II. DES FIEFS DU ROYAUME DE FRANCE
Ce paragraphe est consacré aux fiefs dont notre carte donne les limites ; on les y trouvera suivant l'ordre alphabétique et les arrière-fiefs seront mentionnés sous la rubrique des fiefs dominants. Il n'est pas plus possible pour cette partie que pour la précédente de justifier jusqu'à nos moindres conclusions. 11 nous faut être bref : nous nous bornerons donc à dire ce qui est essentiel pour constater l'existence et quelquefois l'origine de ces fiefs ; nous dirons si l'étude des documents du treizième siècle nous a permis de rapprocher ou de distinguer leurs limites de celles des divisions militaires (gouvernements et pays), judiciaires (bailliages et sénéchaussées), et financières (élections) qui représentent le plus souvent d'anciens groupes féodaux.
Agde (comté d'). — L'évêque d'Agde devint seigneur temporel d'une partie de son diocèse, le plus petit du royaume de France, lorsqu'en 1 187 le vicomte Bernard-Aton II, prit l'habit de chanoine dans l'église cathédrale à laquelle il donna la » vicomte ou comté d'Agde» et toutes ses dépendances*. Ce fief se composait, paraît-il, de la ville d'Agde et de la partie du diocèse située à la gauche de l'Hérault *; mais il fut quelque peu restreint en 1234 par la cession au roi du château de Montignac et de l'hommage de Florensac, Pomerols et Bessan''.
Albi (comté d'). — Le traité de Paris, en 1229, détacha la ville d'Albi du comté de Toulouse en attribuant au roi la partie du diocèse d'Albi située à droite du Tarn. Ce pays fut presque immédiatement inféodé à Philippe de Montfort, neveu
1 Delisle, Catalogue des actes Je Ph.-Auguste , n" 1 196. — - Brussel, Nouvel examen de l'usage général des fiefs, p. 457. — 3-4 Vaissète, Histoire générale de Languedoc, t. III, p. 71-72. Le titre de vicomte tomba en désuétude sous les évêquesqui plus tard se qualifiaient comtes. — » Ibid., t. in, preuves, col. 367.
NOTES EXPLICATIVES DES CARTES, SÔy
du célèbre Simon, à l'exception cependant de la cité. L'évêque qui, dès 12 18, avait reçu d'Amaury de Montfort, à titre d'engagement, le château vieux et tout ce que le comte possédait à Albi et aux environs*, jouissait alors de la seigneurie de cette ville dont il faisait hommage en 1254 à l'archevêque de Bourges, son métropolitain-. Il convenait donc de distinguer le temporel de l'évêque d'Albi de l'Albigeois méridional qui, dans les mains de Philippe de Montfort et de ses héritiers, devint la seigneurie, puis le comté de Castres; nous l'avons fait en adjoignant à la ville épiscopale la banlieue et l'emplacement des châteaux de Marsac et de Roffiac que l'évêque avait reçu en 12 12 de Simon de Montfort*. Il faut observer cependant que la seigneurie de Castres s'étendait sur le territoire que nous attribuons à l'évêque, car on sait que Tersac, village situé sur le Tarn entre Marsac et Albi, en faisait partie*. Cette circonstance, jointe à la preuve que Cadalen éloigné de Roffiac de deux lieues seulement dépendait aussi de la seigneurie de Castres ^ montre que nous n'avons pas resserré à tort les limites du fief épiscopal ^.
Angoulème (comté d'). — Ce comté, qui appartenait depuis 12 17 au comte de la Marche relevait directement de la couronne, même pour ses annexes du diocèse de Saintes, comme le prouve l'hommage rendu en 1 242 par le comte Hugues de Lusignan au roi ■^. Réuni à la couronne en i3o8, il ne dut pas subir d'important changement territorial dans les cinquante dernières années de son existence; aussi lui avons-nous donné à peu de chose près les Umites de la province d'Angoumois. Son territoire était, au treizième siècle, bien différent de celui de l'évêché auquel il était sans doute identique à l'origine. Ainsi, les comtes d' Angoulème avaient étendu leur pouvoir au nord, sur le diocèse de Poitiers où, dès la première moitié du douzième siècle, ils comptaient le seigneur de Verteuil parmi leurs vassaux^; à l'est, sur le diocèse de Limoges; au sud sur celui de Périgueux, où ils possédaient les châteaux de Villebois et d' Aubeterre "^ ; à l'ouest, sur celui de Saintes, dont dépendaient leurs seigneuries de Cognac, Jarnac et Merpins '**. Nous nous sommes quelque peu écarté des limites de l'Angoumois à l'ouest, afin de comprendre dans le comté la seigneurie d'Archiac possédée par les comtes d'Angoulême depuis le onzième siècle".
Anjou (comté d'). — L'Anjou et le Maine , confisqués en 1 2o3 par Philippe-Auguste sur le roi d'Angleterre, furent désignés par le testament de Louis VIII (122 5) comme devant appartenir à [Jean], son troisième fils '-. Charles, le plus jeune des frères de saint Louis, substitué à ce prince, mort en 1 236, reçut en 1246 l'investiture de ces comtés ". Le roi se réserva à cette époque Loudun et l'abbaye de Fontevrault **, ou pour mieux dire il détacha de l'Anjou la partie du diocèse de Poitiers qui y avait été unie au temps de Foulques Nerra.
1 Gallia christiana, t. I, c. 16. — ^ Ibid., Instrumenta, p. 8. — 3 IbiJ., Instrum., p. 10.— 4-1 Accord de i3i5 ciié par Dom Vaissète, Hist. gên. de Languedoc, t. IV, p. iSy. — •! On peut voir aussi par Dom Vaissète (t. IV, p. iSg et 187) que Lombers et le Lomberois étaient regardés au XIII« siècle par les seigneurs de Castres comme une annexe de leur seigneurie. — 7 Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 477. — * Art de vérifier les dates, t. II, p. 379. — 9-10 Teulet, Layettes du Trésor des chartes, X. II, p. 477. — H Archiacque le mariage du comte Geoffroy Taillefer et de Perronelle d'Archiac unit au comté d'Angoulême {Art. de vérifier les dates, t. II, p. 377) fut légué par 1249 par Hugues de Lusignan avec les terres de Cognac et de Merpins à son second fils Guy, tandis que Jarnac devenait le partage de Geoffroy, frère cadet de Guy (Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 499). — i-. Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 54. — 13 Art de vérifier les dates, t. Il, p. 857. — 14 D'Achery, SpicHegium. édition in-4'', t. XI, p. 372-373.
Le comté de Vendôme, mouvant du comté d'Anjou, s'étendait sur les deux diocèses de Chartres et du Mans ; sa circonscription nous a été conservée dans celle du Vendômois. L'union de Troo à ce comté date probablement du milieu du treizième siècle, car cette terre, comprise en 1200 dans le douaire assigné à Isabelle d'Angoulême, reine d'Angleterre', appartenait en 1268 au comte de Vendôme qui, en 1270, reconnut la tenir du comte d'Anjou à la charge d'un seul hommage pour tous ses fiefs relevant de ce prince '. Armagnac (comté d'). — Sous le comté de Toulouse.
Artois (comté d'). — Le nom d'Artois n'apparaît pas dans la géographie politique de la France avant le début du treizième siècle; il fut attribué à cette époque aux terres que Philippe d'Alsace , comte de Flandre , démembra de son comté pour les donner en dot à sa nièce, Isabelle de Hainaut, première femme de Philippe-Auguste. Louis VIII , fils d'Isabelle de Hainaut, légua ces terres, par son testament, à son second fils Robert * qui en fut investi en 1287 ••. Le domaine du comte se composait alors de Saint- Omer, Aire, Lens, Arras, Bapaume et Hesdin ^. Parmi les fiefs soumis au comté d'Artois, on distinguait les comtés de Boulogne, de Guines et de Saint-Pol.
