , stérile aujourd’hui que Rome féconde en grands caractères ; ce encore très - heureux ; car on peut promettre un dénouement moins sanglant de nos discordes que celui des discordes de Marius et de Sylla.
Rai dit qu’il fallait d’abord consolider notre liberté, et ajourner à un temps plus calme la régénération des mœurs ; qu’en ce moment la politique commandoit de restreindre l’application de la loi contre les jeux au flagrant délit , que tel é t'oit d’ailleurs le vœu de la loi. Je pensois que certaines personnes , plus jalouses de se une grande réputation de patriotisme , que de cimenter notre liberté , vous notamment, M. Brissot, vous nous avez toujours perdus , en mettant trop tôt à l’ordre du des questions délicates , en tranchant dans le vif, et que déjà vous eussiez la contre-révolution avec votre patriotisme , si la contre - révolution étoit possible. Dans toutes ces considérations politiques^
( la y
où voyez-vous une invective abominable contre les mœurs , et une Scandaleuse apologie des jeux de hasard.
J’ai suffisamment convaincu votre paragraphe de faux, d’un bout à Vautre. Quant à la question sur les jeux de hasard, j’ai évité de la discuter au coin dés rues, et je men suis tenu au texte de la loi et à des considérations politiques tirées des circonstances ; mais puisque vous provoquez l’examen du fond, quoiqu’aucun bénédictin ne vous ait jamais égalé en fécondité de volumes , je suis curieux de voir , Dom Brissot , votre dissertation pour prouver que le joueur doit être envoyé à Bicêtre,
Pour moi , persuadé que celui qui a dit, si j’avais la main pleine de vérités , je me jrarderois bien de l’ouvrir , a dit une sottise $ que l’arbre de la raison et de la vérité, ne sauroit porter de mauvais fruits , sûr de ne point m’égarer avec la boussole de la déclaration des droits. Je ne crains point d’aborder aucune de ses conséquences. Je le déclare donc, je conclus fermement, que puisqu’il est permis de risquer sa vie et même de se l’ôter , en un mot de faire
tout ce qui ne nuit qu'à soi , il doit être permis à plus forte raison de hasarder sa fortune. J’ai suivi jusqu’à-présent les principes de la déclaration des droits avec la meilleure foi du monde , c'est pour moi la loi et les Prophètes , c'est ma religion , c’est ma conscience 3 mais ne voyez -vous pas que si j’arrive à une conséquence nécessaire de ces principes , et que vous me fassiez rétrograder) dès-lors, cette conscience , que vous m’avez faite, m abandonne 3 toute ma foi s’évanouit , cette nouvelle religion de la déclaration des droits est anéantie. En effet , si une de ces conséquences est fausse , pourquoi une autre seroit-elle plus vraie ? si je réjete un de ces dogmes , pourquoi croirai-je les autres ? dès-lors il n’y a plus rien de certain à mes yeux. Etre démocrate ou aristocrate , est une affaire d’opinion. Les législateurs , les corps administratifs , les tribunaux accommodent la déclaration des droits , comme un confesseur jésuite faisoit l'évangile , à tous leurs caprices 3 et la loi a des modes comme les habillemens.
Personne n’a plus d’aversion que moi 9
pour les maisons de jeux. B'e toutes les passions, le joueur a la plus , ridicule , sous le rapport de l’amusement ; car tout cet argent . s’ est perdu sans vous divertir, comme t ismt Madame de Sevigné; sous le rapport de 1 intérêt, elle est la plus déplorable. Dussaulx a raison de tonner contre les academies et les tripots. Mais le joueur fût-il aussi odieux que Bévèrlay, tant qu’il ne ait tort qu à lui-même, sa peine ne sauroit etre que les remords et l’infâmie. Que sa femme obtienne divorce, à sa première demande. Que le bien de ses enfans soit soustrait à sa disposition. C’est au tribunal de famille, et non au tribunal correctionnel, qu il appartient de prononcer contre le joueui. Mais je ne vois pas comment la loi peut le traiter plus sévèrement qu’un dissipateur dont le châtiment est l’interdiction , mais non pas Bicêtre.
Est-ce qu’on ne distinguera pas entre les ■vmes et les crimes? la peine du vice, encoi„ une j ois , c est le remords, une autre peine , c est que le vice mène au crime dont le châtiment est Bicêtre ou l’échafaud, mais là, seulement ou le crime commence.
doit commencer la sévérité de la police, puis tous les joueurs ne finissent pas par être fripons. Est- ce qu’on ne fera pas distinction immense entre tel jeu et tel autre? y a-t-il plus monstrueuse contradiction que celle d’une nation qui, dans sa loterie, tient contre les citoyens une banque où elle a 20 chances contre une, et qui envoie à Bicêtre le citoyen qui tient la banque d’un où les chances sont égales. Enfin, est-ce qu’on ne fera pas une distinction immense entre telle maison de jeu et telle autre ? Qu’on sévisse , si l’on veut, contre les tripots, où I escroquerie attire l’inexpérience, contre ces maisons ouvertes au public, et domicile commun de tous les fripons, où le magistrat est suffisamment appellé à entrer et à réclamer force à la loi par l’invitation gén a tous les passans; mais comment justifier la violation du domicile chez un citoyen qui n a point appellé le ministre de la loi? Le mémoire à consulter du sieur Diturbide développe très-bien cette distinction. Avant de me charger, de me mêler de procès , il m’est arrivé de mettre une fois les pieds dans une maison de jeu $
allé pour mieux observer et ne pas m’embarquer étourdiment dans l’affaire. J’a- Youe qu’en pensant que tout ce cercle nombreux de citoyens, libres de tuer les temps à liazarder une partie de leur fortune, étoit dans le cas d’aller coucher aux galbanum, 3e n’aî pu comparer notre code Desmeuniers qu au code de Dracon qui punissoit de mort 1 oisiveté. La passion du jeu, dit J. J. fruit de l’avarice et de l’ennui , ne prend que dans un cœur vuide 3 mais ayonsnous donc un si grand nombre de citoyens dont la tête et le cœur soient pleins ? Combien y en a-t-il d’ailleurs pour qui lè jeu est un commerce et une navigation ; à midi dit Steele, nous étions à 4000 sterlings, nous étions à trois heures , montés à 6000 , et demi heure après descendus à 1000; à quatre heures il ne nous en restoit que 200, à cinq heures notre capital fut réduit à (5o, à six il le fut à 5, et sur la première carte nous perdîmes notre dernier sol : voilà un naufrage. Mais quelle )foule immense hazarde tous les jours, sur la mer, corps et biens , sans que la police correctionnelle donne un mandat d’amener !
