CVII. Sac de Sayette
55 1. Quand cette grande foison de Sarrasins qui furent devant Acre, et n'osèrent combattre avec nous, ainsi que vous l'avez ouï, ni avec ceux d'Acre , ouïrent dire (et c'était la vérité) que le roi faisait fortifier la cité de Sayette, et avec peu de bonnes troupes, ils se dirigèrent de ce côté. Quand monseigneur Simon de Montceliard, qui était maître des arbalétriers du roi et chef des troupes du roi à Sayette, ouït dire que ces gens venaient, il se retira dans le château de Sayette, qui est très-fort et enclos par la mer en tous sens;, et il fit cela parce qu'il voyait bien qu'il ne pouvait pas leur résister. Il y abrita avec lui ce qu'il put de monde;, mais il y en eut peu, car le château était trop étroit.
552. Les Sarrasins se jetèrent dans la ville, là où ils ne trouvèrent nulle résistance *, car elle n'était pas toute fermée. Ils occirent plus de deux mille personnes de nos gens-, avec tout le butin qu'ils firent là, ils s'en allèrent à Damas. Quand le roi ouït ces nouvelles, il en fut très-irrité (s'il eût pu y porter remède!)-, et les barons du pays s'en trouvèrent très-bien, parce que le roi voulait aller fortifier un tertre là où il y eut jadis un ancien château au temps des Machabées. Ce château se trouve quand l'on va de Jaffa à Jérusalem.
553. Les barons d'outre-mer ne furent pas d'avis de rétablir les murs du château , parce qu'il était à cinq lieues loin de la mer ; c'est pourquoi les vivres n'auraient pu nous venir de la mer sans que les Sarrasins, qui étaient plus forts que nous n'étions, les enlevassent. Quand ces nouvelles vinrent au camp , du bourg de Sayette qui était détruit, les barons du pays vinrent au roi, et lui dirent que ce lui serait un plus grand honneur de fortifier à nouveau le bourg de Sayette, que les Sarrasins avaient détruit, que de faire une forteresse nouvelle^ et le roi en tomba d'accord avec eux.
5i2. — 1 A, au. — - y oi omis dans A.