Le comté de Boulogne passa en 12 12 aux mains du prince Louis, possesseur de l'Artois, lorsque son vassal, le comte Renaud, se fut allié avec les Anglais, et ce prince le gouverna pendant la minorité de son frère Philippe Hurepel qui devait épouser Mahaut , fille unique de Renaud ". Calais , séparé du comté de Boulogne par les États du comte de Guines, formait avec la contrée voisine (le pays de Marck) une enclave du comté et fut cédé en 1260 par Robert VI, comte d'Auvergne et de Boulogne, à Mahaut de Brabant, comtesse d'Artois , l'une des héritières de la veuve de Philippe Hurepel ^.
La limite du comté de Guines, auquel Arnoul II unit à son avènement (1206) la baronnie d'Ardres qu'il possédait du chef de sa mère. Chrétienne d'Ardres, est suffisamment connue grâce à un consciencieux mémoire géographique de feu M. Courtois'. Nous remarquerons que, dans les deux cartes qui accompagnent l'excellente édition de Lambert d'Ardres donnée par M. de Godefroy-Ménilglaise '", on a placé hors du comté de Guines la châtellenie de l'Angle, qui en faisait cependant partie comme le prouve l'hommage rendu en 1248 par Arnoul III au comte d'Artois".
Le comté de Saint-Pol ne paraît pouvoir être considéré que comme un arrièrefief du comté d'Artois. Il résulte, en effet, des recherches du savant Dupuy que ce comté relevait de celui de Boulogne '-. Nous avons tracé les limites du comté de
1 Amplissima collectio, t. I, c. io32. — - Thésaurus novus anecdotorum, t. II, c. 619. — 3 Art de vérifier les dates, t. II, p. 816. — ^ Teulet, Layettes du Trésor des charte», t. II, p. 54. — 3-6 Ibid., t. II, p. 349. — 7 Le Nain de Tillemont , Histoire de saint Louis, t. I , p. 16. — 8 Art de vérifier les dates, t. II, p. 767. L'inféodation du pays de Marck aux comtes de Boulogne remonterait au IX« siècle {Ibid.,\.. II, p. 760). — 9 Ce mémoire, intitulé Topographie du comté de Guines, occupe les pages 5o5 à 5 16 de l'édition de Lambert d'Ardres de M. de Godefroy-Ménilglaise. — 10 L'une de ces cartes est spécialement consacrée à la représentation du comté de Guines au XIII« siècle. — n Art de vérifier les dates, t, II, p. 788. — 12 " De la mouvance du comté de Saint-Pol » dans Les droits du Roy, de Dupuy, p. 3i 1-338. Cf. dans Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne (tome I, p. 99), la mention d'un jugement de i32i établissant ce fait.
Saint-Pol d'après la carte de la Flandre vers l'an 1 3oo, qui accompagne le premier volume de V Histoire de la Flandre, de Warnkoenig, traduite par Ghcldolf.
AsTARAc (comté d'j. — Sous le comté de Toulouse.
AuMALE (comté d'). — Aumale appartenait au onzième siècle à l'archevêché de Rouen et fut donné vers 1066 à Eudes de Champagne, qui en fut le premier comte, sous la condition de porter la bannière archiépiscopale et de servir le prélat à la guerre avec dix chevaliers ^ La « carte des comtés et duché-pairies d'Eu et d'Aumale », par Estancelin, porte les limites du comté d' Aumale, tel qu'il subsistait au siècle dernier ^.
Auvergne (terre et comté d'). — Sous le comté de Poitiers.
AuxERRE (comté d'). — L'union de ce fief aux comtés voisins de Nevers et de Tonnerre n'était pas encore dissoute à l'époque que nous voulons représenter. Le comté d'Auxerre, dont les limites se sont conservées jusqu'à la Révolution dans celles d'un enclave du gouvernement de Bourgogne, relevait du roi en grande partie ; mais le comte rendait hommage à l'évêquepource qu'il avait à Auxerre même et aux environs ^, au duc de Bourgogne pour un fief situé au-delà du pont *, et au comte de Champage pour Mailly ^
BÉARN (vicomte d') . — Sous le duché de Guyenne.
Beaujeu (seigneurie de). — On peut conclure de nombreuses pièces du treizième siècle, publiées par feu Huillard-Bréholles, que la circonscription de cette seigneurie ne différait guère de celle du Beaujolais au dernier siècle. Le sire de Beaujeu tenait quelques membres importants de sa seigneurie (Belleville, Thel, Ferreux, Lay, Thizy) du duc de Bourgogne ^ dont les États étaient cependant séparés du Beaujolais par le comté de Mâcon. Il était également vassal du comte de Forez pour Chamelet, Amplepuis et Joux'', mais Beaujeu était sans doute tenu directement du roi.
Beauvais (comte de). — La possession du comté par les prélats de cette ville date de loi 5* ; l'évêque Roger, qui l'avait reçu du comté de Blois en échange du château de Sancerre, le donna à son église. Sa circonscription paraît s'être conservée jusqu'à la Révolution dans celle du bailliage de Beauvais qui n'est pas ellemême sans offrir quelques rapports avec la circonscription de l'élection.
BiGORRE (comté de). — Sous le duché de Guyenne.
Blois (comté de). — On aurait tort de vouloir assimiler le comté de Blois du moyen âge au groupe que formerait le Blésois, le Dunois et le pays chartrain des derniers siècles sous le prétexte que ce fief important comprenait les comtés de Blois et de Chartres ainsi que la vicomte de Châteaudun. A l'époque de saint Louis, Nogent-le-Roi , connu alors sous le nom de Nogent-l'Erembert, n'appartenait plus au pays chartrain : Gautier, comte de Blois , et Marguerite , sa femme , l'avaient cédé dès 12 18 à Philippe- Auguste ', et on possède un dénombrement de vassaux
1 Art de vérifier les dates, t. II, p. 790. — 2 Cette carte se trouve dans le cinquième volume (Archives nationales, KK 1092 ) des A/e;«o/res d'Estancelin sur les comtés et duché-pairies d'Eu et d' Aumale. — 3-4 Dom Plancher, Histoire générale et partie, de Bourgogne, X. II, p. 121 et 122. — s D'Arbois de Jubainville, Catalogue des actes des comtes de Champagne, n"' 680, 746 et 862. — 6 Voyez un acte de 1202 dans Pérard, Recueil de pièces, p. 270, et un autre de 1277 dans Huillard-Bréholles, Inventaire des titres de la maison de Bourbon, t. I, p. 116.— 7 Huillard-Bréholles, Invetitaire des titres de la maison de Bourbon, t. I, p. 22 et io5. — 8 Clironicon Alber;a,anno loib.— ^lieUsle, Catalogue des actes de Philippe-.iuguste, n°' i865, 1870-1872 et 1891.
JOINVII.LE. — 72
du roi dans celte châtellenie d'une date peu postérieure^ En revanche le comté s'étendait en Touraine par Château-Renault, dont la seigneurie échut par mariage au comte Thibaut V, et dans l'Orléanais par Baugency, dont les comtes perdirent la mouvance en 1291, lors de l'acquisition de ce fief par Philippe le Bel-. Au midi, le comté de Blois comprenait quelques parcelles du Berry et on peut retrouver ses limites dans celles du bailliage de Blois, car en i362 le roi Jean enleva au bailliage de Bourges les seigneuries de Saint-Aignan, de Selles-sur- Cher et de Valençay * qui relevaient du comté de Blois et un arrêt en détacha aussi au quinzième siècle les autres dépendances de cetÉtat^ Il faut encore joindre au comté de Blois du treizième siècle Vierzon^ qui, dans les derniers temps de l'ancien régime, était le siège d'un bailliage particulier.
Boulogne (comté de). — Sous le comté d'ARTOis.