Que
s’y rendirent en diligence ; et l’on ne peut pas trop donner d’éloges au zèle qu’ils mirent à arrêter le progrès de l’incendie , à contenir les prisonniers , et à maintenir le bon ordre.
On est encore incertain de savoir si cet accident est du au hasard , ou à quelque dessein prémédité. On soupçonne seulement que le feu a été mis à l’appartement de l’abbé Bardy 5 que de-là il s’e^t communiqué avec rapidité dans tous les combles du corps de bâtiment qui renfermoit les prisonniers.pour dettes.
Je n’ai pas besoin de vous dire , messieurs , que 3V11VI. les officiers municipaux s’y sont rendus avec le plus grand empressement. C’é toit leur devoir 5 ils l’ont rempli : mais ce quenou: ne pouvons passer sous silence , c’est le zèle infatigable, c’est l’active prévoyance que M. le commandant-général de le garde nationale a déployés dans cette circonstance. Nous ne devons pas plus passer sous silence les services essentiels qu’a rendus , dans la même conjoncture , M. le directeur - général des pompes , ainsi que M. son adjoint. Nous devons encore vous instruire , messieurs , que nul bâtiment étranger à ceux de la Force n’a été atteint par les flammes 5 -et celui qui vous a dit que le feu avoifc consumé des magasins remplis de sucre , a été induit en erreur.
A l’instant même où cet évènement fâcheux nous occupoit tout entier, on semoit , comme à plaisir > les bruits les plus alarmans j on nous annonçoit que les mêmes désastres avoient lieu à la Conciergerie, au Châtelet , à Bicêtre , et M. le commandant-général N°. 7. — 3o Jcwv. 1792. C
étoit obligé d’envoyer dans ces divers endroits , pour s’assurer de la vérité des faits , et de prendre toutes les ^précautions de prudence potfr prévenir de semblables malheurs.
Ce qui étoit de plus réel , c’étoit un rassemblement au fauxbourg S. Marceau , autour d’un magasin rempli de sucre : M. le Maire de Paris , et M. le procureur-général-syndic du département s’y rendirent : ils trouvèrent un nombre assez considérable de citoyens et de citoyennes. Après quelques représentations , ils lés engagèrent à, choisir douze d’entr’eux pour s’expliquer sur les demandes qu’ils avoient à former ; ce qu’ils firent à l’instant.
Et ici , nous devons dire , pour l’honneur de ces citoyens , qu’ils commencèrent par nous déclarer qu’ils n^étoient point venus pour piller ; ils nous le répété rent-avec cette inquiétude de la probité,, qui craignoit qu’on put les en soupçonner.
Ils nous ajoutèrent que le sucre , que plusieurs autres denrées s’étoient subitement élevées à un prix que les pauvres ne pouvoient plus atteindre ; qu’il y avoit là - dessous ' des manœuvres coupables , et qu’il falloit absolument faire baisser ce prix.
Après leur avoir fait sentir que les troubles portés au commerce , loin de produire l’effet de diminuer les prix , 11e pouvoient que les augmenter; nous leur dîmes qu’il n’étoit pas en notre pouvoir de taxer les marchandises j que s’ils avoient des représentations à faire , la loi leur ouvroit un moyen paisible et digne d’hommes libres, celui de la pétition; qu’ils pouvoient s’assembler tranquillement et dressecleurs griefs.
dettes à la maison de Ste. rel g >
SrNl0sÎfùraesÇas néanmoins ^
le lendemain Dimanche. Ce }our , difficiles à
les plus sages j Cette iournee
qui paroLSSoient P nvions l’esperer.
beaucoup plus paisible^uenous^e p^ ^ ^ ^ faux- H y eut neanmoins un J ^ andeaffluence
bourg S. Denis , qui , mt. P distribua
de monde rassemblé autour de sa boutique ,^
une certaine quantité de sucre a *4 et - »• ' *
Nous avions la consolation de voir que le len tout seroit appaisé. Quel fut notre ^ »
fut sur-tout "0trede1”C{“1®rt“ ar’r-vèrent de toutes parts heures du matin, des rassem-
qui nous annoncèrent des grouPP blemens nombreux dans différens quartiers. Un de ra.semblemens se porta même à la marne.
Il partit de la section des Grav.U.ers , et su cavalier d’ordonnance , porteur d’une ettre “
^sairédecette>ection.M.1emai:se^
citoyens, et parvint asseZ aisément aW^
tendre le langage de là raison et de la justice.
«W publique, ^ ,es ennemis de J
®‘ sur-toutà mettre Jp, , yens aux citoyens
JeS habita"a î qn’il falloir S::'0”"6 Pri‘es aye< sent, avec sagesse, et ea “ ?,eSe en se condui-
cnjroit à tous citoyens , 4 ’* Voie S"e la loi
tirèrent satisfaits , et T „ . de> Pétition. IIS se reJ nulieu de ceinr • i P purent de porter la ni'
M. le co *“ ^ av°ient députés ? “
- Je commandant-général de 1
frivort en même-temps ou’e T,3 §arde nationale
“a're des ayis multipliés 1,’ilT' ^ à ie
Js ae concertèrentensembl efUSdes°ncôté:
ne devint plus sérieuse et^ C,ra'gni'rent 3ue la d avorr recours à de grandes ’ ^ °“ 06 fût obligé
T°qua à l’instant et M' la nraire col
C*PaI < plusieurs membres sÎl “'P8
, ; et se rendit avec déjà rendus à leur
f au directoire du département *°mmanda“t-généf“'-cnt également convoqués L ’ ^ ,M “^bres
riS **’« pouvoir prenne r UtaIeSd®-tances. 1 e’ a ra‘®on des çircons-
Deux heures en'tièroo
nouvelles fâcheuses et ^ PaSSèreat s«ns recevoir de
faction de penser qui da * sati,
«t plusieurs officiers de 1. 5 mais bien-
‘'cl1 P-c faire des récits afflÎanr'0"16 " ^
Un nous dit oiip Inas b ans*
^artin, duCimetièrlsalrNleTnS ^ Saint-
’ que des portes de
magasins a voient été enfoncées, des vitres cassées , la garde nationale forcée ; que le peuple tentoit de la désarmer , et qu’un commandant de bataillon avoit été pris au collet , et grièvement insulté.
Nous sentîmes alors qu’il n’y avoit pas un moment à perdre 5 que des officiers municipaux devoiënt se rendre à l’instant dans ces différens endroits, parler au nom de la loi, toujours puissante sur l’esprit des bons citoyens, et rappeler ceux qui étoient égarés. M. le maire , M. le substitut du procureur de la commune , et un autre officier municipal , partirent de l’hôtel-deville, accompagnés de quelques grenadiers et d’un certain nombre de cavaliers , et se portèrent dans toutes les rues dont nous venons de parler.
