‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 322 sur 467 · CREDO · texte numérisé non relu

CREDO

u nom et en Thonneur du Père et du Fils et du Saint-Esprit, un seul Dieutout-puissant. Vous pouvez voir ci-après peints et écrits les articles de notre foi par lettres et par images , comme on peut peindre selon Thumanité de Jésusiâà Christ et selon la nôtre. Car la Divinité et la 'l'riniic et le Saint-Esprit , main d'homme ne les peutpeindre ; car c'est si grand chose, comme saint Paul et les autres saints le témoignent , qu'œil ne la peut voir , ni oreille ouïr , ni langue raconter , pour les péchés et les ordures dont nous sommes pleins et chargés en cette mortelle vie , qui nous privent de voir la clarté souveraine.

4l6 CREDO DE JOINVILLE.

771. Or disons donc que foiz est une vertuz qui fait croire fermement ce que bons ne voit ne ne sait mais que par oïr dire, ensi com nous créons nos pères et nos mères de ce que il dient que nous sûmes lor fil-, et si n'en avons autre certeinetei \ Et donc devons nous croire plus fermement que nule autre chose terriene les poinz et les articles liquel nous sont tesmongnié et enseignié de la bouche del Tout-Poissant, par tous les sainz dou viel Testament et dou novel.

772. De croire ce qu'on ne voit, me dist li rois Loys (que Diex assoille ! ) une haute parole, que li cuens de Montfort, cil qui fu pères madame de Neele, avoit dite as Albijois •. Cil dou païs vindrent à li et li distrent qu'il venist veoir le cors Nostre Signour qui estoit venuz en char et en sanc. Et il lor dist : « Alez le veoir, qui ne le « créez *, car endroit de moi , le croi-je bien desouz le pain et desouz « le vin, ausinc come sainte Eglise le m'enseigne. »

773. Et il li demandèrent que il i perderoit se il le venoit veoir-, et il lor dist que se il le véoit face à face et il le créoit , point de guerredon n'en averoit ; et dist que se il créoit ce que Diex et li saint li enseignoient, qu'il en atendoit plus grant guerredon et plus grant corone ou ciel que de toutes autres bones œuvres qu'il porroit faire en ceste mortel vie '.

774. Or véons donc que dous choses sont qu'i nous covient à nous sauver, ce est à savoir : bones euvres faire et fermement croire. En bones euvres faire , m'aprist li rois Loys que je ne feisse ne ne deisse chose , se touz li mondes le sa voit , que je ne l'osasse bien faire et dire^ et me dist que ce soffisoit à Tonor dou cors et au sauvement de Tarme '.

775. De croire fermement, me dist li rois que li enemis s'efforce tant com il puet à nous giter de ferme créance; et me enseingna que quant li enemis m'anvoieroit aucune temptacion dou sacrement de Tautel ou d'aucun autre point de la foi, que je deisse : « Enemis, « ne te vaut-, que jà, à l'aide de Dieu, de la foi crestiene tu ne

770. — (Notes de la page précédente.) ' Ms., ^jint Pou!. — - Ms., puent; le sujet ù'.v exige que le verbe soit au singulier. — 3 Ms., vioir.

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