‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 308 sur 467 · A omet pour elles vivre · texte numérisé non relu

A omet pour elles vivre

724. — i A omet la fin de la phrase. — - Povres omis dans A. — ^ A, // au lieu de et. — -i A, Chartriers.

JOINVILLE. — 5o

Paris, qui a nom Vauvert =•, et assigna rentes souffisanz aus moynes qui illec estoient, qui servoient Nostre Signour.

725. Assés tost après, il fist faire une autre maison au deliors Paris, ou chemin de Saint-Denis, qui fu appelée la maison aus Filles Dieu ' -, et fist mettre grant multitude de femmes en l'ostel, qui par povretei s'estoient - mises en pechié de luxure , et lour donna quatre cens livrées ^ de rente pour elles soustenir. Et fist * en plusours lieus de son royaume maisons de béguines, et lour donna rentes pour elles vivre , et commanda ^ que on y receust celles qui vourroient faire contenance à ^ vivre chastement.

726. Aucun de ses familiers ' groussoient de ce que il fesoit si larges aumosnes, et que il y despendoit mouf, et il disoit : « Je aim miex « que li outraiges de grans despens que je faiz, soit fais en aumosne « pour l'amour de Dieu , que en bobant ne en vainne gloire de ce « monde. » Jà pour les grans despens que ii roys fesoit en aumosne , ne lessoit-il pas à faire grans despens en son hostel , chascun jour. Largement et liberalment se contenoit li roys aus parlemens et aus assemblées des barons et des chevaliers; et fesoit servir si courtoisement à sa court , et largement et habandonnéement , et plus que il n'i avoit eu lonc temps passei à la court de ses devanciers.

727. Li roys amoit ^ toutes gens qui se metoient à Dieu servir et qui portoient habit de religion -, ne nulz ne venoit à li qui faillist à avoir chevance de vivre. Il pourveut les frères dou Carmé et lour acheta une place sus Seinne devers Charenton, et fist faire une lour maison , et lour acheta vestemens , calices et tiex choses comme il apartient à faire le servise Nostre Signour. Et après il pourveut les frères de Saint-Augustin, et lour acheta la granche à

724. — SB, Sammur ; L, Namur. Les mota qui a nom jusqu'à Saint-Denis ( ^ 7^5 ) manquent dans A.

725. — 1 A, quefu appelée la maison au Filles Dieu. — - A, estaient. — ^ B et L, trois cens livres- Le texte de Geoffroy de Beaulieu prouve qu'il s'agit ici de monnaie parisis ; ces 400 livres va-

ÉTABLISSEMENT D ORDRES RELIGIEUX. SgS

Paris qui a nom Vauvert, et assigna des rentes suffisantes aux moines qui étaient là, qui servaient Notre-Seigneur.

725. Assez tôt après, il fit faire une autre maison au dehors de Paris, sur le chemin de Saint- Denis, qui fut appelée la maison des Filles-Dieu ; et fit mettre dans le logis une grande multitude de femmes, qui par pauvreté s'étaient mises en péché de luxure, et leur donna quatre cents livres de rente pour les soutenir. Et il fit en plusieurs lieux de son royaume des maisons de béguines, et leur donna des rentes pour elles vivre, et commanda qu'on y reçût celles qui voudraient se tenir à vivre chastement.

726. Aucuns de ses familiers murmuraient de ce qu'il faisait de si larges aumônes, et de ce qu'il y dépensait beaucoup; et il disait : u J'aime mieux que Texcès des grandes dépenses que je fais, soit fait fc en aumônes pour l'amour de Dieu , qu'en faste ou en vaine gloire «■ de ce monde, » Cependant, malgré les grandes dépenses que le roi faisait en aumônes, il ne laissait pas de faire de grandes dépenses en son hôtel chaque jour. Le roi se comportait largement et libéralement dans les parlements et les assemblées des barons et des chevaliers ; et il faisait servir à sa cour très-courtoisement , et largement et sans épargne, et plus qu'il n'y avait eu depuis longtemps à la cour de ses devanciers.

ex LUI. Des ordres religieux qu'il établit en France.

727. Le roi aimait toutes gens qui se mettaient à servir Dieu et qui portaient l'habit religieux-, et nul ne venait à lui qui manquât d'avoir de quoi vivre. Il pourvut les frères du Carmel, et leur acheta une place sur la Seine vers Charenton, et leur fit faire une maison, et leur acheta vêtements, calices et telles choses qu'il convient pour faire le service de Notre-Seigneur. Et après, il pourvut les frères de Saint- Augustin, et leur acheta la grange d'un bourgeois de Paris et toutes

laient environ 10 i3i francs. — 4 A, et en fisl. — ^ A, commanda l'en. — *"> B et L omettentyiî/re contenance à.

Page 1