Us entrèrent chez MM. Chol et Boscary ; ils apperçurent des vîtres qui avoient été cassées 5 mais les magasins n’avoient point été pillés.
Les vîtres de la maison du sieur Blot avoient pareillement ete cassées ; mais on n’avoit non plus enlevé de marchandises.
Le magasin , rue des Gravilliers , cul-de-sac de Rome, étoit fermé. On nous dit que dans cet endroit il avoit été livré aux citoyens attroupés de la cassonnade H 10 s. la livre.
Lors de notre arrivée dans ces différens endroits , la peuple s’étoit déjà écoulé , et nous n’avons rencontré qu’un petit nombre de curieux, dont, les dispositions étoient rassurantes:
Dans notre marche, nous apprîmes avec plaisir
qu’il n’y avoit également plus rien dans la rue des Lombards.
qui àvoient été
forcées
De retour â l’Kôtel- de -ville , un offiîcîer vînt prévenir Mr le commandant général qu’un rassemblement assez considérable étoit à la porte d’un épicier du fauxbourg Saint-Antoine et M. le commandant y envoya à l’instant des forces.
Il établit aussi un certain nombre d’bommes pour passer la nuit dans chacune des maisons exposées à <
Le Corps municipal, i/uüiuh; ujus ic n’a négligé, dans cette circonstance difficile , aucun des moyens qui étoient en son pouvoir pour.le maintien de l’ordre et de la tranquillité , et il nren négligera aucun. Il a arrêté que ses séances tiendroient sans désemparer^ jusqu’à ce que le calme fût parfaitement rétabli t mais il sent en même-temps combien il seroit dangel’on exagérât au -dehors les mouvemens qui , et qui , il faut l’espérer, n’aufàcheuses que s’en promettent sains de notre liberté et de notre bonheur, messieurs , qu’il appartient de peser dans votre sagesse ce que les momens où nous sommes exigent , de préparer ces grands moyens d’ordre et de tranquillité , d'assurer le salut de cette grande cité , à laquelle tient si essentiellement le salut de l’empire. Ce sera un nouveau bienfait dont la ville de Paris vous sera redevable. Signé Petjon.
Le peuple , qui avoit entendu le langage de la franchise et de la loyauté dans la bouche de son premier magistrat , en a con-
firme la sincérité par ses applaudissemens. Aussi, le président , dans la réponse qu’il a adressée à la municipalité , n’a-t-il pas négligé de lui dire qu’elle a la confiance du peuple , quelle la mérite , et que le corps législatif est très - satisfait de son zèle. La salle a retenti de nouveaux applaudissemens , lorsque la municipalité a été prendre séance parmi les représentons du peuple ; et il a ensuite été décrété a 1 unanimité, que son mémoire seroit inséré dans le procès-verbal , lequel feroit mention honorable du zèle que la municipalité et la garde nationale ont mis à soutenir l’ordre et la tranquillité publique.
On a fait ensuite lecture d’une lettre, que quelque scélérat avoit fabriquée pour compromettre la dignité du corps législatif. Elle étoit signée par un sieur Desmé , etre chimérique , dont on fixoit le domicile rue de Popincourt. L’imposteur, en peignant sous les couleurs les plus noires , l’état de la colonie de Saint-Domingue , disoit avoir reçu de ses possessions incendiées 2 millions de sucre , 1 million de café, 100 milliers d’indigo , a5o milliers de coton ; que ces mar-
chandises, valant actuellement 8 millions
en vaudront incessamment i5 y ou’en cor «equenpe, il déclaroit ne vouloir nas le vendre, et qu’il prioit l’Assemblée d’ordon
ner a îre d Paris de pro(éger ga pro
prie c. Assemblée , qui ne pouvoit doutei de la source d’où partoit cet insolent pam-
r i Ct f 1 a Passé à l’ordre du jour. La municipalité, est alors sortie de la salle , et de jifs apptaudissemens l’ont conduite jusqu a 1 extrémité des corridors.
L’ordre du jour a appelle ensuite à la tribune, Monneron , pour y faire le rapport du comité de commerce sur les accaparemens Son avis étoit qu’il n’y avoit pas lieu a c cnberer sur les moyens de les détruire. La discussion s’est engagée sur ce sujet: et, apres d assez longs débats, elle s’est terminée par renvoyer le tout aux comités réunis decommerce et de législation. Elle a ete interrompue par une lettre de Boscary négociant et membre du cor qui , à l’imitation des Dandré
, des Lameth
. « Cet infernal pamphlet sortoit de l’hôtel de Mas-
et
des Marseillois , contre lesquels on sait qu’il a demandé à marcher, afin de tirer Une vengeance exemplaire de la conquête de leurs bastilles ! et sa protestation contre la réunion des ordres , d’abord secrete , mais révélée ensuite par ses co- députés indignés de ses perfidies ! et les épaulettes , les habits bleus , le gouvernement militaire , introduit à Paris ! c’étoient peccadilles que cela. Et le fameux ordre , donné le 31 juillet aux 60 bataillons , 3 heures avant que Malouet eut fait passer son beau décret, contre la liberté de la presse , et sa fameuse lettre à d’Estaing , et sa profession de foi , qu’il étoit royaliste , ( et ces fédérés qu’il prosternoit aux pieds du roi , qu’il précipitoit dans son idolâtrie , ) vous , qui êtes si républicain , vous appelliez cela des faiblesses ! Et sa persécution contre M. d’Orleans , son espionnage auprès de lui à Londres comme à Paris , et son plaisant refus de lui donner main -levée de la lettre de cachet qui le retenoit outre-mer ! Et sa persécution sourde ou déclarée contre San terre , contre les vainqueurs de la Bastille, «entre les soldats du Régiment du Roi**,
ceux de Royal - Champagne, etc. etc. etc, ses liaisons , celles qu’il cachoit avec le Châtelet, Mirabeau , et celles qu’il ne cachoit pas avec Bouille, Latour - Dupin, Montmorin, Chapelier, Dandré ! ses relations, sa commensalité , sa fraternité avec des mouchards, des escrocs , des coupejarrets ! sa clientelle des Pelletier, des Durosoy , des .Roy ou ! Ses sentinelles à la porte des Gauthier ; tandis qu’il assiégeoit Marat avec du canon . Et cette forge, qui ne cessoit depuis 18 mois de vomir des li-
