‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 6 sur 43 · Ihid.. p · texte numérisé non relu

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PIERRE DE VAISSIERE

quels s'est exercée sa sévérité, « car il ne se plaisoit nullement d'offenser personne, ou si sans penser il roffensoit, il le contentoit après, en sachant très bien la manière... et de satisfaire les plus clairvoyans et les plus subtils et pointilleux esprits en matières chevaleresques ' ».

Mais, je l'ai déjà dit, si ses qualités physiques, morales et intellectuelles s'accordaient ainsi merveilleusement pour faire de Guise le plus grand homme de guerre de son époque, et le dieu de tous ceux qui portaient les armes, un mérite d un genre différent lui valait au même instant les suffrages passionnés de la majorité du pays. Ce mérite était de représenter les convictions religieuses de cette majorité au moment où celles-ci paraissaient enfin menacées par la Réforme.

Alors que certain parti ferait encore aujourd'hui presque un crime à l'historien de douter de la sincérité des crovances de Colisfnv, il est ordinairement de mise de suspecter celles de Guise, son rival. Pour ma part, je crois au contraire que ces deux hommes, dans la foule des ambitieux et des sceptiques qui les entouraient, ont été des convaincus et qu'en l'un et l'autre se sont incarnés parfaitement non seulement l'esprit de la religion qu'ils ont défendue, mais toutes les idées et les sentiments dont procédait la Réforme ou qui s'opposaient à elle.

Contre le loyalisme catholique du duc de Guise on a surtout fait état, je le sais, des fameuses conférences de Saverne, où lui et son frère se seraient, dit-on, déclarés prêts à accepter l'introduction en France de la Confession d'Augsbourg, et ceux qui ne leur ont pas reproché la chose comme une trahison et une feinte indigne, l'ont donnée comme un exemple de leur scepticisme. Je n'ai pas à trancher la question en ce qui concerne le cardinal de Lorraine, « âme fort barbouillée ' », je le reconnais, et dont le rôle en cette affaire prête au soupçon. Mais, en ce qui touche le duc, son attitude n'apparaît nullement équivoque et il semble ne s'être prêté, en allant à Saverne, qu'à une manœuvre de bonne guerre : séparer la cause des luthériens d'Allemagne de celle des calvinistes français. Dans ses discussions personnelles avec le duc de Wurtemberg, c'est sur les variations des églises protestantes qu'il insiste avec

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