Bourbon (seigneurie de). — M. A. Chazaud constate dans son savant travail sur les sires de Bourbon que ce fief avait à peu près atteint dès le onzième siècle les bornes de la future province de Bourbonnais ^. Au milieu du treizième siècle, la seigneurie de Bourbon s'étendait même hors de cette province par la châtellenie de Montaigu qui, de même que celle de Montluçon, était tenue en fief du comte Alphonse de Poitiers, possesseur de l'Auvergne % et par Cusset, fief relevant de l'évêché de Nevers *. Nous avons donc joint au Bourbonnais la circonscription des bailliages de Montaigu et de Cusset , mais en revanche nous lui avons enlevé au nord-est, Sancoins, châtellenie royale^, et, au sud, Vichy, siège d'une des baylies du comte Alphonse *". Un acte de 1241, en nous présentant Archambaud de Saint- Gérand comme vassal du sire de Bourbon pour Châteldon", prouve qu'au sudest la limite du Bourbonnais et de l'Auvergne n'a pas varié depuis cette époque. Au nord-est, le Bourbonnais s'était complété en 12 28 par le fief de Charenton , fief relevant du comte de Blois'-, et dont dépendaient Brière, Orval, Épineuil et Meillant '*. — Le roi, le comte de Poitiers, le comte de Blois et l'évêque de Nevers n'étaient pas les seuls suzerains du sire de Bourbon; ce seigneur tenait aussi quelques fiefs de l'archevêque de Bourges ''• et de l'évêque de Clermont '^.
Bourgogne (duché de). — Un précieux document, le testament du duc Hugues IV, en date de 1271 "^, nous a utilement servi, comparé à d'autres pièces antérieures , pour la confection de notre carte , car les différentes châtellenies ducales y sont énumérées. Hugues IV n'était pas seulement vassal du roi de France : il rendait hommage à l'évêque de Chalon pour Chalon, Brancion, et Verdun", et à
1 Recueil des historiens de France, t. XXIII, p. 626-628. — - Bernier, Histoire de Blois, p. 254-255, — 3 Ordonnances des rois de France, t. III, p. 607. — 4 Raynal, Histoire du Berry, t. I, p. 53. — ^ Feoda Campanie , n" 249. D'Arbois de Jubainville, Hist. des ducs et des comtes de Champagne, t. IV, p. i3i. — c Chazaud, Etude sur la chronologie des strcs de Bourbon, p. i3o. — 7 Archives nationales, JJ 11, f°. 24 r». — * Chazaud, Etude sur la chronologie des sires de Bourbon, p. i38. — 9 Compte de 1248 dans le Recueil des historiens de France, t. XXI, p. 268. — 10 Boutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. lyS. — n Huillard-Bréholles, Inventaire des titres de la maison de Bourbon, t. I, p. 11.— 1^ Ibid., t. I, p. 2g. — ^'-^ Raynal , Histoire du Berry, t. II, p. 58. — '4 Chazaud, Etude sur la chronologie des sires de Bourbon, p. ,38. — 15 Huillard-Bréholles, Inventaire des titres de la maison de Bourbon, t. I, p. 109. — IB II se trouve imprimé chez Dom Plancher, H/xf. gén. et partie, de Bourgogne, t. II, pr. p.xxxv- XXVII. — 1'' Ibid., t. II; preuves, p. xxxii. Brancion, qui était compris au siècle dernier dans le bailliage de Màcon ne faisait donc pas partie du comté de Mâcon au XIII» siècle; aussi l'avons-nous placé dans le duché de Bourgogne.
NOTES EXPLICATIVES DES CARTES. Sjl
l'évêque de Laiigres pour Châtillon-sur-Seine et Montbard '. Il tenait aussi de l'Empereur plusieurs terres, parmi lesquelles on remarque le fief d'Auxonne, qui relevait déjà du duc en 1 197 - et dont la possession directe fut acquise en 1237 par Hugues IV^, Château-Chalon , Louhans et autres lieux du diocèse de Besançon pour lesquels Jean de Chalon, comte de Bourgogne, faisait hommage au duc en 12 52 *. En 1259, les États du duc s'étendaient peu sur la partie du diocèse de Chalon située audelà de la Saône et dépendant de l'Empire ; c'est surtout dans la seconde moitié du treizième siècle que les ducs acquirent la mouvance ou la propriété de ces fiefs qui furent unis au bailliage de Chalon'. Le comté de Chalon, lui-même, bien que compris dans le royaume de France, était une acquisition récente de Hugues IV, qui l'avait reçu, ainsi que le fief d'Auxonne, de Jean de Chalon, en échange de plusieurs seigneuries de Franche-Comté *.
Bretagne (comté de). — On ne peut signaler aucune différence entre les limites du comté au milieu du treizième siècle et celles de la province en 178g. La grande féodalité avait été singulièrement abaissée en Bretagne par le comte Pierre Mauclerc ; aussi ne trouvons-nous en 1259 que les trois comtés de Goello, de Lamballe et de Léon qui nous parussent dignes de figurer sur la carte.
Le comté de Goello était un débris de la puissance d'une branche cadette des anciens comtes de Bretagne et appartenait à Henri d'Avaugour, fils d'Alain, comte de Tréguier : Henri, dont l'héritage se composait de la majeure partie des diocèses de Tréguier et de Saint-Brieuc'', fut dépouillé par Pierre Mauclerc, qui ne lui laissa que les châtellenies de Châtelaudren et de Quintin. La circonscription de ces deux chàtellenies, qui composaient le comté de Goello nous est fournie par un travail de M. A. de Barthélémy ^
Le comté de Lamballe, que Pierre Mauclerc donna vers i235 à sa fille Yolande; en la mariant à Hugues de Lusignan, était formé des châtellenies de Lamballe et de Montcontour, c'est-à-dire de l'ancien comté de Penthièvre dont on avait retranché Jugon*. C'est encore aux travaux de M. A. de Barthélémy que nous devons d'avoir pu indiquer les limites du com.té de Lamballe '**.
Le comté ou vicomte de Léon avait été confisqué en 1178 sur Guyomar, après la mort duquel (i 179) le comte de Bretagne le restitua à ses fils, Morlaix excepté". Il paraît, d'après une enquête de i235, qu'avant la confiscation ce fief s'étendait jusqu'à Lannion'^, c'est-à-dire qu'il comprenait, en dehors du diocèse de Léon, l'archidiaconé de Plougastel du diocèse de Tréguier. On peut agiter la question de sa-
1 Art de vérifier les dates, t. II, p. 5o6. — 2 Ibid., t. II, p. 504. — 3 Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 347. — -4 Dom Plancher, Histoire générale et particulière du duché de Bourgogne, t. II, pr. p. xix. — 5 Voyez une consciencieuse énumération de ces acquisitions dans Courtépée, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, 2"= édition, t. III, p. 241. — 6 Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 347. — "^ Dom Morice, Histoire de Bretagne, preuves, t. I, c. 888. — s a. de Barthélémy, Mélanges archéologiques sur la Bretagne, i'^' fascicule, p. 52-53. M. de Barthélémy observe (p. 71) qu'Avaugour était situé dans la partie de la paroisse de Plésidy dépendant du Goello. — 9 « Eodem tempore « (i236) data et atournata fuit Penthevria, excepto Jugonio, Hugoni filio comitis de Marie chia,cum lilia Pétri comitis totius Britannie » {Chronicon britannicum , apud Morice, preuves, t. I, c. m ). — 10 Voyez pour la châtellenie de Lamballe, les Mélanges archéol. sur la Bretagne, 2« série, i^' fascicule, p. i23, et, pour la châtellenie de Montcontour, le même ouvrage, !'■'= série, 1'='' fasc, p. 46-47. — n Dom Morice, Histoire de Bretagne, t. I, p. 114. — 12 ifid. t. I, p. 168.
voir si l'archidiaconé du Faou, au diocèse de Quimper, n'en dépendait pas également, car l'enquête de i235, d'une part, constate qu'Hervé de Léon, seigneur de Châteauneuf-du-Faou, devait tenir son fief du comte Guyomar VII [deLéon], comme juveigneur^, et^ d'autre part, le vicomte du Faou est compté en 1294 parmi les vassaux du duc de Bretagne dans le bailliage de Léon^. Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas cru pouvoir assigner à cet Etat féodal, en 1259, des limites plus vastes que celles de l'évéché. A cette date, le comté de Léon était sur son déclin; vingt ans auparavant (1240), Hervé III avait cédé au comte de Bretagne la ville, le château et le port de Brest ^, sans aucune banlieue cependant*. En 1274, Hervé IV vendit à son suzerain les coutumes et le péage de Saint-Mahé ^, et mourait trois ans après ayant successivement engagé tous ses domaines au comte de Bretagne''.
Le comté de Por/îoéV partagé en 1241 entre les trois fils du comte Eudes, mort dix ans auparavant , ne comprenait plus qu'un territoire très-restreint entre Loudéac et Josselin qui en était chef-lieu''; cette considération nous a empêché de le figurer sur notre carte.
