‹ Jean qui pleure et Jean qui ritChapitre 26 sur 32 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Six mois se sont écoulés depuis la mort de Pauline.

On entrait alors daqs les premiers jours de janvier.

La foule des promeneurs, se croisait en tous sens dans les contre-allées des Champs-Elysées.

Sur la chaussée^ de brillants équipages et des cavaliers élégants se dirigeaient au grand trot du côté du bois de Boulogne.

Un de ces attelages attirait Tattention des connaisseurs.

C'était un break de couleur sombre, traîné par deux superbes Àevaux, harnachés à la russe.

Un grand jeune homme pâle, habillé avec une élé-

gance prétentieuse^ conduisait ce magnifique attelage avec la raideur et le flegme, d'un cocher anglais.

A sa gauche et sur le même siège, une jeune femme enveloppée dans un manteau de velours bleu, garni de martre zibeline^ et le visage encadré dans un adorable petit chapeau de feutre blanc^ laissait tomber sur la foule un regard dédaigneux et protecteur.

Le jeune homme était le vicomte de firannes, qui avait hérité de son oncle Antoine.

La femme n'était autre que la comédienne iElia.

Que nos lecteurs veuillent bien se souvenir des adieux de la Juive à Jean Reyel, et ils comprendront quelle mission elle s'était imposée.

Le soir môme où elle soupait pour la première fois avec son nouvel amant, le peintre recevait sous pli ces quatre lignes :

« Ce qu'un homme ne fait pas avec le fer> une femme » l'accomplit avec son esprit et sa beauté.

« Jean, souviens-toi. »

Or, si vous êtes curieux de savoir comment iElia procéda à l'égard du vicomte de Brannes ; vous retrouverez dans notre roman des Diables RoseSy ces deux personnages, ainsi que mesdemoiselles Gervaise, Berthe et Armande .

Après la mort du marquis Emmanuel, et une chute honteuse à Thipprodrome; de Christian3 Olivia s'eoga-

gea comme première écnyëre dans une troupe de bateleurs Aomades.

En ajoutant à cette nomenclature, le chien Almanzor, nous aurons clos la liste des gens de revue.

Si nous avons gardé pour la fin les deux personnages sympathiques de notre livre, c'est qu'après des détails souvent trop crus, mais vrais : des scènes d'un réalisme désespérant, nous avons voulu que la toile tombât sur un tableau gracieux et consolant.

Le jour même où le vicomte paradait aux Champs- Elysées ; les cloches de TAbbaye-aux-Bois sonnaient pour le mariage de Jean Revel et d'Henriette Dargis.

Lorsque la mariée entra à l'église, les commères du quartier remarquèrent avec un étonnement indescriptible, et force commentaires : qu'au milieu du bouquet de fleurs d'orangef qu'elle portait à sa ceinture, se trouvaient quelques violettes desséchées.

Après la célébration du mariage, et au moment où les mariés traversaient la sacristie ; le digne curé qui avait célébré l'office divin, s'approcha de Jean Revel.

— Je vous recommande mes enfants pauvres, dit-il en souriant. J'ai de petits orphelins, qui ont grand besoin qu'on les prenne en pitié.

Jean glissa un bfllet de cinq cents francs dans la main de sa femme.

— Pour les enfants pauvres, lui dit-il, qu'ils bénissent votre nom.

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