belles et. 4ep calomnies atroces contre M. d’Orléans, contre les Jacobins, contre tous les meilleurs patriotes, cette boutique de poisons et d’impostures , son attelier de charité pour une meute enragée par la faim, et qu’il ïâchoit aux jambes des meilleurs citoyens ! et ses tentatives de faire partir le roi le 5 octobre 1789 , le 28 février, le 18 avril, 1791 , et l’affaire de Yincennes, celle de la Chapelle, le massacre de Nancy,* vous appeiliez tout cela quelques faiblesses /
C’est après cette longue série de crimes
que tous tous êtes écrié r la démission de M. Lafayette est une vraie calamité. Et vous ne seriez pas de la plus insigne mauvaise foi ! Vous ne seriez pas un traître ! vous seriez donc le plus stupide des hommes. Je ne ferai pas l’injure à mes lecteurs de m’appésantir davantage sur cette démission de M. Lafayette si désastreuse , et à laquelle Je patriote Brissot a mis son vêto suspensif, jusqu’après le massacre du Champde-Mars. Mais je ne saurois retenir une réflexion. Dans ce moment où Lafayette avoit donné sa démission , où une partie de la Capitale avoit demandé son expulsion, où des soldats avoient jetté leurs armes , et même les avoient tournés contre leur général , plutôt que d obéir à ses ordres visiblement contre- révolutionnaires et parricides \ qui peut douter que nous fussions parvenus à renverser Tidole, si vous vous fussiez joint à nous , pour sapper le piédestal déjà ébranlé de toutes parts \ si, anlieu de vous déshonorer à jamais, par cette Jérémiade sur la retraite du complice de Bouillé, vous aviez seçondé nos efforts, pour déciller les yeux de tç>u$ ceux qui ne contre-
faîsoient pas les aveugles ; si vous aviez ‘expié deux ans de flagorneries, d’adulations, en vous réunissant enfin à Loustalot , àRobert, à l’Orateur du Peuple, à L’Ami du Peuple, à Carra, à Audouin , à moi, et à tous les écrivains vraiment patriotes. Qui peut croire que ces fragmens de légions parisiennes; qui se rendoient en procession chez Lafayette , ne voyant à leur tête que l,e Journal de la Cour et de la Ville, les Royou , les Duquesnoy , le Postillon par Calais , la Chronique de Paris , la Gazette Universelle , le Mouchard Etienne , n’eussent pas rougi de n’être précédés que de semblables héraults, de tels connoisseurs en patriotisme , et qu’un grand nombre eût si fort pressé Lafayette de se faire une feinte violence, et de reprendre ses épaulettes. C’est vous Brissot , qui en vous faisant le paranymphe de ces cohortes égarées, c’est vous qui avec vos cheveux plats , votre tête ronde ( i ) , et toujours collé sur l’immense cornet , d’où vous versez des flots d’encre dans le public , et volumes sur volumes 5 c’est vous, qui couvrant Lafayette de votre caution, de votre responsabilité ,
de la réputation dont vous environnoit une vie si laborieuse , l’austéritç de vos principes et votre puritanisme , c’est vous qui avez fourni un prétexte à ses satellites de le redemander à grands cris ; c’est vous qui > lorsque l’éclat éblouissant de la vérité penétroit de tous côtés dans les yeux les plus fermés jusqu’alors à sa lumière , avez rattache et épaissi sur ceux de la Garde Parisienne , le bandeau que la crédulité n’y pouvoit plus soutenir. » C’est toi, disoit Cicéron à Antoiqui, en t’opposant à la démission que le sénat demandoit à César, et que César offroit, pourvu que Pompée désarmât ; c est toi qui , apposant ton veto comme tribun du peuple à cette démission, as été la cause de tous nos désastres; vous pleurez Romain» la perte de trois armées , c’est le veto d Antoine à la démission de César qui les a détruites; vous pleurez la mort des plus grands personnages de la republique , cestlet^ft> d’Antoipe qui les a fait périr ; vous pleurez l'avilissement du sénat , c’est le veto d Antoine qui l’a jetté dans cet exces d abaissement; en un mot, tout ce que vous avez éprouvé de maux, vous les devez a cette
©pposïtion fatale d’Antoine à la démission cje César». Et nous ,*nous pouvons dire ici avec non moins de vérité à Brissot , c’est à votre opposition à la démission du dictateur Lafayette , que nous devons tous le* maux que nous avons essuyés depuis, et qui sont prêts encore à fondre sur nous; oui , c’est votre caution ; ce sont vos louanges serviles ou vénales , ( que m’en fait le motif), qui ont séduit un grand nombre de bons citoyens , et qui ont replacé Lafayette à la tête de la force publique, Si , à peine rentré en place , il a chassé si arbitrairement ^ si ignominieusement les grenadiers de l’Oratoire , si l’Assemblée Nationale a été avilie , si cette révision déplorable s’est opérée au milieu de ses bayonnettes , si elle s’est terminée par égorger nos frères , si le champ sacré de la fédération a été souillé , si l’autel de la patrie s’est teint du sangle plus pur , c’est à vous qu’il faut nous en prendre , c’est à vous que les pères doivent redemander leurs enfans , les femmes leurs époux ; à vous qui , lorsque l’assassin abdiquait, deux mois auparavant , vous vous prosterniez à
ses pieds avec plus de bassesse qu’Àntoine aux pieds de César qui, du moins, étoit un grand homme; et le conjuriez comme un sauveur , comme l’homme unique , et par des louanges idolâtres, de reprendre la dictature. Voilà l’homme qui prend pour devise, integer vitae scelerisque punis 'i Voilà l’homme qui , après avoir décrié sourdement Robespierre , Danton et les meilleurs citoyens , s’écrie : et moi aussi , je suis pur ! Voilà le citoyen irréprochable qui dit , en parlant de moi , cet homme ne se dit donc patriote , que pour calomnier le patriotisme ; tandis que je retenois ces vérités dans mon sein , dans la crainte de nuire à la cause du patriotisme ; tandis que je dédaignois de médire de Brissot ; tandis que lui, Brissot, selon toutes les vraisemblances est un tartuffe , qui n’a pris le manteau de Zenon, les cheveux plats et la longue barbe, qui n’a affiché le rigorisme et rinflexibilité de principes , que pour mieux servir le tyran ; en imposer aux imbé^ cilles, en se rangeant auprès de lui dan& les momens désespérés , comme le jour de la démission de Lafayette.
