Histoire eccU'siaslique, t. II, p
3. Inlerrofjatoii't' de l'ultrcjt, el prcinièro el seconde déclarations do l'Anùral, déjà citées.
3â l'iiiuut; DE vAissiÈRt;
Est-il vrai que l'ascendant qu'exerçait le duc sur tous les hommes de g-uerre qui l'approchaient, que la sympathie qu'il leur inspirait ait quelque temps retenu le bras de Poltrot ? Plusieurs témoignages sont d'accord là-dessus. Mais « ayant appris que M. de Guise avoit fait des dépesches pour envoyer en Champagne et autres lieux, pour raser toutes les maisons des gentilshommes qui avoient pris les armes pour la religion » ^, il n'hésita plus. Il était logé à Corney, à demi-lieue environ des Vaslins. Le 18 février, s'étant levé, et, sorti de sa maison, <( se trouvant en un petit bois proche, il fit son oraison à Dieu et le pria que, si l'entreprise qu'il avoit faite estoit à son honneur et service, repos et contentement du public, qu'il lui pleust le favoriser et lui donner courage de l'exécuter, sinon qu'il lui pleust de lexterminer. Son oraison faite, il se leva avec une telle allégresse qu'il luy sembloit que Dieu le conduisoit par la main à exécuter ladite entreprinse » ; « et de fait, après avoir disné en une métairie distante de demie lieue du logis de M. de Guise, il se résolut à l'accomplir ledit jour ^ ».
On sait le reste et comment Poltrot vint à bout de son dessein. Lors de son interrogatoire devant la Reine, il donna seulement ce détail qu'il avait tiré à l'épaule, pensant que le duc fut encore armé de son corps de cuirasse, mais qu'il avait cru manquer son coup, quelqu'un en passant l'ayant gêné (peut-être ce gentilhomme que le duc, on s'en souvient, s'était retourné pour saluer) ^ ; — cet autre, que le pistolet, dont il s'était servi, était chargé de trois balles, dont deux ramées, mais que ces balles n'étaient pas empoisonnées ; il avoua seulement à M. de Givry que l'une d'elles était «hachée», et que dans les hachures, il avait coulé du soufre; à son avis le remède à appliquer était d'ailleurs aisé : il suffisait de placer sur la blessure des compresses de lait de femme et de racine de muguet^ ; — et il fournit enfin quelques renseignements sur sa fuite après l'attentat : « pendant la première nuit, il feit environ dix lieues de pays pensant s'esloigner. Mais Dieu voulut qu'à l'obscurité de la nuit, il se destourna de son chemin et se vint rendre jusques au village' d'Olivet, dedans le corps de la garde des Suisses, où il luy