Brienne (comté de). — Sous le comté de Champagne.
Cahors (comté de). — Ce comté date de la guerre des Albigeois. C'est en juin 1 2 1 1 que Simon de Montfort le donna à l'évêque Guillaume de Cardalhac pour être tenu en fief de lui; cependant, au mois d'octobre suivant, le prélat en faisait hommage au roi*. En 12 15, l'évêque était aussi possesseur du château de Pestilhac, pour lequel il se reconnut vassal de Simon *, et il acquit quelques années plus tard les châteaux de Puy-l'Evêque et de Luzech ^*^. Le traité de 1229, qui laissait au comte de Toulouse , Raymond VII, le diocèse de Cahors sauf la ville épiscopale et les fiefs relevant du roi en i223 '•, plaça définitivement l'évêque sous la suzeraineté du roi de France. Le comté de Cahors n'entra pas dans la mouvance du duché de Guyenne à la suite du traité d'Abbeville ( 12 58), car quelques mois après la conclusion des préliminaires de paix, saint Louis s'engageait de n'en jamais mettre l'hommage hors de sa main'^. Nous manquons de notions certaines sur l'étendue de ce fief**, mais si l'on considère que Cahors, Pestilhac et Luzech étaient chefs-lieux de trois des archiprêtrés du diocèse de Cahors et que Puyl'Evêque dépendait de celui de Pestilhac, on sera porté à l'identifier, jusqu'à plus ample informé, avec ces trois circonscriptions ecclésiastiques.
1 MoricQ, Hist. de Bretagne, t. I, p. 168. — 2 IbiJ.; pr., t. I, p. c. 1 1 14. —3ItU.; c. 921. — 4 Ce fait paraît ressortir, non-seulement des termes de la cession, mais aussi d'une autre pièce de 1274 par laquelle Hervé IV donna au comte de Bretagne un lieu quelconque pour construire un moulin dans la terre du vicomte de Léon et près de Brest ( « situm seu locum ad faciendum « molina in terra nostra circa villam de Brest ubi dicto duci videbitur » (Morice, Hist.de Bretagne; preuves, t. I, c. io3i). — ^ Ibid.; preuves, t. I, c. 10^7. — 6 Ogée, Dictionnaire hist. et géogr. de la province de Bretagne, nouv. édition, t. II, p. 857. Suivant cet auteur, Hervé IV aurait aussi vendu, dans les dernières années de sa vie, Saint-Renan et le Conquet. — 7 Cela paraît du moins ressortir de l'acte de partage publié par Dom Morice, Hist. de Bretagne; pr., t. I, c. 920. — 8 Vaissète, Histoire gén. de Languedoc, t. III, p. 214. — 9 Ibid., t. III, p. 26S. —
10 Lacroix, Séries et acta episcoporiun Cadiircensium, p. 90. — n « Episcopatum autem Caturcen-
11 sem dimittit nobis (Raymundo) rex, excepta civitate Caturcensi et feodis et aliis que habuit in 0 eodem episcopatu rex Philippus, avusejus, tempore mortis sue «(Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, t. III, preuves, col. 353). — 12 Lacroix , Séries et acta episcoporiun Cadurcensiîan, p. 122. En i3o6, l'évêque Raymond Pauchel associa le roi, par pariage, à tous ses droits {Ibid , p. 161 et ss.). — 13 M. Périé ( Histoire politique, religieuse cl littéraire du Qiiercy, t. I, p. 627 ) dit qu'il contenait quarante-six villes, bourgs et châteaux.
NOTES EXPLICATIVES DES CARTES. SjS
Castres ("seigneurie de). — Tel est le nom que porta le fief pour lequel Philippe de Montfort faisait hommage au roi dès 1229 et qui comprenait toute la partie de l'Albigeois située au delà du Tarn, à l'exception de la cité d'Albin Nous avons tenté plus haut (à l'article Albi) de justifier la limite que nous avons donnée à la seigneurie de Castres vers Albi.
Chalons (comté de). — On croit généralement que la possession du comté de Chàlons par les évéques de cette ville remonte à l'avènement de la troisième race ".
11 est difficile d'établir avecprécision les limites dececomté au treizième siècle et nous avons dû combiner, pour arriver à un résultat à peu près convenable, les précieuses indications que renferme le livre de M. Ed. de Barthélémy sur l'ancien diocèse de Châlons^ avec notre connaissance spéciale de la géographie du comté de Champagne.
Champagne (comté de). — Les importants documents de géographie féodale publiés dans le livre de M. d'Arbois de Jubainville '* nous dispensent d'entrer ici dans des explications sur les limites du comté de Champagne. Nous nous contenterons de rappeler que le comte tenait plusieurs fiefs de l'Empereur dans les parties orientales des diocèses de Reims et de Chalons, ainsi que dans le diocèse de Toul *, et nous dirons quelques mots des six comtés relevant au milieu du treizième siècle du comté de Champagne.
Le comté de Brienne , sur lequel on consultera utilement le Catalogue d actes des comtes de Brienne Y>^hX\é récemment par M. d'Arbois de Jubainville^, ne s'étendait pas en 1 2 Sg, sur tout le doyenné de Brienne, au diocèse de Troyes. Le doyenné comprenait en effet, au nord, Pougy, qui relevait directement du comte de Champagne"'; à l'ouest, Onjon, que les comtes de Brienne possédèrent jusqu'en i25o *; au sud-ouest, plusieurs paroisses de la chàtellenie de Bar-sur-Aube; au sud-est, Villesur-Terre que le défaut d'hommage fit saisir en i2 5o, ainsi qu'Onjon et Luyères, sur le comte de Brienne*; enfin, à l'ouest, Soulaines et quelques villages voisins formant alors une prévôté du comté de Champagne^".
Le comté de Grandpré, suivant l'hommage rendu en 12 16 au comte de Champagne , se composait des chàtellenies de Grandpré et de Buzancy, et des fiefs de Cernay etd'Autry ^^
Le comté de Joigny. — Le fief que le comte de Joigny tenait du comte de Champagne comprenait en 1201 les chàtellenies de Joigny, Césy, la Ferté-Loupière et Château-Renard^-; mais ce dernier fief ne faisait pas corps avec le reste du comté dont l'élection de Joigny peut nous offrir une image assez ressemblante. Il faut cependant observer que certaines paroisses du sud-ouest de cette division financière (Charny, Malicorne, Champignelles , Villeneuve-les-Genéts et Tannerre) auraient fait partie des domaines de la maison des Courtenay '*.
1 Vaissète, Hist. gàn. de Languedoc, t. III ; p. 378. — 3 E. de Barthélémy, Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne, t. I, p. 33. — 3 Voyez surtout (tome I, p. 267-270) un résumé des actes d'hommage rendus au comte-évêque de Chalons au XI V= et au XV' siècles. — '^ Histoire des ducs et des comtes de Champagne, t. II, p. ii-cxxxviii, et tome VII (Livre des vassaux du comtéde Champagne et de Brie). — « Voyez plus haut p. 562. — 6 Paris, 1872, une brochure in-8" de 48 pages (extrait du tome XXXIII de la Bibliothèque de l'École des chartes). — 7 Feoda Campanie, n" 3oi . — t^-» Catalogue d'actes des comtes de Brienne, n" 176. — 10 Feoda Campante, n"" 655 et 710. — 11 D'.\rbois de Jubainville, Catalogue des actes des comtes de Champagne, n" ioi8. —
12 Feoda Campante, n" 257. — 13 Quantin , Cartulaire du dép. de l'Yonne, t. Il, p. lxxiii.
Le comté de Porcien ne comprenait qu'une faible partie de l'ancien pagiis ou comitatiis Porcensis dont les seigneuries de Rethel ', Chaumont ^ et Rumigny ^ faisaient jadis partie. On possède une liste de villages du comté de Porcien , en 1400* : à cette date le comté se composait dedeux groupes non limitrophes; c'étaient les châtellenies de Château-Porcienet de Montcornet ^. Les comtes de Champagne reportaient l'hommage de Château-Porcien à l'archevêque de Reims *.