Et en effet , s’il y avoit dans Brissot la moindre étincelle de patriotisme , s’il étoit autre chose qu’un vil hypocrite 5 s’il étoit vrai qu’il eût été trompé par Lafayette , Lafayette auroit-il un ennemi plus acharné que Brissot? est Ce que ce journaliste venant à penser, que c’est sa garantie., que ce sont ses louanges qui ont fasciné les yeux sur Lafayette , poursuivi par les remords d’avoir trompé ses concitoyens , n’eût pas poursuivi sans cesse leur meurtrier? ne se seroit-ilpas attaché à ses pas comme les furies à celles des parricides ! ne lui auroit-il pas crié sans cesse, comme j’ai crié moi-même, avec mille fois moins de sujet, à Mirabeau et aux Lameth : rendez -moi mes louanges dont vous étiez indignes! rendez - moi la confiance publique dont je vous ai environné! Au -lieu de cela, voyez avec quels ménagemens il a toujours parlé de Lafayette. S’il l’a quelquefois improuvé , on a vu que c’étoit légèrement , de concert &vec lui , pour le mieux servir , et comme ces Crispins qui battent dans la comedie leur maître , déguisé en valet , pour mieux tromper un Orgon imbécille , et faire réus-
sir une intrigue. Voyez , par exemple * dans le dernier discours de Brissot aux Jacobins , comme il ménage encore Lafayette.
«Avant la Saint -Barthélémy du Champ- ^ de-Mars , dit-il , je voyois Lafayette une 35 fois tous les mois , c’étoit pour soutenir y> en lui quelque souffle de liberté . Il m’a 35 trompé, depuis je ne l’ai point revu. II 35 m’est étranger. Il me le sera toujours. — 33 Quand il s’est retiré , pourquoi aurois-je 33 eu X inhumanité de le poursuivre dans la 33 solitude. Il est nommé général , je ne » fais qu’un vœu , c’est qu’il efface les 33 taches de sa vie ; il est vrai , j’avoue cette 33 faute , je n’ai pas envoyé dans son camp 33 des brochures contre lui , je n’excite 33 point ses soldats à la désobéissance. Je ne 33 les arme point de poignards 33.
Tartuffe, en cet endroit, se démasque bien lui-même. Je ne relève point ce mot, il m’a trompé . D’abord, après l’énumération des crimes que j’ai rètracés , il fal^ Ioit être le plus stupide des hommes , comme je l’ai dit, pour se laisser tromper ; mais Brissot nous fournit ici , sans y penser, la preuve qu’il n’éfcoit point trompé
par tafayette sur son compte $ maïs que c’étoit lui - même qui trompait ses concitoyens. «Je le voyois, dit-il , pour soute- » nir en lui quelque souffle de liberté ». Si tu voyois que la liberté étoit expirante dans son cœur, pourquoi donc nous disoistu que sa démission étoit une calamité ? Traître ! pourquoi trompois- tu la nation ?" Pourquoi remettois-tu sa destinée entre des mains si incertaines ? Je n’ai besoin que de tes écrits pour te confondre. Quoi ! cet homme n’a voit plus qu’un souffle de patriotisme , et tu jurois que lui seul pouvoir nous sauver ! Vil imposteur ! Et tu te dis patriote !
Après la Si. -Barthélémy du Champ de Mars, ajoutes -tu, j’ai rompu avec lui.
Non tu n’as pas rompu avec lui. Après cette affaire du Champ de Mars j qui n’étoit qu’une faiblesse de plus , comme l’affaire de Nancy, celle de la Chapelle, et tant d’autres ; la. preuve que tues encore un de ses suppôts, je la tire de cet endroit i même , et elle saute aux yeux de tout lecteur tant soit peu attentif. En effet, tu forcé d’appeller l’affaire du 17 une Saint -
Barthélémy , et tu dis froidement, j’ai rompu avec le massacreur: il m’est étranger, il le sera toujours. Il est nommé général, je me garde bien d’inspirer de la défiance a ses soldats. C’est donc nn crime à Robespierre, à Antoine, à Billaud et à moi d avoir appelle la défiance sur un traître que toi-même avoues être l’auteur d’une S.- Barthelemy ? Grands dieux ! des ménage-' mens, de l’humanité, deîk confiance pour Charles IX , pour Catherine de Médicis ! Peut-on être plus étranger à l’amour de la patrie et à l’humanité, que cet hypocrite qui croit être quitte envers la patrie, en disant que le bourreau de ses freres lui sera toujours étranger. Mais c’est une discussion déjà trop longue sur Brissot , considéré dans ses rapports avec la Fayettei L’examen de ses opinions politiques achèvera de donner la mesure de son patriotisme , de faire apprécier les services éclatans qu il a rendus à la liberté et à fa révolution.
Cest un beau semiinen i, et digne d’un Lascasas , d’embrasser tout 3e genre humain dans ses affections c’est une grande
idée , et digne d’un Alexandre en philantropie , de vouloir affranchir à la fois tous les peuples et toutes les castes 5 mais ce vœu ne peut-être que le second , dans un révolutionnaire , politique et non ayanturier 5 qui médite, non pour sa gloire, ce qui frappe l’imagination , mais pour le bonheur de ses concitoyens , ce qui est faisable 5 qui réporte ses regards sur les siècles passés, qui gî on sidère que la liberté a été le partage de bien peu de peuples , que, dans ce petit nombre , ' chez la plupart, elle n’a fait que poser le pied et fuir pour jamais , qu’elle a semblé jusqu’ici se plaire sur des rochers et dans de petits états, et qui la voit s’établir à ses côtés , au milieu de 2.5 millions d’hommes , et dans un climat si beau que la France. Certes, le premier vœu, l’unique vœu d’abord, de ce citoyen, doit être de 1 y retenir et de l’y fixer avant tout , et non de j tarvailler à grossir sans cesse le nombre j de ses ennemis. Je demande maintenant g’il y a quelqu’un qui se soit appliqué aussi , constamment que Brissot à accroître le nombre des ennemis de la révolution.
