BitANTÔMi;, t. IV, p
3. Lettre de l'évesque de Riez... ; — Le saint et pitoyable discours... (Loc. cit., p. 195, 203).
FOLTKOT DE MÉRÉ, MliLRTlUliK DE M. DE GUISE 41
l'exerg-ue : « Je veulx monstrer ce qui est venu de Dieu, comme venu de Dieu ^ ! »
Le cardinal de Ferrare, légat du Pape, Aint à ce moment lui administrer l'extrême onction, et l'un des chapelains du prélat lui ayant ensuite présenté le crucifix, « il le pressa de toute sa force sur sa poitrine, l'embrassant à plusieurs reprises ^ ». Il avait déjà perdu la parole, gardant néanmoins toute sa connaissance et « montrant par signes qu'il approuvoit les Saintes Ecritures qu'on continuait k lui réciter ». Entre dix et onze heures, il expira.
A peine répandue dans le camp royal, la nouvelle de la mort du duc y causa une explosion unanime de douleur et de regrets. « On n'oyoit que plaintes, soupirs et lamentations ; on mettoit les enseignes bas, on traînoit les picques, les tabourins sonnoient le pitoyable desconfort ^. » Et, comme « ceux dé la cour et du pays à Tentour venoient à troupes pour le voir », (( le corps du prince fut mis en un lieu, oîi chacun pouvoit passer le voir » '*, peut-être dans la chapelle existant encore du château du Châtelet ^, et, sur le grand lit de la Reine, où on le plaça vêtu d un pourpoint de rase noire, coiffé d'un bonnet noir et ganté ^. La Reine s'avança la première pour lui donner l'eau bénite, mais fut saisie d'une telle émotion qu'elle serait tombée à terre évanouie, si MM. de Cy pierre et Ottavio Fregoso ne l'avaient soutenue ~. Pendant trois jours, ce fut un long défilé de l'armée tout entière, dont le deuil était encore augmenté par les manifestations de joie des assiégés dans Orléans, où les