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« secrètes pièces de ceste menée) ; ne faillez sur vostre vie à me confesser a la vérité de tout ce dessein. » Quand ce pauvre homme se trouva pris et convaincu (car le tout avoit esté découvert à la Royne par Tun des complices), il n'eut qu'à joindre les mains et requérir la grâce et miséricorde de ce prince, aux pieds duquel il voulut se jetter. Mais il Ten g-arda, suyvant ainsi son propos : « Venez-çà ! Vous ai-je autresfois faict « desplaisir? Ay-je offensé quelqu'un des vostres par haine particulière? « 11 n'y a pas trois semaines que je vous congnois. Quelle raison vous « a peu esmouvoir à entreprendre ma mort? » Le gentilhomme respondit à cela d'une voix tremblante que ce n'estoit aucune occasion particulière qu'il en eusl, mais Fintérest général de la cause de son parti, et qu'aucuns lui avoient persuadé que ce seroit une exécution pleine de piété d'extirper en quelque manière que ce fust un si puissant ennemi de leur religion. « Or, suyvit ce prince, je vous veux monstrer combien la « religion que je tiens est plus douce que celle de quoy vous faites « profession. La vostre vous a conseillé de me tuer sans mouïr, n'ayant « receu de moy aucune offense, et la mienne me commande que je vous « pardonne, tout convaincu que vous estes de m'avoir voulu homicider « sans raison. Allez-vous en, retirez-vous que je ne vous voye plus icy, « et si vous estes sage, prenez doresnavant en vos entreprinses des « conseillers plus gens de bien que ceux-là ! ' »
Il m'a été malheureusement impossible, malg^ré les plus minutieuses recherches, de déterminer quel était ce gentilhomme ang-evin ou manceau, et je n'ai pu découvrir non plus les détails que j aurais souhaités sur l'autre complot formé, devant Rouen encore, contre la vie de Guise. Dans une oraison funèbre du duc prononcée à Paris peu après sa mort, il est question d' « un sieur de Gammache, lequel naguère a été exécuté à Rouen, après avoir constamment confessé et déposé qu'il avoit esté aussi suborné par M. de Chastillon, pour meurtrir le duc de Guise et que, à ces fins, il estoit venu le trouver au camp de Rouen » '-. Quel était ce Gammache ? On ne peut évidemment l'identifier avec le gentilhomme angevin ou manceau, soit à cause de son nom de seigneurie, soit aussi à cause du supplice dont il paya, lui, son acte odieux. Et il m'a même été impossible de déterminer à quelle famille il devait être rattaché. Petits problèmes historiques, soit dit en passant, qu'il faut toujours poser dans l'espérance qu'un chercheur heureux les résoudra quelque jour.
). MoNTAKiM-:, Essais, éd. Slro\^ski. 1006. in-4 ', I. I. p. 158-159. ' 2. lîmi,. N.\T., fr. 17.305, fol. 12.
POLTKOT DL MÉRli. MELRTIîlEU DE M. DE GLISE 13
Le moment était proche cependant où tant de criminels efforts devaient aboutir. Maître de Rouen, vainqueur à Dreux, le duc avait aussitôt gagné Orléans pour y achever la défaite des réformés et consommer la ruine de leur parti. C'est là qu'il allait trouver la mort, cette mort dont je voudrais tenter, après tant d'autres, de retracer les émouvantes péripéties.
L'armée royale était arrivée devant Orléans le 5 février. Elle avait campé à Olivet, en face de la ville, sur la rive gauche de la Loire. L'attaque avait commencé dès le lendemain et, ce jour-là, le faubourg du Portereau avait été enlevé. Trois jours après, le 9, le fort des Tourelles, qui protégeait le pont, était emporté par surprise, « nos gens se trouvaient advancés .sur la moitié de ce pont » * et la capitulation de la ville, qui avait paru tout d'abord impossible et « contre toute espérance », ne semblait plus être qu'une question de jours -.
Le duc, avec son ordinaire et claire vision des choses, s'en rendait compte. Ses ennemis déclarèrent plus tard que, dès ce moment, il se répandait en rodomontades ridicules, «jusques à dire que, puisque le soleil entroit dans Orléans, il y pourroit bien entrer, lui » 'K ou en menaces odieuses, mandant à la Reine <( qu'il la prioit de ne trouver mauvais s'il tuoit tout dans Orléans jusques aux chiens et aux chats, et s'il faisoit destruire la ville jusques à y semer du sel » ^. Mais tout cela s'accordait bien peu avec la nature du prince « nullement bavard, ny vantard » "•, et avec sa rare générosité.
Un fait est certain d'ailleurs : quelque orgueilleuse confiance de victoire finale que pussent donner au duc ses premiers succès, il ne paraît nullement s'être opposé aux négociations que la Reine-mère avait tout de suite nouées avec les assiégés. Le 13 février, étaient