Le comté de Rethel était formé en 1259 des châtellenies de Château-Regnauld , Mézières, Donchery, Raucourt , Omont, Rethel, le Châtelet et Bourcq''. Bien que Château-Regnauld et Mézières ne soient pas attribués à l'Empire dans des documents du quatorzième siècle , malgré leur situation sur la rive droite de la Meuse , nous n'avons osé les renfermer au treizième siècle dans les limites du royaume. Donchery, dont la situation topographique est la même, a dû cependant y être compris, car il ne paraît pas avoir cessé de faire partie de la France*; Raucourt, au contraii-e, quoique situé en deçà de la Meuse, appartenait certainement à l'Empire au treizième siècle. La circonscription du comté de Rethel paraît avoir subi peu de changements postérieurement à l'époque qui nous occupe'; elle fut adoptée plus tard pour l'élection de Rethel dont nous n'avons pu reproduire les enclaves et les circonvolutions de limites en raison de la petite dimension de notre carte.
Le chef-lieu du comté de Roiicy relevait du comte de Champagne, mais, la plus grande partie de ses annexes mouvant de l'évêché de Laon , nous avons cru devoir traiter ce fîef séparément '^.
Clermont (évêché de). — L'évêque de Clermont devint seigneur de cette ville, au début du treizième siècle , à la suite d'une transaction avec le comte d'Auvergne " ; il relevait directement du roi , comme l'établit un arrêt du Parlement contre le comte Alphonse de Poitiers qui, se taxant du testament du roi Louis VIII son père, voulait que « toute l'Auvergne » reconnût sa suzeraineté . Les fiefs du prélat, épars dans son immense diocèse ^^, formaient cependant deux groupes principaux dans le voisinage de Clermont. L'un, situé à l'ouest de l'Allier, ne dé-
1 Rethel , qui devint de bonne heure le chef-lieu d'un comté particulier, faisait originairement partie du Porcien; c'est du moins la conclusion qu'on doit tirer de notre mémoire sur \t pagus Porcensis {Etudes sur les pagi, 2"= partie, p. 63-86.) — - Chaumont-Porcien et sa châtellenie furent placés en 1220 sous l'hommage du comte de Champagne parleur seigneur, qui auparavant les tenait en alleu (D'Arbois. Catal. des actes des comtes de Champagne, n" i3o7). — 3 Rumigny relevait déjà directement du comtede Champagne en 1201 {Feoda Campante, n" 35o). — 4 Voyez cette liste, établie d'après un registre des Archives Nationales, chiizLongnon, Etudes sur les pays de la Gaule, 2"^ partie, p. 84-85. — « L'éloignement de Montcornet nous a contraint de n'attribuer qu'à la châtellenie de Château-Porcien le nom de ce comté. — 6 Varin, Archives admin. delà ville de Reims, t. I , p. 383. — "^ Ces renseignements sont empruntés aux actes analysés dans la Notice sur le cartulaire du comte de Rethel, de M. Delisle. — ** Le roi Henri i"' le confisqua vers io38 sur Etienne II, comte de Troyes, pour le donnera Gothelon, duc de Lorraine (D'Arbois, Histoire des ducs et des comtes de Champagne, t. 1 , p. 358). — 'J Elle perdit cependant Raucourt qui, par conséquent, ne lit pas partie de l'élection de Rethel. — lu Voyez plus loin au mot RoucY. — n On prétendit au XVI"= siècle que Clermont avait été confié, en 1202 à l'évêque Robert par son frère, le comte Guy II : Catherine de Médicis, comtesse d'Auvergne, en réclama donc la propriété qui lui fut adjugée par arrêt du 29 avril i55i (Chabrol, Coutumes générales et locales de l'Auvergne, t. I, p. xvii ).— 12 Voyez cet arrêt chez Eoutaric, Saint Louis et Alfonsc de Poitiers, p. 57, note 2.
NOTES EXPLICATIVES DES CARTES. SyS
passait pas au nord Pontgibaud et Clermont', mais il comptait plus de six lieues d'étendue dans la direction du midi : parmi ses principales localités on doit remarquer Chamalières, Pontgibaud , Aydat, Aurières et Champeix tenus en fief de l'évêque par le dauphin d'Auvergne qui , au treizième siècle , se qualifiait « comte de Clermont*». Le second groupe se composait, entre autres possessions, de Vertaizon adjugé en i2o5 par Philippe-Auguste à l'évêque Robert', de Montmorin, de Mauzun (au sud-est et à l'est de Billom), de Lezoux et de Dalet (sur l'Allier, à l'ouest de Vertaizon), fiefs dont le roi gratifia le même prélat en 1207 et en 12 12*; il comprenait, en outre, la vallée de la Dore, entre Thiers et 01liergues, car c'est là que se trouvaient les fiefs pour lesquels le comte de Forez rendait hommage à l'évêque de Clermont ^.
CoMMiNGES (comté de). — Sous le comté de Toulouse.
CoucY (seigneurie de). — Au commencement du règne de Philippe-Auguste, le sire de Coucy possédait déjà Coucy, la Fère, Marie et Vervins ® ; mais Marie et Vervins n'étant pas limitrophes des deux autres chàtellenies , nous avons dû attribuer sur notre carte le nom de seigneurie de Coucy aux seules chàtellenies de Coucy et de la Fère dont les Hmites se conservaient au dix-huitième siècle dans celles des bailliages de mêmes noms. Nous avons joint cependant à ces territoires Quierzy-sur-Oise que le sire de Coucy tenait en fief de l'évêque de Noyon ".
Dammartin (comté de). — Les limites de ce fief , confisqué en i2i4par le comte Renaud et rendu en 1223 à Philippe Hurepel , fils de Philippe-Auguste et gendre de Renaud * , ont été tracées à l'aide de quelques indications données par Dupuy^ et des renseignements que l'on possède sur la composition du domaine royal et du comté de Champagne.
Dreux ( comté de). — Ce comté microscopique, donné par Louis VI à l'un de ses fils puinés, était loin de représenter V ancien pagu s Dorcassinus. Il était borné au nord par la châtellenie royale d'Anet , à l'est par le comté de Montfort, au sud par la châtellenie royale de Nogent-l'Erembert, au sud-ouest par le comté du Perche alors uni à la couronne , à l'ouest par la seigneurie de Nonancourt : ces indices nous ont invité à le considérer comme identique au bailliage de Dreux, tel qu'il subsistait au dernier siècle.
Eu (comté d'). — En 12 19, la comtesse Alix céda au roi les chàtellenies d'Arqués, de Driencourt (aujourd'hui Neufchâtel-en-Bray) et de Mortemer '": la circonscription du comté d'Eu, telle que la donne la carte d'Estancelin", paraît donc remonter à cette date.
Fezensaguet (vicomte de). — Sous le comté de Toulouse.
1 Montferrand, ville unie depuis longtemps déjà à Clermont, relevait du comte Alphonse. — 2 Baluze , Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, t. II, p. 266. — •' L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n" Sgj^. — '' Ibid., n"' io36 et iSyô. — 5 Ces fiefs étaient Meymont (comm. d'OUiergues), la Farge (comm. de Courpière), Vollore, et Maubec {comm. d'Ecoutoux) ( Huillard-Bréholles, Inventaire des titres de la maison de Bourbon, t. I, p. 70 ). — 6 dsleberti Chronicon Hanoniense, apud Pertz, t. XXI, p. Sog. — ^ CoUiette, Mémoires pour servir à l'histoire du Vermandois, t. II, p. 597. — 8 L. Delisle, Recherches sur les comtes de Dammartin, p. 2. C'est donc de 1214 à i223 que fut rédigée la liste des feudataires de la châtellenie de Dammartin inscrite dans les registres de Philippe-Auguste {Recueil des historiens de France, t. XXm, p. 689). — 9 Les droits du Roy, p. 800. — 10 Delisle, Catal. des actes de Philippe- Auguste, n" 800. — 11 Nous avons déjà parlé de cette carte à propos du comté d'Aumale.
SyÔ ÉCLAIRCISSEMENTS.
