‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 283 sur 467 · DU FRÈRE HUGUES CORDELIER · texte numérisé non relu

DU FRÈRE HUGUES CORDELIER

bien aujourd'hui cinq cents livres, un pour lui et Tautre pour la reine. Quand il lui eut fait ce présent, alors il dit au roi : « Sire, je vien- « drai demain vous parler de mes affaires. » Quand vint le lendemain, Tabbé revint- le roi l'ouït très-attentivement et très-longuemend. Quand Tabbé fut parti , je vins au roi et lui dis : « Je vous (c veux demander, s'il vous plaît, si vous avez ouï plus débonnairece ment l'abbé de Gluny, parce qu'il vous donna hier ces deux pale- (c frois. »

656. Le roi pensa longuement, et me dit : « Vraiment oui. — « Sire, fis-je, savez-vous pourquoi je vous ai fait cette demande? « — Pourquoi? » fit-il. — « Sire, fis-je, c'est parce que je vous « donne avis et conseil que vous défendiez à tous vos conseillers ju- (c rés, quand vous viendrez en France, de rien prendre de ceux qui « auront affaire par-devant vous; car soyez certain, s'ils prennent, « qu'ils en écouteront plus volontiers et plus attentivement ceux « qui leur donneront , ainsi que vous avez fait pour l'abbé de Gluny. » Alors le roi appela tout son conseil , et leur rapporta aussitôt ce que je lui avais dit; et ils lui dirent que je lui avais donné un bon conseil.

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