‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 344 sur 467 · JÉSUS RESSUSCITÉ EST TOUT-PUISSANT · texte numérisé non relu

JÉSUS RESSUSCITÉ EST TOUT-PUISSANT

voudrions être délivrés^ et nous dîmes que oui, et ils le pouvaient bien savoir,

810. Et ils nous demandèrent si nous donnerions aucun des châteaux du Temple ou de l'Hôpital pour notre délivrance. Et le bon comte Pierre de Bretagne leur répondit que ce ne pouvait être, parce que les châtelains juraient sur reliques, quand on les y mettait, que pour délivrance de corps d'homme ils ne les rendraient pas. Et il nous demandèrent après si nous leur donnerions aucuns des châteaux que les barons tenaient au royaume de Jérusalem, pour notre délivrance. Et le comte de Bretagne dit que non; car les chtiteaux n'étaient pas du fief du roi de France.

811. Quand ils ouïrent cela , ils nous dirent que puisque nous ne voulions faire ni Tuh ni l'autre , ils s'en iraient, et nous amèneraient ceux qui joueraient avec nous des épées. Et le comte de Bretagne leur dit que c'était chose facile d'occire celui qu'on tient en sa prison.

812. Quand ils s'en furent allés, une grande foison de jeunes gens sarrasins entrèrent dans le clos là où l'on nous tenait prisonniers, les épées tirées, dont je pensai vraiment qu'il venaient pour nous occire*, mais non, au contraire Dieu nous envo3^a notre confort parmi eux.

81 3. Car ils amenèrent un petit homme aussi vieux, semblait-il, qu'homme pût être*, et ces jeunes gens le tenaient, semblait-il, pour fou; et ils dirent au comte de Bretagne, pour qu'ils le fissent ouïr, que c'était un des plus prudhommes de leur loi. Et alors le vieux petit homme s'appuya sur sa béquille , avec sa barbe et ses cheveux chenus, et dit au comte qu'il avait appris que les chrétiens croyaient en un Dieu qui avait été pris pour eux, battu pour eux, mis à mort pour eux , et au troisième jour était ressuscité.

814. Et tout cela le comte le lui accorda; et alors le vieil homme reprit la parole et dit : « Donc vous ne vous devez pas plaindre si vous « avez été pris pour lui, battus pour lui, blessés pour lui; car il l'ace vait été aussi pour vous , et vous n'avez pas encore souffert la mort « pour lui ainsi qu'il avait fait pour vous. » Et il nous dit après :

81 3. — 1 II n'est pas dit dans THistoire (G 337) que ce vieillard passât pour fou, ni que ce soient les jeunes Sarrasins qui aient demandé à le faire entendre.

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