‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 204 sur 467 · PRESENTS DU VIEUX DE LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

PRESENTS DU VIEUX DE LA MONTAGNE

« VOUS soyez ici de retour, et que vous apportiez au roi, de la part de « votre seigneur, des lettres et des joyaux tels que le roi s'en tienne « satisfait et qu'il vous en sache bon gré. »

XC. Les envoyés du Vieux de la Montagne reviennent avec des paroles de paix; message de frère Yves le Breton.

45(5. Dans la quinzaine, les messagers du Vieux de la Montagne revinrent en Acre , et apportèrent au roi la chemise du Vieux -, et ils dirent au roi , de la part du Vieux , que c'était signe que comme la chemise est plus près du corps que nul autre vêtement, de même le Vieux voulait tenir le roi plus près de son amour que nul autre roi. Et il lui envoya son anneau, qui était d'or très-fin , là où son nom était écrit; et il lui manda que par son anneau il épousait le roi; car il voulait que dorénavant ils fussent tout un.

457. Entre autres joyaux qu'il envoya au roi, il lui envoya un éléphant de cristal très-bien fait, et une bête qu'on appelle girafe, aussi en cristal, des pommes de diverses espèces en cristal, et des jeux de tables et d'échecs ; et toutes ces choses étaient semées de fleurs d'ambre , et l'ambre était lié au cristal par de belles vignettes de bon or fin. Et sachez que sitôt que les messagers ouvrirent leurs écrins là où ces choses étaient, il sembla que toute la chambre fut embaumée, tant elles fleuraient bon.

458. Le roi renvo3^a ses messagers au ^'ieux , et lui renvoya une grande foison de joyaux, draps d'écarlate, coupes d'or et freins d'argent; et avec les messagers, il 3^ envoya frère Yves le Breton, qui savait le sarrasinois. Et frère Yves trouva que le Vieux de la Montagne ne croyait pas en Mahomet, mais croyait à la loi d'Ali, qui fut oncle.de Mahomet.

459. Cet Ali mit Mahomet au degré d'honneur là où il fut; et quand Mahomet se fut établi le seigneur du peuple , alors il méprisa son oncle, et l'éloigna de lui. Et Ali, quand il vit cela, attira à lui ce qu'il put avoir du peuple, et leur apprit une cro^^ance autre que Mahomet n'avait enseignée : d'où vient encore à présent, que tous ceux

4?8. — 1 A, ces. — 2 Voy. § 249.

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