B, ains prétendent semblablement à l'autruy avoir
663. — 1 A, haut. — - Béatrix de Savoie, fille de Pierre, comte de Savoie, et d'Agnès de Fauci-
JOINVILLE SE SÉPARE DU ROI. 36b
t^au, parce que la côte était trop roide*, et il alla tant à pied que, parce qu'il ne put avoir son palefroi, il lui fallut monter sur le mien. Et quand son palefroi fut venu, il courut sus très-irrité à Ponce l'écuyer -, et quand il Peut bien tancé , je lui dis : « Sire , vous devez beauce coup passer à Ponce Técuyer; car il a servi votre aïeul et votre « père et vous. »
662. — « Sénéchal, fit-il, il ne nous a pas servis; c'est nous qui « Pavons servi quand nous Tavons souffert près de nous avec les « mauvaises qualités qu'il a. Car le roi Philippe mon aïeul me dit « qu'on devait récompenser ses gens, l'un plus, l'autre moins, se- « Ion qu'ils servent-, et il disait encore que nul ne pouvait être bon « gouverneur de terre, s'il ne savait aussi hardiment et aussi durece ment refuser qu'il saurait donner. Et je vous apprends ces choses , « fit le roi, parce que le siècle est si avide de demander, qu'il y a « peu de gens qui regardent au salut de leurs âmes ou à l'honneur « de leurs personnes, pourvu qu'ils puissent attirer le bien d'autrui « par devers eux, soit à tort, soit à raison. »
C XXX IV. Joinville se sépare du roi ; il le retrouve plus lard à Soissons; mariage d'Isabelle de France avec Thibaut II, roi de Navarre.
663. Le roi s'en vint par le comté de Provence jusques à une cité qu'on appelle Aix en Provence, là où l'on disait que gisait le corps de la Magdeleine -, et nous fumes sous une voûte de roche très-haute, là où l'on disait que la Magdeleine avait été en ermitage dix-sept ans. Quand le roi vint à Beaucaire, et que je le vis sur sa terre et en son domaine, je pris congé de lui, et m'en vins par chez la dauphine de Viennois ma nièce, et par chez le comte de Chalon mon oncle, et par chez le comte de Bourgogne son fils,
664. Et quand j'eus demeuré quelque temps à Joinville et que j'eus fait mes affaires, je me rendis vers le roi, lequel je trouvai à Soissons; et il me fit si grande fête que tous ceux qui étaient là s'en émerveillèrent. Je trouvai là le comte Jean de Bretagne, et la fille du
gny. — 3 Hugues, fils de Jean de Chalon (voy. C 680), avait épousé Alix de Méranie, héritière du comté de Bourgogne.