‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 263 sur 467 · A, 7tous vénns que vostre · texte numérisé non relu

A, 7tous vénns que vostre

des barons, li ro3's se parti de Sayette et vint à Assur, là où la royne estoif, et dès illec venimes à Acre à l'entrée de quaresme ~.

617. Tout le quaresme, fist aréer li roys ses neis pour revenir en France, dont il y ot treize \ que neis que galies. Les neis et les galies furent atiries en tel manière , que li roys et la royne se requeillirent en lour neis la vegile ~ de saint-Marc après Pasques , et eûmes bon vent au partir. Le jour de la saint-Marc, me dist li roys que à celi jour il avoit estei nez ; et je li diz que encore pooit-il bien dire que il estoit renez ceste journée, et que assez estoit renez ^' quant il de celle perillouse terre eschapoit.

618. Le samedy, veimes Tille de Cypre, et une montaingne qui est en Cypre, que on appelé la montaigne de la Croiz. Celi samedi, leva une bruine de la terre ', et descendi de la terre sur la mer; et pour ce cuidierent nostre marinier que nous fussiens plus loing de Tille de Cypre que nous n'estiens, pour ce que il véoient la montaigne par desus la bruine. Et pour ce firent nagier habandonnéement : dont il avint ainsi, que nostre neis hurta - à une queue de sablon qui estoit en la mer. Or avint ainsi , que se nous n'eussiens trouvei ce pou de sablon là où nous hurtames, nous eussiens hurtei à tout plein de roches qui estoient couvertes, là où nostre neis eust estei toute esmiée, et nous tuit péril et noie.

619. Maintenant que nostre neis ot hurtei ', li cris leva en la nef si grans, que chascuns crioit helas! et li marinier et li autre batoient lour paumes, pour ce que chascuns avoit poour de noier. Quant je oy ce, je me levai de mon lit, là où je gisoie, et alai ou chastel avec les mariniers. Quant je ving là , frères Renions -, qui estoit Templiers et maistres desus les mariniers, dist à un de ses valiez : « Giete ta plommée -, -» et si fist-il. Et maintenant que il Tôt getée, il s'escria et dist : « Halas! nous soumes à terre. » Quant frères

f)i6. — 2 En 1354, le carême commença le 25 février.

617. — 1 B et L, quatorze. — 2 Le 24 avril 1254. — 3 Les mots ceste journée jusqu'à renei, omis dans A, se tirent du texte de M combiné avec celui des mss. B et L.

LE ROI s'embarque. 33g

rons , le roi parrit de Sayette et vint à Sur, là où la reine était -, et de là nous vînmes à Acre à l'entrée du carême.

617. Pendant tout le carême, le roi fit préparer ses nefs pour revenir en France, dont il y eut treize, tant nefs que galères. Les nefs et les galères furent préparées en telle manière, que le roi et la reine s'embarquèrent sur leurs nefs la veille de saint- Marc après Pâques, et nous eiàmes bon vent au départ. Le jour de la saint-Marc, le roi me dit qu'à pareil jour il était né- et je lui dis qu'il pouvait bien dire aussi qu'il était rené en cette journée, et qu'il était bien rené quand il échappait de cette périlleuse terre,

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