‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 10 sur 43 · Bn.vfTÔMK, t. IV. p. 2.il · texte numérisé non relu

Bn.vfTÔMK, t. IV. p. 2.il

14 t'iERRE DE VAISSIÈRË

arrivés au camp catholique Henry Glutin, seigneur d'Oisel, et Sébastien de Laubespine, évêque de Limog-es, chargés d'aller arrêter à Orléans les termes d'un accord de concert avec le connétable de Montmorency, prisonnier des protestants depuis la bataille de Dreux, de la même manière que François de Boucart et Antoine Raguier, seigneur d'Esternay allaient en conférer avec le prince de Condé captif à Onzain, et il semble bien que le duc se soit prêté très volontiers à ces négociations.

Acceptant le concours de cette diplomatie /// ex I remis, il non poussait pas moins activement les opérations du siège et « cependant que la paix se traitoit, restoit attentif à la guerre » *. Tous les matins, il quittait son quartier général, établi au hameau des Vaslins ~, et la demeure du Châtelet '•'' qu'il y occupait, avec la duchesse de Guise ^ et son fils aîné le prince de Joinville -^ venus depuis peu le rejoindre, ce dernier appelé par son père ;< pour en recevoir les premières instructions militaires >» ''. Il se rendait au camp pour visiter les tranchées, faire mettre en batterie l'artillerie, et n'en revenait que le soir.

Le jeudi 18 février, il s'était attardé plus que de coutume. Espérant avoir des deux envoyés de la Reine une réponse ferme au sujet des négociations entamées, il leur avait donné rendez-vous au camp, peut-être pour pouvoir, au cas d'un échec des pourparlers, commander pour la nuit même un assaut définitif. Voyant qu'ils tardaient, il résolut de regagner les Vaslins par la route de Saint- Mesmin. C'était celle qu'il suivait d'ordinaire. Mais, comme le pont de Saint-Mesmin sur le Loiret avait été détruit récemment par les protestants et qu'il était remplacé par un petit bac pouvant porter seulement deux ou trois chevaux et quatre personnes ', le duc donna ordre, comme d'habitude, à son état-major de le rejoindre

1. Lettre de févesque de Riez ai; Rot/, conlenanl les actions et propos de M. de Guise depuis sa blessure jusqu'à son trépas [Archives curieuses de riiistoire de France, V série, t. V, p. 175).

2. Les Vaslins, Loiret, arrondissement et canton d'Orléans, commune de Saint- Hilaire-Saint-Mesmin .

.3. Ce château a été rebâti sur le même emplacement.

4. Anne d'Esté fille d'Hercule de Ferrare et de Renée de France.

5. Henry de Lorraine, 3" duc de Guise. 0. Lettre de Vévesque de Riez. .., p. 107.

7. Lettre de Julio Alvarotto, ambassadeur de Ferrare de Paris iBautolomeo FoNTANA, Reiiata di Francia, duchessa ili Ferrara, Rome, 1S98, p. 78). •

POLTROr DE MÉRÉ, MEURTRIER DE M. DE GUISE 1 î)

aux Vaslins, en faisant le tour et en allant passer le Loiret au pont d'Olivet. <( Ce bon et brave prince, dit expressément Brantôme, pour esparg^ner douze cents francs à son Roy, cela fut cause de sa mort ; car il me souvient que le bon homme M. de Serre, qui estoit

lors financier en ceste armée et grand commissaire des vivres

lui remonstrant souvent qu'il devoit faire rabiller le pont de Saint-Mesmin, qui seroit un grand soulagement pour luy en allant et venant du Portereau à son logiz, et pour toute sa noblesse qui l'y accompagnoit, au lieu de la grand'peyne, fatigue et grand tour que nous faisions d'aller passer au camp d'Olivet, et que ce ne seroit qu'à l'appétit de quatre à cinq cens escus, M, de Guise luy dit : « Espargnons l'argent de nostre roy. il en a assez ailaire « ailleurs ; tout lui est bien de besoing, car un chacun le mange et « le pille de tous costez. Nous nous passerons bien de ce pont ; et

« moy, mais que j ave mon petit bateau, c'est assez » De sorte

que, si ce pont fust esté faict à l'appétit de peu, nous eussions toujours accompagné nostre général par le pontjusques à son logis, et ne fussions allez faire le tour et passer à la desbandade à Olivet '.... »

Il était à peu près 5 heures et demie du soir, et le soleil venait de se coucher, lorsque le duc prit le chemin de Saint-Mesmin, accompagné seulement de Gaucher de Foissy, seigneur de Crenay, son maître d'hôtel, de Tristan de Rostaing, chambellan de la Reine, récemment envoyé par elle au camp, et d'un jeune gentilhomme de la vénerie, François Racine, seigneur de A illegomblain, venu avec Rostaing. Un trompette les précédait pour prévenir le batelier de l'arrivée du duc.

Dès avant Saint-Mesmin, M. de Crenay prit les devants pour « aller trouver Madame de Guise, l'oster de la peine où elle pouvoit estre, à cause du tardif retour de monsieur son mary ~ », et « l'avertir qu elle pouvoit faire mettre la table pour le souper -^ ».

Vers six heures, le trompette « sonna au retour de M. de Guise '' », et la petite troupe, ayant passé l'eau, s'engagea tout de

■ 1. Bh.wtômi;, t. IV, |). 257-258.

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