‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 313 sur 467 · ENSEIGNEMENTS DE SAINT LOUIS A SON FILS · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENTS DE SAINT LOUIS A SON FILS

iMiniature extraite d'un manuscrit daté de 1390. Fonds latin, n» 18014, à la Bibliothèque nationale.

Nostre Seigneur, et pense que tu l'as deservi, et que il te tournera tout à preu. Se il te donne prospérité ^, si l'en merci humblement, si que tu ne soies pas pires ou par orgueil ou par autres manières, dont tu doies miex valoir ; car l'on ne doit pas Dieu de ses dons guerroier.

742. Confesse-toy souvent, et esli confesseur preudome, qui te sache enseignier que tu doies faire et de quoy tu te doies garder; et te doiz avoir et porter en tel manière, que tes confesserres et ti ami te osient reprenre de tes mesfaiz. Le servise de sainte Esglise escoute dévotement et sans truffer; mais pri Dieu * et de cuer et de bouche, especialment en la messe, que la consecracions est faite. Le cuer aie douz et piteus aus povres, aus chietis et aus mesaisiés, et les conforte et aide selonc ce que tu pourras.

743. Maintien les bones coustumes de ton royaume, et les mauvaises abaisse. Ne couvoite pas sus ton peuple, ne ne le ' charge pas de toute ne de taille, se ce n'est pour ta grant nécessité.

744. Se tu as aucune mesaise de cuer, di-le tantost à ton confesseur, ou à aucun preudome qui ne soit pas pleins de vainnes paroles; si la porteras plus legierement.

745. Garde que tu aies en ta compaignie preudomes et loiaus qui ne soient pas plein de convoitise, soient religieus, soient séculier, et souvent parle à aus; et fui et eschieve la compaignie des mauvais. Escoute volontiers la parole Dieu et la retien en ton cuer ; et pourchace volentiers proieres et pardons. Aime ton preu et ton bien, et hai touz maus où que il soient.

746. Nulz ne soit si hardis devant toy que il die parole qui atraie et esmeuve à pechié ', ne qui mesdie d'autrui par derieres en detractions; ne ne seuffre que nulle vileinnie de Dieu ne de ses sains ' soit dite devant toy. Rent grâces à Dieu souvent de touz les biens que il t'a faiz, si que tu soies dignes de plus avoir.

747. A justices tenir et à droitures soies loiaus et roides à * tes songiez, sans tourner à destre ne à senestre, mais adès à ^ droit, et soustien la querelle dou povre jeusques à tant que la vérités soit dcsclairie. Et se aucuns a action ^ encontre toy, ne le croi pas * jeusques à tant que tu en saches la vérité ; car ainsi le jugeront ti conseillier plus hardiement selon vérité, pour toy ou contre toy.

748. Se tu tiens ' riens de l'autrui, ou par toy ou par tes devanciers, se c'est chose certeinne, rent-le sanz demourer; et se c'est chose douteuse, fai-le enquerre, par saiges gens, isnellement et diligenment.

749. A ce dois mettre t'entente comment tes gens et ti sougiet vivent en paiz et en droiture desouz toi. Meismement les bones villes et les communes ' de ton royaume

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