A, m'apor
590. — 1 A omet de. — i A. omet veuve. — 3 A, par. — 4 I,, du miracle que NoStre-Seigneurfisl à la fille de la vefve femme parle l'Evangille et dit, — j Nommée omis dans A. — 6 Ai omis dans A.
ENVOYÉS DU SEIGNEUR DE TRÉBISONDE. 32b
chantée et que nous fûmes montés sur nos chevaux, nous trouvâmes le légat dans les champs* et le roi s'approcha de lui et nVappela, et dit au légat : « Je me plains à vous du sénéchal, qui m'apporta la « paix, et ne voulut pas que le pauvre clerc me l'apportât. »
590. Et je dis au légat la raison pourquoi je Tavais fait -, et le légat dit que j'avais très-bien fait. Et le roi répondit : « Vraiment, (( -non !» Il y eut grande discussion entre eux deux, et ainsi je demeurai en paix. Et j^ vous ai conté cette histoire, pour que vous vojdez sa grande humilité. De ce miracle que Dieu fit à la fille de la femme veuve il est parlé par TÉvangile, qui dit que Dieu était, quand il fît le miracle, in parte Tyri et Sidonis ; car alors la cité que j'ai nommée Sur, était appelée Tyr, et la cité je vous ai nommée ci-devant Sayette, était appelée Sidon.
XCVI. Envoyés du seigneur de Trébisonde; arrivée de la reine à Sayette.
591. Tandis que le roi fortifiait Sayette, vinrent à lui les messagers d'un grand seigneur du fond de la Grèce, lequel se faisait appeler le grand Comnène et sire de Trébisonde. Ils apportèrent au roi divers joyaux en présent. Entre autres ils lui apportèrent des arcs de cornouiller, dont les coches entraient au moyen de vis dans les arcs, et quand on les en tirait, on trouvait qu'elles étaient dehors trèsbien tranchantes et très-bien fixités.
592. Ils demandèrent au roi qu'il envoyât une princesse de son palais à leur seigneur, qui la prendrait pour femme. Et le roi répondit qu'il n'en avait amené aucune d'outre-mer ; et il leur conseilla d'aller à Constantinople vers l'empereur, qui était cousin du roi, et de lui de mander qu'il leur baillât une femme pour leur seigneur, qui fût du lignage et du roi et du sien. Et le roi fit cela pour que l'empereur eût alliance avec ce grand et riche seigneur contre Vatace, qui alors était empereur des Grecs.
593. La reine, qui était nouvellement relevée de madame Blanche
591. — 1 B etL, Traffesontes. — 2 Ce passage est fort obscur dans le manuscrit A^ et plus encore dans les deux autres manuscrits, où on lit : « Quant on les laschoit hors, on trouvoit que (. c'estoit cheumet {ou chaumet) dedens moult bien faictes et bien tranchans. »
5c)2. — 1 A, À son.
dont elle avoir géu à Jafte, ariva à Sayette; car elle estoit venue par mer. Quant j'oy dire qu'elle estoit venue, je me levay de devant le roy et alai encontre li, et l'amenai jusques ou chastel.
594. Et quant je reving au roy, qui estoit en sa chapelle, il me demanda se la ro3^ne et li enfant estoient haitié ' -, et je li diz oil. Et il me dist : « Je soy bien quant vous vous levâtes de devant moy, que « vous allés encontre la royne-, et pour ce je vous ai fait atendre au « sermon. » Et ces choses vous ramentoif-je, pour ce que j'avoie jà estei cinq ans entour li, que encore ne m'avoit-il parlei de la royne ne de ses ' enfans, que je oïsse, ne à autrui^ -, et ce n'estoit pas bone manière, si comme il me semble, d'estre estrange de sa femme et de ses enfans.
595. Le jour de la Touz-Sains', je semons touz les riches homes de Post- en mon hostel, qui estoit sur la mer-, et lors'^ uns povres chevaliers ariva en une barge, et sa femme et quatre fil que il avoient. Je les fiz venir mangier en mon hostel. Quant nous eûmes mangié, je appelai les riches homes qui léans estoient, et lour diz: « Fe- « sons une grant aumosne, et deschargons cest povre home de ses* « enfants ^ et preingne chascuns le sien, et je en penrai un. » Chascuns en prist un, et se combatoient de Tavoir. Quant li povres chevaliers vit ce, il et sa femme, il commencierent à plorer de joie.
596. Or avint ainsi, que quant li cuens d'Eu revint de mangier de l'ostel le roy, il vint veoir les riches homes qui estoient en mon hostel, et me toUi le mien enfant, qui estoit de Taage de douze ans, liquex servi le conte si bien et si loialement que, quant nous revenimes en France, li cuens le maria et le fist chevalier. Et toutes les foiz que je estoie là où li cuens estoit, à peinne se pooit départir de moy, et me disoit : « Sire, Diex le vous rende ! car à ceste honnour mV- « vez-vous mis. » De ses ' autres trois frères ne sai-je que il devindrent.
594. — 1 B et L, estoient l'enu^. — - A, des. — 3 B et L, ne d'aiillruy que je oysse. bi.)b. — Le i*^' novembre I2b3. — 2 B et L ajoutent, et ainsi comme nous mangions.