Flandre (comté de). — C'est en 12 12 que, par suite de la restitution d'Aire et de Saint-Omer au prince Louis de France • , la limite occidentale de la Flandre fut définitivement fixée et l'Artois constitué. La limite orientale de ce comté était différente de celle du royaume de France, car le comte de Flandre tenait de l'Empereur les îles de Zeelande, les Quatre-Métiers , la terre de Waes, le comté d'Alost et Grammont ; ces contrées avaient été conquises par le comte Baudouin V en io56, lors de sa guerre contre l'Empereur^. Les traités conclus en 1257 entre les fils de la comtesse Marguerite nous apprennent qu'à cette date le comté de Flandre s'étendait aussi au sud, sur les terres d'Empire, par les fiefs de Crévecœur et d'Arleux et la châtellenie de Bouchain ou l'Ostrevant^.
Foix ( comté de). — Le comte de Foix, autrefois vassal du comte de Toulouse, pour ce qu'il tenait au-dessus du Pas de la Barre*, releva directement de la couronne à la suite de la révolte de Raymond VII, comte de Toulouse (1242 ) ^. Deux documents précieux pour une reconstitution précise des limites du comté de Foix ont été publiés par Dom Vaissète; ce sont l'aveu rendu au roi en i263 par le comte Roger-Bernard III '^ et un accord sur la limite commune du comté de Foix et de la seigneurie de Mirepoix en date de 1295 ''.
Forez (comté de). — La plus ancienne pièce constatant des rapports de suzerain à vassal entre le roi et le comte de Forez est un acte d'hommage de 1 167 par lequel Guy III déclare tenir du roi les châteaux de Montbrison et de Monsupt et mettre en sa mouvance ceux de Montarcher, Saint- Chamond , la Tour-en- Jarez et Chamousset ; le roi lui cède en même temps les châteaux de Marsilly , Donzy, Cleppé, Saint-Priest, Lavieu et Saint-Romaine Six ans plus tard, le même comte conclut avec Guichard, archevêque de Lyon , un accord par lequel il lui céda, par voie d'échange, certains fiefs compris dans le comté de Lyonnais® : Guy III devint par cette convention vassal de l'archevêque pour certaines terres parmi lesquelles Saint-Priest, Chambost,Poncin et Nervieux'". C'est à cette date queparaît remonter la limite orientale du Forez, c'est-à-dire sa limite vers le Lyonnais, telle qu'elle existait avant la Révolution. Au nord, la limite dut également peu varier puisque Saint-Haond était, en 1 173, au nombre des biens cédés au comte par l'archevêque. Au nord-est, c'est-à-dire du côté de la seigneurie de Beaujeu, elle était fixée dès le treizième siècle comme le montre l'hommage auquel le sire de Beaujeu était tenu envers le comte de Forez pour les seigneuries de Joux, d'Amplepuis et de Chamelet. Elle avait peu de chances de variation à l'ouest où le Forez confinait à l'Auvergne, mais nous avons dû admettre une légère déviation au sud afin d'englober dans le comté de Velay du treizième siècle les châtellenies de Chalançon et de Rochebaron.
1 DeIisle,C(i^ des actes de Philippe-Axiguste, n"' i349-i35o. — 2 Art de vérifier les dates, t. III, p. 4. Nous n'avons pas à discuter l'étendue de la Flandre impériale, car de nombreuses pièces diplomatiques dutreizième siècle nous font connaître quels pays la composaient et les limites de ces jiays sont bien connues. — 3 Warnkœnig, Histoire de la Flandre, traduite de l'allemand par Gheldolf, t. I, p. 874 et suivantes. — 4 On a un hommage ( le dernier) rendu par le comte de Foix au comte de Toulouse ; il est daté de 1241 ( Vaissète, H/sf. gén. diiLanguedoc,XAU, pr., col. 403). — 5 Ibid.,X. III, p. 43 5 et 438.— c /è/i. t. III, pr., col. SSg-Sôi. — ■? Ibid., t. IV, pr., col. 104-107. — 8 Huillard-Bréholies, Inventaire des titres de la maison de Bourbon, 1. 1, p. 5. — 9 Ce traité a été considéré à tort, jusqu'ici, comme une cession du comté de Lyon à l'archevêque de cette ville. — lO Ménestrier, Histoire de Lyon; preuves, 2' partie, p. 37-38.
Gavardan (vicomte de). — Sous le comté de Toulouse.
Gévaudan (comté de). — Le comte de Toulouse , cédant au roi par le traité de Paris (1229) ce qu'il possédait au diocèse de Mende, faisait passer à la couronne la suzeraineté des fiefs mouvant de la vicomte de Grèzes, que le roi don Pedro d'Aragon avait engagé en 1204 au comte Raymond VI*. Il a donc fallu isoler ce territoire de l'autre partie du diocèse de Mende, dont l'évêque resta comte sans partage jusqu'en i3o6, date à laquelle il associa le roi Philippe le Bel à la seigneurie ^. Nous avons aussi détaché du diocèse de Mende quelques châteaux limitrophes du Velay et relevant directement du roi dès le treizième siècle '.
GoELLO (comté de). — Sous le comté de Bretagne.
GouRDON (seigneurie de). — Ce fief enclavé entre la vicomte de Turenne , le comté de Toulouse, le comté de Cahors et le duché de Guyenne , relevait directement du roi depuis 121 1, date à laquelle Philippe-Auguste , recevant l'hommage de Bertrand, sire de Gourdon, promit de ne pas le détacher de la couronne *.
Grandpré (comté de). — Sous le comté de Champagne.
Grèzes (vicomte de). — Ce fief, sur lequel nous venons de donner quelques renseignements en parlant du comté de Gévaudan, passa aux mains du roi en 1229 et figure en i258 dans le traité de Corbeil au nombre des pays sur lesquels le roi d'Aragon , don Jayme I*"", avait des prétentions, qu'il abandonna ^ ; cependant, comme il ne semble pas que le roi ait eu des possessions personnelles dans ce territoire*, nous ne l'avons pas considéré comme domaine royal. On a employé, pour fixer les limites de la vicomte de Grèzes, l'acte d'engagement de 1204, commun , il ne faut pas l'oublier, à la vicomte de Milhau'', qui resta au pouvoir du comte de Toulouse.
Guines (comté de). — Sous le comté d'ARTOis.
Guyenne (duché de). — • Le duché de Guyenne, resté au pouvoir du roi d'Angleterre malgré la condamnation de Jean Sans-Terre (i2o3), rentra sous la suzeraineté du roi de France par le traité d'Abbeville, en i258. Avant le traité, cet Etat embrassait les diocèses de Bordeaux, de Bazas*, d'OIoron, de Lescar et d'Aire, dans leur entier, ceux de Bayonne et de Tarbes, en partie ' ; il comprenait aussi l'île d'Oléron, au diocèse de Poitiers'". Le traité y ajouta ce que le roi de France
1 Vaissète, Hist. générale de Languedoc, t. III, pr., col. 19g. — 2 Gallia christiana, t. I, col. 96. L'abbé Prouzet {Histoire du Gévaudan, t. II, p. 68 et 72) indique quelques-uns des châteaux pour lesquels il fut rendu hommage à l'évêque de Mende, dans la seconde moitié du treizième siècle. — 3 Ce sont les châteaux de Vabres, du Chambon et de Montauroux, dont nous reparlerons à propos de la seigneurie de Montbonnet. — 4 Bibliothèque de l'Ecole des chartes, i'^ série, t. III, p. 446. — 5 p. de Marca, Marca hispanica, c. 1444-1445. — 6 Dès 1227, c'est-à-dire avant même que le traité de Paris eût ratifié la possession de la vicomte de Grèzes par le roi, le château de Grèzes était tenu directement de la couronne par Béraud de Mercœur ( Martène, Amplissima collectio, t. I, c. 1206) , et il fut donné plus tard à l'évêque de Mende, qui en réclama ensuite toutes les dépendances; mais un arrêt du Parlement débouta le prélat de ses prétentions (Gaujal, Etudes historiques sur le Rouer gue, t. II , p. 102). — '^ Vaissète, Hist. gén. de Languedoc , t. III, preuves, col. 199.— -8 La cité de Bazas était tenue en fief du roi d'Angleterre par l'évêché et le chapitre. (Voyez une pièce de 1279 à la Bibliothèque nationale, dép. des manuscrits, dans le tome 6}i6 de la collection Moreau, i" 164 r" ). — " On peut recueillir de précieux renseignements sur la géographie féodale de la Guyenne au treizième siècle dans les volumes 634 à 636 (Bréquigny 10-12) de la collection Moreau, à la Bibliothèque nationale. — 10 On trouve mention du prévôt { anglais) d'Oléron en 1242 (Bibl. nat., collection Moreau, t. 634, f' 41 r" ), et en i253, Guillaume d'Arundcl était « bailli de l'île d'Oléron» {Ibid., t. 635, f" 17 r").