Du’on jette avec moi un coup d’oeil sur ses principales opinions politiques , celles auxquelles il s’est acharné, et jn, ter pelle la bonne-foi de prononcer , si toutes les, apparences ne sont pas contre la pureté do ses intentions , et si cet écrivain aussi médiocre qu’infatigable , et dans les nulle et un écrits duquel 'vous ne trouvez pas un seul trait qui parte du cœur, et qui n’ait pu sortir aussi bien des lèvres don charlatan , si ce S eu déri politique ne semble nas visiblement avoir été accrédité par un parti , qui avoit besoin de l'envoyer aux Jacobins et à l’As. nat. et de lui faire un
trousseau de réputation , p*** ? jwer f rôle qui convenoit h- ses vues. Je demande si on ne diroit pas qu’il a é té aposté aux Jaco bins , pour susciter de toutes parfs des ennemis à la liberté , pour soulever contre la société ses plus ferpies soutiens , pour décrier ceux qu’il ne pouvoir séparer d’elle , et qui sacrifieront toujours leurs ressentimens personnels au bien public, pour fournir aux ennemis de la société des armes et des prétextes contrelle, pour
avancer toutes les privations de la liberté
pressement insensé d’ennfV-eiS ^ ™ em" France avant "Z j e d T"*"1 *
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SUr Iesîuelles , sans doute, il étoit
impossible de nier qu’il n’eût raison , mais que l’intérêt de la liberté elle - même lui faisoit un devoir d’ajourner à des temps plus calmes, les questions d’état des hommes de couleur et des noirs? Je sais quelle part a eu le pouvoir exécutif et l’Espagne, et la contre-révolution aux incendies , aux massacres et aux dévastations de Saint-Domingue ; mais n’est-ce pas Brissot qui a le premier incendié ces belles contrées ? Oui , Brissot, il vous est impossible de le nier ; car , nous vous avions prédit ces maux avant qu’ils arrivassent 5 nous vous avions demandé si vous ne trembliez pas de l’affreuse responsabilité dont vous chargeoit votre précipitation. Nous vous avions montré les flammes du Port-au-Prince et du Cap, et vous ne pouvez prétexter cause d’ignorance. Oui, si tant d’habitations sont réduites en cendres, sion a éventré les femmes , si un enfant, porté au bout d’une pique, a servi d^étendard aux noirs , si les noirs eux-mêmes ont péri par milliers , c’est toi , misérable 1 qui a été la première cause de tant de maux ! Aurois - tu fait autrement , si tu avois été d’intelligence avec Coblent# et ls
comité Autrichien ? Coblentz nous ont-t-ils fait autant de mal que ton patriotisme ? Crois- tu que J. J. Rousseau, qui te yaloit bien en patriotisme , calculant ces maux inévitables , n’eût pas séjourné à un autre temps la question des noirs , lui qui disoit , ce que la liberté étoit achetée trop cher avec >5 le sang d’un seul homme ». Ne trou voistu donc pas autour de toi assez de sujets pour exercer ta sensibilité , muette sur les victimes de Lafayette , et qui se portoit toute au-delà des mers ? Qui ne vojt que tu pleurois sur les noirs , pour te dispenser de gémir sur les gardes Françoises , Châteauvieux et tant d’autres $ pareil à ce Mirabeau le fils . qui se passionnoit le lendemain pour les noirs , afin de se faire pardonner ses décrets liberticides dé 1 et à ce Mirabeau le pèrè,‘
Y ami des hommes , pour se dispcx^v, l’ami de sa femme et de ses enfaiis, faire pardonner 5j lettres-de- cachet contre sa famille.
Etoit- il encore d’une bonne politique de poursuivre avec tant d’acharnement Barnave et lesLameth, de les forcer presque à
se
se jetter dans le parti de la Cour, dans le temps qu’ils soutenoient presque seuls la société des Jacobins contre tant d ennemis, et lorsque la société leur devoit tout ? Je sais qu’ils n’avoient pour guide que leur ambition, qu’ils youloient gouverner et qu’ils se servoient de la société comme d’un marche -pied pour monter au ministère ; mais ils nous défendoient contre les satellites de Lafayette et contre le comité Autrichien ; le massacre du Champ de- Mars , la révision n’eut point eu lieu. Que m’importe qu’ils voulussent être ministres î cela ne pouvoit importer qu’à d’autres ambitieux qui spéculoient pour eux mêmes , ou pour leurs amis, sur le ministère, et qui le trouvoient sur leur chemin $ le citoyen passionné pour la liberté , se sert de tous les instrumens pour la consolider ; il se sert de la têred’Al xandre Lameth, et de la langue de Ba rn ave , comme un dévot curé fait sa vierge de Saint Sulpice avec des pots de chambre.
Etojt'Ce encore d’une bonne politique, lorsque la France avoit été décrétée une monarchie , lorsque le nom de république
effârouehoitles 9 dixièmes de la nation , lorsque ceux qui passoient pour les plus fougueux démocrates , Loustalot , Robespierre , Carra, Freron , Danton, moi, Marat luimême s’étoient interdit de prononcer ce mot, étoit-il d'une bonne politique à vous Brissot, d'affecter de vous parer du nom de républicain , de timbrer toutes vos feuilles de ce mot république , de faire croire que telle étoit l'opinion des Jacobins, et d’autoriser les calomni es et la haine de tous ses ennemis ? Etoit-il d’une saine politique, sur tout peu de jours avant l’affaire du Cliamp du-Mars , de vous montrer avec ce Duchâtelet aide-de-camp de Bouille, dans ce fameux Journal intitulé le Républicain , d'annoncer avec* tant d'emphase ce journal qui ne parut que quelques jours, et qui sembla n’avoir été enfanté que pour exciter des troubles , pour préparer le rassemblement des patriotes égarés , pour les rabatre comme un gibier dans le Champ- de- Mars , sous les sabres et les fusils des cannibales en écharpes. Comment vous qui voyiez aldrs Lafayette, qui de votre aveu ne lui trouviez plus qu’un souffle de patrio-
tisme , je dis plus, vous qui le saviez haleîant de la soif du sang des républicains ; car vous ne ferez croire à personne que , lorsque de loin vous sondiez si bienleçœur de Barnave , vous n’ayez pu lire de si près dans celui de Lafayette ; comment se trouvet-il que ce soit vous, qui ayez rédigé cette fameuse pétition du Champ - de- Mars ? que penser, lorsqu’on vient à réfléchir, que nous tous poursuivis pour cause de républicanisme, et comme signataires de cette pé» tition , nous étions décrétés et obligés de fuir, tandis que vous rédacteur de la pétition , vous, le coripliée des républicains, et qui seul preniez ce titre depuis six mois , qui semhliez avoir pris des traîtres une permission de Parapher , vous vous promeniez tranquillement dans Paris ?
