‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 111 sur 467 · i A omet cutrc vous et moi · texte numérisé non relu

i A omet cutrc vous et moi

2,4.3. — 1 A, en eslrier des arbalesiriers. Certaines arbalètes étaient munies d'un ctrier qui permettait de les tendre avec le pied.

LE ROI APPREND LA MORT DE SON FRERE. l35

242. Le bon comte de Soissons, au point où nous en étions, plaisantait avec moi et me disait : « Sénéchal, laissons huer cette ca- « naille; car par la Coiffe- Dieu! (c'était son juron) nous en parlerons «encore, vous et moi, de cette journée dans les chambres des « dames. «

r.. Joinvillc rejoint le roi. Les Sarrasins sont vaincus, et leur camp est pillé par les Bédouins.

243. Le soir, au soleil couchant, le connétable nous amena les arbalétriers à pied du roi , et ils se rangèrent devant nous ; et quand les Sarrasins virent mettre le pied à Tétrier des arbalètes , ils s'enfuirent et nous laissèrent. Et alors le connétable me dit : « Sénéchal, « voilà qui est bien -, maintenant allez- vous-en vers le roi , et ne le « quittez plus jusques à tant qu'il sera descendu dans son pavillon. » Sitôt que je vins au roi , rruDnseigneur Jean de Valer}^ vint à lui et lui dit : « Sire, monseigneur de Chàtillon vous prie que vous lui « donniez l'arrière-garde. » Et le roi le fit très- volontiers, et puis se mit en chemin. Pendant que nous nous en venions, je lui fis ôter son heaume , et lui baillai mon chapeau de fer pour qu'il eijt de Tair.

244. Et alors vint frère Henri de Ronnay, prévôt de l'Hôpital, à lui qui avait passé la rivière , et il lui baisa la main tout armée. Et le roi lui demanda s'il savait quelques nouvelles du comte d'Artois, son frère:, et lui dit qu'il en savait bien des nouvelles, car il était certain que son frère le comte d'Artois était en paradis. « Hé , sire , dit le prévôt, « ayez-en bon réconfort ; car si grand honneur n'advint jamais à roi « de France comme il vous est advenu. Car pour combattre vos « ennemis vous avez passé une rivière à la nage, et les avez décon- « fits et chassés du champ de bataille, et pris leurs engins et leurs « tentes, là où vous coucherez encore cette nuit. » Et le roi répondit que Dieu fut adoré de tout ce qu'il lui donnait : et alors les larmes lui tombaient des yeux bien grosses.

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