L-eitoyens
« Vous, mon jeune ami, ne vous laissez jamais
séduire par l'appût des honneurs et des richesses.
; Tenez à l'estime de vos concitoyens, et si dans le
cours de votre carrière qui sera longue, je l'espère,
vous êtes appelé à remplir des fonctions publiques,
j ne refusez pas vos services à celte société dont vous faites partie ; mais que le devoir et non la vanité soit le mobile de vos actions. L'orgueil, le désir de s'élever, d'acquérir des distinctions «illusoires, fait le malheur d'un grand nombre d'individus et par contre-coup celui de la société. C'est souvent parmi les hommes obscurs et inconnus que se trouvent les vrais sages, les âmes magnanimes, les nobles cœurs, les créatures d'élite les plus dignes du respect et de
j l'admiration de leurs semblables. Rappelez-vous toujours cette belle sentence de Fénelon : « les vrais
I «biens sont la santé, la force, le courage. Ta "paix, "' « 1* union ïêsTâm i lies, la liberté de tous les citoyensT"
î « le simple nécessaire, l'habitude du travail, Femu- « lalion^pour la vertu et la soumission aux lois. » (L^aisance, cette médiocrité que les poètes nous van-
! tehravèc raison, est préférable à une grande fortune.
i II est permis et même louable de faire des économies
j pour les jours de la vieillesse et pour l'éducation des
i enfants ; mais quelque richesse que vous amassiez,
( fuyez le luxe et l'ostentation ;. vivez simplenièïiTj;;^
Ïl modestement, tout en faisant le bien autour de vous, vous souvenant toujours que cette vie n'est qu'un" court passage sur la terre : '~'~~ ~^
« C'est là, mes chers enfants, le secret du bonheur. »
Et les jeunes mariés, après les adieux d'usage, où les pleurs ne manquèrent pas de couler, partirent pour leur future demeure du Canton de Bristol.