Enfin , lorsque nous ne pouvons nous dissimuler, qu’à la différence des révolutions dn i5e. siecle , qui tiroient leur force de Ja vertu , et avoient leurs racines dans la conscience; à la différence de ces révolutions que le protestantisme opéroit dans l’Angleterre et dans tout le Nord , plutôt des réformes religieuses que civiles ,
et soutenues par le fanatisme et par le» espérances d’une autre vie , notre révolution , purement politique , n’a ses racines que dans l’égoïsme , et dans les amours-propres de chacun, de la combh naison desquels, s’est composé l’intérêt général; dans une telle révolution , étoitil d'une bonne politique , quand le clergé et la noblesse , l’orgueil et l’oisiveté , tous les abus et tous les privilèges, étoient déjà soulevés contre elle, quand on avoit soulevé une partie du commerce par la ruine de la plus florissante de nos colonies, de chercher encore à cette révolution., des ennemis dans toutes les passions ; d’effarouchèr la corruption 5 de ^pousser laser vérité contre les joueurs, jusqu’à violer la loi même ; de prêcher la réforme , par lenvoi de 700 personnes en ] 5 jours àBicêtre on à l’Hôpital ;de sévir contre les vices, avant que l’éducation nous ait donné des mœurs et des vertus, et de retirer les oignons d’Egypte avant d’avoir fait pleuvoir la manne. Croyez- vous avoir consolé le peuple du renchérissement du sucre, par un sermon sur la superfluité du sucre , et ne voyez - vous
pas qu’il n’y a que le pre re, et celui qui promet aux hommes le ciel, et les jouissances d’une autre vie, qui ait le droit de leur faire supporter, sans se plaindre, les privations de celle ci ? (2)
Si je passe à l’examen des services de Brissot, depuis qu’il est à l’Ar emblée Nationale, qu’a t il fait pour ia nation, qui' réponde à cette grande attente qu’il avait excitée ? Il a allumé de la paille , répondait à cette question M. de Laura gais ; il n’a paru se donner de mouvemens, que pour faire déclarer la guerre offensive. Il a parlé au moins 8 heures sur cette question, tant aux Jacobins , qu’à l’Assemblée Nationale.
MM. Billaud de Varenne, Machenaud, Piobespierre , Doppet ét moi , avons discuté dans des discours irréfutables , s’il étoit d’une bonne politique , de prendre ce moment pour rompre les traités , guerroyer avec toutes les puissances , et municîpaliser l’Europe. Brissot et Pvœderer ont été vaincus en raison et en éloquence , comme l’a dit Danton. Le 1 aient de Robespierre s’est élevé en cette occasion à une hauteur désespérante pour les ennemis de la liberté ,
il a été sublime , il a arraché des . larmes , il a levé un coin du masque que je viens d’arraeher. La cabale déjouée , impuissante contre Robespierre s’est tournée contre moi, qui n’ai cessé de le montrer depuis 3 ans a mes concitoyens comme un Caton , et qui le montrois alors comme un Démosthène.
Le vrai patriote Kœderer , ci-devant 89 , quand les Lameth étoient Jacobins , et qui n’est revenu aux Jacobins que quand les Lameth se sont fait Feuillans , en sorte qu’il a moins paru rechercher la société des amis de la Constitution , que fuir celle des lameth; Rœderer, bien connu pour ne haïr pas moins Robespierre que les Lameth ; ce vrai patriote , qui n’a point encore installé les jurés, et qui , placé par nous électeurs au milieu du directoire de Paris , pour surveiller ses anciens camar rades de 89 , n’a pas encore eu- l’occasion de révéler le plus léger trait d’incivisme de ce directoire, vrai patriote aussi; le vrai patriote Rœderer, qu’il suffit de voir pour regarder cette tête comme la meilleure étude que la nature ait montrée aux peintres pour dessiner la haine , la jalousie et
la méchanceté ; ce vrai patriote ne m’a point pardonné., lui et sa cabale, d’aimer Robespierre , mon ami cfe collège , vénéra» bie , grand à mes yeux, quoiqu’on ait dit qu’il n’y avoit point de grand homme pour son valet-de-chambre , ni pour son camarade de collège et le témoin de. sa jeunesse. Il ne cesse depuis un mois de calomnier tout bas, le. pseudo-patriote, Camille Desmoulins. La société des Jacobins se souvient qu’instruit de l’atroce calomnie , qu'il alloit chuchotant contre moi, que jeluiavois offert les faveurs de ma pluine, et le voyant à la tribune , je le sommai , il y a trois semaines , de publier hautement ce qu’il col por toit à l’oreille de tout le monde. Le conseiller au Parlement de Metz , Rœderer , fier d’avoir emporté la place de procureur-syndic snr Dandré, le conseiller d’Aix, répondit avec dignité qu’il ne venoit pas entretenir la société de si minces objets, que lorsqu’il auroit à m’accuser, il commenceroit à m’en prévenir par une lettre. Cependant il a continué à semer lâchement dans l’ombre, le grain de la calomnie.
Aujourd’hui qu’il croit que ce grain est
levé assez pour étouffer ma réputation , il me fait attaquer par les journaux. Ün feuillant , le Sr. Mülin , valet de plume de Bailli , Lafayette , et du directoire de Paris , a inséré cette phrase dans la Chronique de Paris , dont il est un des. honoiabies rédacteurs.
» Que Camille Desmoulins, audacieux souteneur de tripots, soit rayé de la liste des jacobins , que le vrai patriote Rœderer soit invité à lire les notes qu’il a recueillies sur cet homme qui s’est vendu à tout le monde, et n’a été acheté par personne. Elles sont vraiment curieuses, et pourront éclairer la société sur tous les a^ens de la coalition ».
J’ai écrit au rédacteur : « M. Miliin , j'ai répondu à M. Brissot par un écrit, on répond à vous par un huissier. Je rends plainte contre vous, si demain vous n'insérez dans votre journal , que je somme M. Rœderer de publier les notes curieuses qu’il a recueillies sur moi ».
Signé , Camille Desmùulîks.
L’honnête chroniqueur n’a point inséré cette lettre , et M. Rœderer n’a point désa-
voué
voué l’article. Je vais poursuivre M. Millm au criminel. Déjà le commissaire de police a reçu ma plainte. J’attends les preuves du rédacteur ou de son souffleur Rœderer, que je me suis vendu à tout le monde , moi dont la plume a été recherchée tour-à-tour par Lafayette , Mirabeau , les Lameth , dans un tems où ils disposoient des places et de la fortune publique, et où j’étois dépendant des besoins. Il m’étoit difficile de ne pas soupçonner que c’étoit Lafayette qui , à l’expiration de mon traité avec Garnery, m’a<* voit envoyé quelqu’un mettre Fenchère sur les offres de celui-ci , que c’étoit lui qui me donnoit ioooo 1. par an , que c’étoit le bailleur de fonds et que j ’avois l’honneur d’avoir pour entrepreneur de mon journal , le héros des deux mondes. (3) Voyez si je me suis vendu à Lafayette , s’il a eu un censeur plus sévère que moi.
Mirabeau m’avoit fait habiter avec lui sous le même toit à Versailles. Il me flattoit par son estime. Il me touchoit par son amitié. Il me maîtrisoit par son génie et -ses grandes qualités . Je l’aimois avec idolâtrie. Ses amis sa voient combien il redom*
: moi , celui roierit jamais ent leur tête de la liberté.