joiNviLLE. — 73
5jS ÉCLAIRCISSEMENTS.
possédait tant en fiefs qu'en domaines, sauf l'hommage de son frère le comte Alphonse*, dans les diocèses de Limoges, de Périgueux et de Cahors, et, dans le cas où Alphonse décéderait sans postérité, la partie de la Saintonge située au sud de la Charente, et l'Agenoisque Richard Cœur-de-Lionavaitdonné en dot à sa sœur Jeanne, mère du comte Raymond VII de Toulouse. La partie du Quercy dépendant du comté de Toulouse devait aussi faire retour au roi d'Angleterre dans le même cas, s'il pouvait être prouvé par enquête que ce pays faisait partie de la dot de leanne. Le comté de la Marche qui relevait du comte Alphonse et la partie du diocèse de Saintes située au nord de la Charente ou comprise dans le comté d'Angoulême furent par ce traité détachés à jamais du duché de Guyenne -. Il ne paraît pas que le traité eût donné au roi d'Angleterre, dans le diocèse de Cahors, d'autre vassal important que le vicomte de Turenne : en effet l'évêque de Cahors, grâce à la clause qui subordonnait la cession des fiefs que le roi ne pouvait mettre hors de sa main au consentement de leurs possesseurs , demeura sous la suzeraineté du roi et il semble probable qu'il en fut de même pour le seigneur de Gourdon. Les feudataires du duché de Guyenne dont les États ont pu être distingués sur notre carte sont le vicomte de Béarn, le comte de Bigorre, le seigneur d'Hautefort, les vicomtes de Limoges et de Marsan, le comte de Périgord et les vicomtes de Soûle et de Turenne.
La vicomte de Béarn avait atteint dès le treizième siècle les limites qu'elle avait lors de sa réunion à la couronne, et qui lui furent conservées jusqu'à la Révolution. Orthez, enlevé en 1107 au vicomte de Dax ^, fut définitivement uni à la vicomte de Béarn en 1192 par Gaston IV *. Sault-de-Navailles compris depuis dans la Gascogne fit partie du Béarn jusqu'au milieu du treizième siècle : Gaston VII, qui l'avait inféodé à Garcie-Arnaud de Navailles remit cette place au prince Edouard, duc de Guyenne, lors de sa réconciliation avec l'Angleterre^. Au nord-est, la vicomte reçut en 12 56 un accroissement, que n'a pas conservé la province, par la réunion du pays de Rivière-Basse, démembré du comté de Bigorre ® : Maubourguet était le lieu le plus important de cette contrée.
Le comté de Bigorre fut l'objet d'un petit démembrement en i256, à la suite des querelles relatives à la succession de la comtesse Péronnelle. Un jugement arbitral du comte de Foix adjugea à Mathe , fille de la comtesse et femme de Gaston VII, vicomte de Béarn, le pays de Rivière-Basse avec Maubourguet , laissant à Eskivat de Chabanais le surplus du comté de Bigorre ^ qui ne paraît pas avoir subi de variation sensible depuis cette époque. Eskivat avait porté en 12 53 au roi d'Angleterre l'hommage de son comté *, que ses prédécesseurs tenaient de l'évêque du Puy.
La seigneurie d'Hautefort, enclavée entre les vicomtes de Limoges et de Turenne et le comté de Périgord , relevait directement du roi depuis 1212, époque
1 Le texte du traité dit que le roi réserve " le homage de ses frères, se il aucune chose i tiennent, » mais ceci est évidemment une précaution exagérée, Alphonse étant seul des frères de saint Louis qui possédât quelque chose dans Ces diocèses. — 2 L'original du traité d'Abbeville est conservé au Trésor des chartes ( Arch. nationales) sous la cote J 629, n° 4. — 3 D'Asfeld. Chroniques du Béarn, p. SgS. — -4 Art de vérifier les dates, t. II, p. aSg. — s Monlezun, Histoire de la Gascogne, t. II, p. 340. — 6-7 Ibid., t. II, p. 349. — •* Département des mss., à la Bibl. nat., t. 634 de la collection Moreau, f" 97.
NOTES EXPLICATIVES DES CARTES. Syg
à laquelle le roi, recevant l'hommage de Bertrand de Born, s'était engagé Ci ne jamais le détacher de la couronne'.
La vicomte de Limoges ne comprenait que la partie occidentale du Limousin. La suzeraineté du vicomte n'était plus reconnue comme jadis dans le pays situé îi l'est de la Vézère, et son pouvoir s'était même amoindri à l'ouest de cette rivière. Ainsi , le vicomte de Comborn et le seigneur de Pompadour ne se considéraient plus comme les vassaux du vicomte de Limoges-, et il semble même que celui-ci ne possédait plus le château de Bré^ (c"' de Montgibaud). Il nous a donc paru que la vicomte ne dépassait guère dans le Limousin les limites de l'élection de Limoges; cependant, nous avons dû l'étendre hors de cette division vers Yssandon, car la vicomtesse Marguerite (1270) força le vicomte de Comborn de reconnaître sa suzeraineté sur ce qu'il possédait en ce lieu *, compris plus tard dans l'élection de Brive. Il ne faut pas non plus oublier qu'au treizième siècle, la vicomte de Limoges comprenait aussi, dans la future province de Périgord , les chàtellenies d'Ans, de Nontron, de Mareuil et de Bourzac, dont le vicomte Guy VI rendit hommage en 1243 à l'évêque d'Angoulême ^, et la châtellenie d'Exideuil ^. — La partie orientale du Limousin était alors partagée entre plusieurs seigneurs laïques et ecclésiastiques relevant directement du roi, et après 12 58 du duc de Guyenne; les plus importants étaient l'église de Tulle , et les vicomtes de Ventadour et de Turenne.
Les limites de la vicomte de Marsan qui passa en 12 56 à Gaston VII vicomte de Béarn , comme époux de Mathe de Bigorre '' , se conservèrent dans celles du pays de Marsan qui était , au siècle dernier, l'une des subdivisions de la généralité de Guyenne.
Le comté de Périgord, devenu fief direct de la couronne en 1212^, dut rentrer sous la suzeraineté du duc de Guyenne en 1259. Il ne comprenait pas à cette date la moitié de la province de Périgord : le nord du pays dont saint Louis forma la sénéchaussée de Périgord était alors occupé par les chàtellenies de Mareuil et Nontron, au vicomte de Limoges; à l'est, on trouvait les chàtellenies d'Exideuil et d'Ans au même vicomte, la seigneurie d'Hautefort, fief immédiat de la couronne, et l'extrémité occidentale® de la vicomte de Turenne; au sud-est étaient Sarlat qui faisait directement hommage au roi et Limeuil qu'un compte de 12 56 nous représente comme le chef-lieu du domaine royal en Périgord'"; au sud-ouest, on voyait la seigneurie de Bergerac et ses vastes dépendances obéissant alors à une branche cadette de la maison de Périgord , dont le chef, après avoir reconnu la suzeraineté du roi de France en 1224", se vit rejeter par les hasards de la guerre dans la mouvance du roi d'Angleterre'-. Au nord de la seigneurie de Bergerac,
1 Delisle, Cat. des actes de Philippe-Auguste, n" 1409.— 2 Marvaud, Histoire des vicomtes et de a vicomte' de Limoges, t. 1, p. 338. — 3 Ibid., t. I, p. 3oi. — ^ Ibid., t. I, p. 338. — 3 De Gourgues, Dictionnaire topogr. du de'p. de la Dordogne, p. xxxvii. — 6 Exideuil qui appartenait déjà aux vicomtes dans la seconde moitié du douzième siècle (voyez la chronique de Geoffroy de Vigeois, apud Labbe, Novabibliotheca manuscriptorumA- II, P- Boy à32o) était encore en leur pouvoir en i375, comme il résulte d'une note prise aux archives des Basses-Pyrénées (fonds de la vie. dé Limoges, E 1763) par mon collègue, M. Robert de Lasteyrie. — '? Art de vérifier les dates, t. H, p. 270. —8 Delisle, Cat. des actes de Philippe-Auguste, n" '409. — 9 De Gourgues, Dict. topogr. dudép. de la Dordogne, p. 3io. — 10 Brussel, Xouvel examen del'usage général des fiefs, p. 457. — n Le Nain de Tillemont, Vie de saint Louis, t. I, p. 342. — i"- On peut voir dans la collection Moreau(Bibl. nat.) des copies de piècesde i25i (t. 634, f° 88), dei253
58o ÉCLAIRCISSEMENTS.
