‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 14 sur 43 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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l'evenu près de lui, le trouve assis et le dos appuyé contre le gros rocher du carrefour. « Il y a long^temps, murmure-t-il, qu'on me devoit celle-là; mais je crois que ce ne sera rien *. » Pourtant, sa blessure le fait cruellement souffrir : « il lui semble que Tespaule lui est emportée de ce coup ». Et, en effet, l'on peut se rendre compte tout de suite qu'à la hauteur de l'épaule droite la charg'e de larme à feu a traversé de part en part le corps et les épais vêtements du prince. Mais son sang-froid, son courage et son « grand cœur » ne l'abandonnent en rien -'. « Un gentilhomme passait par là, vêtu d'un manteau fourré. Le duc l'appelle, le prie de lui donner son manteau », car le froid le gagne et, en même temps, il a la présence d'esprit de lui « ordonner de courir en hâte vers Paris, jvisqu'à ce qu'il ait rejoint la route de poste; il devra prendre la poste et aller annoncer la nouvelle à son frère le cardinal de Guise, en le rassurant sur une issue fatale qui ne paraît pas à craindre '■'' ».

L'on se trouve heureusement tout près du Chàtelet, à un quart de lieue à peine. Ses deux compagnons aident Guise à se hisser sur sa monture et, avec les infinies précautions que l'on peut imaginer, le soutiennent le long de la route. On arrive enfin. La première personne qui vient à la rencontre du duc est Pierre-Paul Tosinghi, gentilhomme de la chambre, qui l'aide à descendre de cheval ^.

A ce moment, voici M'"" de Guise qui se précipite saisie d'un mortel pressentiment. Brantôme, qui fut témoin oculaire de cette entrevue déchirante, nous en a laissé le récit émouvant en sa simplicité. « Je me souviens, dit-il, que, quand feu son mary, M. de Guise, eut son coup dont il mourut, elle estoit pour lors au camp, qui estoit venvie là pour le voir quelques jours avant. Ainsi qu'il entra en son logis, blessé, elle vint à l'endevant de lui jusqu'à la porte de son logis, toute esperdue et éplorée, et l'ayant salué, s'escria soudain : (( Est-il possible que le malheureux qui a « fait le coup et celui qui l'a fait faire (se doutant de Monsieur « l'Amiral) en demeurent impunis ! Dieu ! si tu es juste, comme « tu le dois estre, venge ceci, autrement !... » Et n'achevant le

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