>nt usé aved
toit ma censure qui éloi'fc lue de Marseiïîê , et qui le seroit de la postérité. On sait ^ue, plus d’une fois , il envoya son secrétaire *à une campagne éloignée de deux lieues, me’ conjurer de retrancher une page, de faire ce sacrifice à l’amitié , à ses grands services , à l’espérance de c c*x qu’il pouvoit rendrè encore. Dites si je me suis ■Tendu a Mirabeau. Je ne sa vois pas que des traîtres, à une distance si immense de lui pour les talens,' bientôt nouveaux parvenus à la tribune , nous conduiroient avec plus de perfidie à la ruine de la liberté , et me réduir oient à demander pardon à sa grande ombre , et à regretter tous les jours les ressources pour la France dans songénie, et pour la liberté dans son amour de la gloire .
Les Lârneth , sachant bien que j’étois incorruptible, avoient employé le seul de corruption, possible avec moi de me jurer qu’ils ne se sépareroien des Jacobins ^ qu’ils portero sur l'échafaud pour la cause Voilà la séduction dont ils on moi. Voilà les espérances qu’ils ont fait brûler à mes yeux. Lorsque Lafayette , en vous
lâchant à leurs jambes , ejt la Cour , en les. faisant injurier aux Jacobins, les a comme forcés à se réunir à elle et à Lafayette , lorsqu’ils ont ouvertement trahi les intérêts de la nation ; dites si je leur ai été vendu , s’ils ont eu de plus ardens ennemis que moi? Tel est, tel sera toujours le pseudo-patriote Camille Desmoulïns , qui s3 est vendu à tout le monde , et ri a été acheté de' personne. Si j’avois voulu me vendre , si ma conscience avoit été sur la place, à qui fera-t-on croire que le. Journaliste des Révolutions de Finance et d& Brabant eût manqué d’acheteurs. Lui, à qui il est venu les témoignages les pins flatteurs., et des hommages du fond do l’Asie et de l’Amérique. J’ai parlé dans mqin numéro 3 1 de l’épreuve la plus rude à laquelle puisse être mise la fragilitéliumaine. Je défiai alors, en justice et devantle Châtelet , où j’étois traduit, un député que je ne nommois pas , mais qui m’eiiteodoit , et Mirabeau que je nommois ; de nier leurs sollicitations et leurs offres de corruption, le défi ne fut point relevé et l’affaire en jesta-là. Depuis, comme j’ai encore été cir-v convenu! Comme on avoit pris la peine.
?r Fen droit et je rfen Fil m’ëtoit
d’épier mes passions et (Fétu Ifoible ! Je n’ai pas succombé fais pas même vanité. Est - ce q.fil m possible de varier, à peine d’être le c dea hommes ? Est-ce que je pouvois ger de langage , a peine de me mettre lë corps 5 o pieds de fumier ? mais que doive a la vertu ou à la crainte de mie mon incorruptibilité , elle n’en est pas moins incontestable. On cite les l'otrunes immenses qu ont faites les principaux actcimde la révolution , les terres, les hôtels , les châteaux qu’ils ont achetés ; on sait les places auxquelles ils se sont poussés. Pans les grands débordemens de la révolution,1 je defie qu on puisse dire que mon CÎÏànap se soit arrondi de la moindre alluvion, et aggrandi d'une pouce de terre. A lepoque de ] expiration de mon bail avec la personne qui a voit rétrocédé à M. Gaillard , et que jai toujours regardée comme le prête-nom deLàfayette ; au No. 78, ayant voulu le continuer à mes frais , bien loin de m’enrichir, àdire la vérité, je dépensai près de 3oooliv. en 8 Nos. ce qui ^ comme je n’ai que 4000 1. de rentes * m’a mis dans l’i rm puissance de tenir plus long-tems la cam-
pagne contre nos ennemis de toute espèce* Sollicité depuis par une foule de patriotes* et engagé, par M. Roedërer lui- même, à reprendre mon journal , j’eus avec lui un entretien particulier, qui a servi de prétexte à ses calomnies. Je pôurrois fermer la bouche parmi seul mot, à M. Rœderer. Je n’aurois qu’à nier cet entretien , ces confidences qu’il dit que je lui ai faites; mais ma franchise me défendra toujours mieux que le mensonge; car ce caractère de franchise qu ’on me connoît, ne vient que cle ce que je n’ai pis' besoin de mentir. Que ne publiez-vous, M. Rœderer , comme je vous en ai sommé il y a trois sc'maines à la tribune des Jacobins , cet entretien tel que je l’ai eu , et ori n’y verra qu’un trait de plus de patriotisme de ma part et la meilleure preuve de mon incorruptibilité. Pourquoi cet acharnement à me ravir l’estime de mes concitoyens , le seul bien que j’ai gagné à la révolution , le témoignage de mon incorruptilité ? Je ne suis sur le chemin de l’ambition de personne. Je n’envie point aux héros de la révolution > leur fortune, leur avancement, votre chaise curule, qu’on diroit qui endort le par triote , comme le fauteuil d’académicien, assoupissoit les auteurs. C’est ma fortune de ne m’être point enrichi dans la révolution. Voilà ce qui atteste ma bonne foi; voilà mes honneurs, ma place , de n’etre point arrivé aux places et aux honneurs. J’ai pris le premier la cocarde , j’ai cora-
battu 3 ans pour la liberté publique , j’ai écrit 7 gros volumes révolutionnaires. Dans ces trois mille pages rapidement écrites , périodiques et obligées , je délie mes ennemis de trouver une seule ligne que la philo* Sophie y l'humanité > la politique y puissent désavouer. Je ne saurois me plaindre de l’ingratitude de mes concitoyens. Ils ne me doivent rien ; car je ne leur ai rendu aucun, service, puisqu’ils ne m’ont jamais écouté. Lors même que j’ai été le plus applaudi, aux Jacobins, je n’ai recueilli que des applaudissemens stériles, et je ressembiois alors même, à une voix qui crie au secours dans le désert, et qui est répondue par des échos inanimés. Souffrez donc , J. Pierre Brissot, qu’inutile-à la liberté publique, je me tourne vers la liberté individuelle. Permettez que, ne voulant être ni mendiant, ni fripon, démissionnaire d’un journal ruineux, et n’ayant point de fonction, salariée , je me tourne vers la reconnoissance des opprimés. Pardonnez à un homme de loi de réclamer la loi en laveur des opprimés , fussent-ils même aristocrates. Si votre substitut, M, Gyr&y Dupré , relève mes erreuirs d’homme de loi, qu’il ne m’isole pas, en tonnant contre moi seul, tandis que mon affiche - consultation, est signée de MM. Regnaud - Dangel.y , Henrion, Martineau, Blondel, de Bruge , Bonnet. Pour vous , que l’espérance des patriotes a appelié au gouvernail ; vous qui daignez qualifier ingénieux mon dis^ cours du mois d’oçjobre sur notre situation