‹ Jean ReynaudChapitre 2 sur 3 · J.-M. DARGAUD · texte numérisé non relu

J.-M. DARGAUD

La liberté religieuse, qui a fait sortir le monde moderne des ténèbres où il croupissait depuis tant de siècles, ce bien précieux qui a enfanté tous les autres et que des insensés contestent encore çà et là, nous le devons aux plus douloureux sacrifices de nos pères.

Au commencement du seizième siècle^ le vieil et dur esprit romain^ qui avait déjà si longtemps pesé sur le monde et qui depuis était reparu sous une autre forme, asservissait les âmes au nom d'une religion d'amour et de charité. Il était alors arrivé à l'état de corruption où tombent tous les pouvoirs dominateurs et exclusifs, quand cet étemel besoin de

vérilé, qui est l'honneur do l'espèce humaine, se fit jour à travers tous les obstacles.

Alors une lutte effroyable surgit entre l'esprit de vie et l'esprit de ténèbres.

D'un côté, tout ce qui avait de la pureté au cœur, de la noblesse dans Tâme, de Télévation dans les idées, tous ceux qui croient en la bonté de Dieu et pensent que son œuvre peut être fécondée par le progrès ; ceux-là, ensemble ou séparément, se levèrent et combattirent > chacun selon ses forces el son aptitude, l'amas d^erreurs, d'obscuritée, dû mensonges et de tyrannie^ qui enchaînaient l'homme à l'ignorance et à la misère.

Dé l'autre côté, tous les esprits étroits, bas, tous les cœurs corrompus, les consciences souillées, en un mot les plus mauvais instincts et les plus détestables passions qui trouvaient leur satisfaction dans l'atmosphère morbide où était l'humanité, se réunirent en commun pour résister à l'esprit nouveau qui reparaissait au monde, car c*est celui de l'Évangile : l'esprit de liberté, de tolérance, et d'égalité. .

Ceux-là ne reculèrent devant aucun moyen, devant aucun crime. Ils égorgèrent par masses, sans distinction d'âge ni do sexe ; ils inventèrent de nouveaux supplices ; ils proscrivirent la science, le commerce, l'industrie, le travail, et, nous le répétons, ils commirent toutes ces monstruosités au nom d'un Dieu de paix et de miséricorde 1

La victoire est restée à la bonne cause; la liberté religieuse a triomphé, et l'on peut juger de ses bienfaits en comparant l'état actuel de l'homme à ce qu'il était au commencement du seizième aiècle : la force brutale comprimée, le travail en honneuri les sciences» le commerce et l'industrie créant chaque jour de nouvelles richesses, les forces de la nature domptées et mises au service de Thomme, de grands continente arrachés à l'état sauvage, la civilisation chrétienne

pénétrant partout, les famines, la peste et d'autres grands maux disparus ou amoindris, la vie de l'homme prolongée ; tous ces biens, tous ces trésors, nous les devons à la liberté religieuse, celte mère féconde de toutes les autres libertés.

C'est l'histoire de ces grands événements que M. Dargaud a écrite et que nous annonçons. C'est la lutte des plus grandes passions et des plus grands intérêts, la peinture des plus grands crimes et des plus nobles vertus, le tableau des plus grands faits dés temps modernes.

Avant de l'écrire, M. Dargaud l'avait préparée par de grandes recherches et des études approfondies sur tous les éléments qui la composent. Il a tout fouillé, tout compulsé, cherchant la vérité partout, dans les livres, dans les manuscrits, les correspondances privées, les pièces détachées; jl a interrogé jusqu'à la gravure, jusqu'au marbre et la numismatique pour y saisir la physionomie des personnages ou la couleur des faits qu'ils reproduisent.

M. Dargaud est un écrivain, il l'a prouvé dans son histoire de Marie Stuart ; il est peut-être encore plus un peintre et un statuaire. Il retrace les événements avec un pinceau ferme et coloré qui leur donne tout le relief de la réalité ; il moule ses personnages avec une vigueur et une intelligence qui leur rend la vie. Aussi, son livre a tout le caractère de (orce, d'énergie et de couleur que le sujet comportait. Quoique passionné pour les idées libérales, M. Dargaud n'en est pas moins impartial et modéré dans ses jugements sur les hommes et sur les choses. Il a écrit, sans parti pris, pour ou contre les acteurs des grands drames qu'il a retracés. Il a été juste envers tous, quelle qu'ait été leur foi religieuse ou politique, plus heureux, quand il en trouvait l'occasion, de signaler le bien que de flétrir le vice et de maudire le crime.

A notre époque, le fanatisme religieux n'a pas encore disparu entièrement, et ce monstre, qui a dévoré tant de victimes

humaines, reparaîtrait bientôt si nous nous endormions dans une fausse sécurité. Il a pour lui les âmes les plus tendres, les plus sincères et les plus naïves, mais aussi les plus faciles à égarer, comme il a aussi pour instruments les esprits les plus actifs, les plus sombres et les plus pervers. Quand on le croit abattu, il reparaît sous un voile de candeur et d'innocence qui le fait accueillir par les cœurs simples et généreux jusqu'au moment où il croit pouvoir saisir sa proie et la dévorer. Cette proie, c'est la paix, la tolérance et la liberté, nos plus grands biens.

C'est la crainte de ce danger qui a entraîné M. Dargaud à écrire I'Histoire de la Liberté religieuse en France ; c'est le même sentiment qui nous la fait publier.

U>himi%îre de îm I<lber«é rcllcleiise en Vrance se compose de 4 Tolumes de plut de 400 pages chacun, et fait partie de la Bibliothbquk- CHABpnmn.

Le prix de Touvrage complet est de 14 pbahcs.

Il parviendra franc de port à toute personne, habitant la France ou P Ai gérie, qui enverra àTÉditeur cette somme de 14 francs, en un mandat de poste sur Paris ou en tinibres^oste.

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