‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 15 sur 43 · Lettre d'Alvarotto (ioc. c^7., p · texte numérisé non relu

Lettre d'Alvarotto (ioc. c^7., p

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mot, Monsieur son mary la reprit, et luy dit : « Ma mie, nofîensez (( point Dieu en vos paroles ! Si c'est luy qui m'a envoyé ceci pour « mes fautes, sa volonté soit faite et louanges luy en soient données. « S'il vient d'ailleurs, puisque les vengeances luy sont réservées, il « fera bien ceste-cy sans vous '. » Puis, aussitôt après l'avoir embrassée et « baisé son fils, M. le prince de Join ville - », le duc se fait transporter dans sa chambre. Son chirurgien, maître Pierre Aubert, et ses médecins, Louis de Mandreville et Simon Bellengier, peuvent alors lui enlever ses vêtements et apprécier la gravité de la blessure.

Nous avons sur cette blessure le premier « avis » des hommes de l'art. Ils constatèrent que le coup de feu avait « frappé M. de Guise derrière l'épaule droite, sous l'os de la palette », était ressorti « à la jointure du bras, près de la mamelle droite » ; que, toutefois, « ledit coup ne touchoit point aux os. ny n'entroit point dedans le coll're ^ ». Des termes de ce diagnostic nous pouvons aujourd'hui conclure que le duc était atteint d'une plaie pénétrante et perforante de la poitrine, partant du dessous de l'omoplate et aboutissant près du sein droit, mais qu'aucun gros vaisseau du poumon n'avait été touché, car, dans ce cas, la mort serait survenue rapidement. Et, en fait, sur le moment'niême, deux choses seulement paraissent avoir préoccupé les médecins : l'entrée de la plaie était beaucoup plus large que la sortie, ce qui était anormal dans les plaies darquebusades et pouvait faire supposer que plusieurs projectiles avaient été tirés et que tous n'étaient pas sortis; — en second lieu ces projectiles n'étaient-ils pas empoisonnés? « Car, à la vérité, écrit à ce sujet, M. de Chantonnay, ambassadeur d'Espagne, quasi tous ceux qui ont esté blessez d'arquebuses et de pistolets, depuis que les reistres sont venus en France, sont morts et mesme de blessure de petite importance '. » Toutefois, le duc ne paraissant pas trop soull'rir, on se contenta, ce soir-là, semble-t-il, de le panser sommairement. Lorsque MM. de Laubespine et d Oisel, — qui l'avaient suivi de bien près, puisqu'en passant l'eau à leur tour à Saint-Mesmin, ils avaient entendu le coup de feu, — arrivèrent au Chàtelct, ils le

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