‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 40 sur 43 · l'.uim:, ')/;. (•//,. p. IHMIK · texte numérisé non relu

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5â PIERRE DE VAISSIÈRE

aussi l'un des premiers informés des accusations portées contre lui. En effet, après le premier interrog^atoire de Poltrot, à Saint-Mesmin, et ses révélations concernant l'Amiral, « la Rejne ayant mis en délibération ce qu'il falloit faire là-dessus, il se trouva là M. d'Aumale qui dit qu'il a voit un Allemand ', lequel se faisoit fort qu'en luy baillant lesdicts interrogatoire et responces pour monstrer aux reistres qui estoient avec M. l'Admirai, il les mutineroit tous, et que, pour l'indignité d'un tel fait pratiqué par ledict Admirai, il les feroit tous révolter, et se promettoit qu'ils se saisiroient de la personne de M. l'Admirai et le mettroient entre les mains de la Reine pour en faire justice. Par quoi, on luy en bailla une copie » '. A la réception de cette pièce « semée en l'armée dudit Admirai », celui-ci avait aussitôt rédigé, en collaboration avec Théodore de Bèze et La Rochefoucauld, une réponse qu'il envoya à la Reine avec une lettre, et qu'il fît imprimer et répandre à profusion ^.

Cette réponse et cette lettre ont été tournées et retournées dans tous les sens par les historiens qui y ont recherché, les uns les preuves de l'innocence, les autres celles de la culpabilité de Coligny. Elles contiennent évidemment des affirmations singulières et qui laisseraient entendre que, si l'Amiral n'ouvrit jamais la bouche pour inciter Poltrot à entreprendre son crime, il n'arrêta pas non plus son bras. « Depuis cinq ou six mois en ça, avoue-t-il, qu'il est venu des personnes qui disoient avoir esté pratiquées pour le venir tuer, lui, Amiral», «quand il a ouy dire à quelqu'un que, s'il pouvoit, il tueroit M. de Guise jusques en son camp, il ne l'en a détourné », et « n'a jamais fort contesté contre ceux quimonstroient avoir telle volonté vis-à-vis dudit duc » ^ 11 demandait, d'ailleurs, une confrontation avec Poltrot et semblait ne pas douter qu'on la lui accordât.

Le 5 mai, nouveau mémoire de l'Amiral. 11 sent cette fois, on

i. 11 y a une erreur dans le texte que Je cite, car M. d'Annialc n'assista pas à la mort de son frère.

2. Discours sur l'examen de Poltrot Bini.. >at.. iV. 22.129, fol. 171".

3. Responce à Vmterrogaloire qu'on dit. avoir esté faicl à un nommé Jean Poltrot^ soy disant seigneur de Merey, sur la mort du feu duc de Guise, par M. de Chastillon, admirai de France et autres nommez audict interrogatoire, et Lettres envoyées à la Reine par ledit seigneur admirai, le 12 mars 1563 {Mémoires-Journaux du duc de Guise, MicHAUD et Poujoulat, Collection de Mémoires pour servir à VHistoire de France, 1" série, t. VI, p. 518-527).

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