par conséquent au centre de la province, on remarquait diverses seigneuries qu'aucun lien ne rattachait au comté de Périgord : c'étaient Saint-Astier, appartenant au chapitre de Périgueux* ; Grignols, apanage d'un cadet des comtes de Périgord que des arrangements de famille firent passer, dès 1245, sous la suzeraineté du roi de France^; Mussidan, dont le seigneur mouvait immédiatement du duc de Guyenne^. Si l'on en juge par ces faits , le comté de Périgord devait avoir au milieu du treizième siècle , à peu près la même étendue qu'en 1899 lors de la confiscation sur le comte Archambaud VI ; à cette dernière date , il se composait des châtellenies de Périgueux, Auberoche, Bourdeilles, Montignac, Razac, Vern, Roussille , Montpont , Benevent et Montignac-le-Petit*. Nous avons cru devoir joindre à ces territoires la seigneurie de Ribérac, qui relevait probablement du comté, et Estissac, qui fut donné en i3o2 à Boson, frère du comte Hélie IIP.
La vicomte de Soiile, qui subsista seulement jusqu'au règne de Philippe le Bel, doit à sa situation entre la Basse-Navarre et le Béarn, tardivement réunis à la couronne, d'avoir conservé "ses limites, sauvegardées d'autre part par les privilèges dont le pays de Soûle ne cessa de jouir avant la Révolution.
La vicomte de Turenne s'étendait sur les trois diocèses de Limoges, de Périgueux et de Cahors. D'anciennes cartes donnent les limites de ce fief, mais elles ne concordent pas, pour la partie septentrionale, avec les renseignements contenus dans le précieux acte de partage de i25i, entre Raymond V et sa nièce Hélis de Turenne, dame de Bergerac; ce document , où sont énumérés tous les membres de la vicomte, nous apprend que le pays de Brive {Brivesiiim) en dépendait^. Le partage de i25i ne mentionne pas Argentat et Servières, bien qu'ils appartinssent au vicomte de Turenne''; mais peut-être Argentat était-il, comme Servières, au pouvoir de Raymond V avant qu'il n'élevât des prétentions sur la vicomte. Quoi qu'il en soit, il convient d'attribuer au fief de Turenne l'extrémité sud-est du diocèse de Limoges située à gauche de la Dordogne*. Nous avons compris dans la vicomte les deux lots formés par le partage de i25i , car il est possible que le lot d'Hélis, composé des châteaux de Montfort, Aillac, Carlus, Creysse, Martel (pour moitié ) , Larche , Terrasson , Salignac , Jayac et la Chassagne, fût considéré comme un fief mouvant de cette seigneurie. Le vicomte de Turenne qui avait plusieurs suzerains , n'était sans doute pas suffisamment informé des droits de chacun d'eux , car on le voit successivement rendre hommage de la vicomte de Brassac en 1190 à l'évêque de Cahors', en 1226 au comte de Toulouse'", et en i252 à l'église de Tulle'*.
Ibid., f" 100 r"), de i255 (t. 635, f" i33 r") constatant la soumission de Bergerac au duché de Guyenne ; si l'on s'en rapporte à certains auteurs, cette ville serait retombée au pouvoir des Anglais dès i235. — l De Gourgues, Dict. topogr.du dép. de la Dordogne, p. 284. — -Art de vérifier les dates-, t. II, p. 383. — 3 De Gourgues, Dict. topogr. du dép. de la Dordogne, p. L.
— 4 Dessalles, Périguettx et les deux derniers comtes de Périgord ; preuves, p. 94. — ^ Art de vérifier les dates, t. II, p. 383. — 6 Justel, Histoire gén. de la maison de Turenne, preuves, p. 53.
— 7 Raymond V était seigneur de Servières du vivant de son frère, Raymond IV (voyez une pièce de 1243 dans iustel, Htst. gén. de la maison de Turenne; pr., p. 43 ). En i263, Raymond V approuvait la fondation d'un marché à Argentat (Ibid., p. bj) ce qui indique, croyons-nous, qu'il dominait sur ce lieu. — ** Servières est le lieu le plus important de cette petite contrée.
— 9 Baluze, Historia Tutelensis, p. 169. — lOTeulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 323.
— 11 Baluze, Historia Tutelensis, col. 559.
Hautefort (seigneurie d'). — Sous le duché de Guyenne.
IsLE-EN- Jourdain (seigneurie de). — Sous le comté de Toulouse.
JoiGNY (comté de). — Sous le comté de Champagne.
Lamballe (comté de). — Sous le comté de Bretagne.
Langres (comté de). — Le premier comte-évêque de Langres fut Gautier, qui reçut ce comté, en 1 179, de son neveu le duc de Bourgogne'. Il n'est pas difficile de préciser les limites du comté à l'ouest, au sud et à l'est, car elles devinrent celles de la Champagne lorsque Langres eut été rattaché à cette province. Vers le nord, ses limites peuvent être fixées à l'aide des circonscriptions du bailliage de Chaumont, originairement l'un des quatre grands bailliages du comté de Champagne, et du bailliage de Langres, qui représentait, ou à peu près, l'ancien comté-pairie. La limite de ces deux divisions judiciaires n'a pu néanmoins être complètement adoptée, parce qu'il fallait laisser au comté de Champagne Montigny-leRoi, qui faisait partie, avant la Révolution, du bailliage de Langres bien qu'au treizième siècle il eût été le siège d'une des prévôtés du bailliage de Chaumont"^. On peut voir une preuve de l'extension du comté de Langres jusqu'à la frontière dans la situation de Choiseul et d'Aigremont, sur la limite de la Lorraine, et de Fouvent sur la limite du comté de Bourgogne, car ces trois seigneuries relevaient de l'évêché de Langres*. En attribuant, vers l'est, au comté épiscopal la limite de la Champagne, nous laissons en dehors du royaume une partie du diocèse de Langres (dépendant des doyennés de Bèze et de Fouvent), et nous sommes ainsi en accord avec des documents du treizième siècle constatant que ce diocèse n'appartenait pas entièrement au royaume de France*. — Le comté de Tonnerre relevait à peu près complètement de l'évêque de Langres; ce prélat comptait aussi parmi ses vassaux le comte de Champagne, pour les importants domaines que ce prince possédait dans son diocèse*, et le duc de Bourgogne qui lui rendait hommage pour Châtillon-sur-Seine et Montbard ^.
Laon (comté de). — Le comté de Laon, qui avait tout d'abord la même étendue que le diocèse, avait été donné à l'évêque par les premiers rois capétiens, mais la puissance féodale de ce prélat ne tarda pas à déchoir. Le puissant voisinage du comté de Vermandois , que Philippe-Auguste réunit à la couronne et dont dépendaient les châteaux de Guise et de Ribemont'' situés dans la partie occidentale du diocèse de Laon , était sans doute une des principales causes de cette décadence. En outre, dès 11 80, plusieurs seigneuries importantes du diocèse relevaient déjà directement de la couronne ; c'étaient Marie et Vervins , dont l'évêque voulut s'attribuer la mouvance pendant la guerre du roi contre Philippe d'Alsace ( i i83-i 186); mais non-seulement le prélat dut renoncer à ses prétentions , mais il lui fallut céder au roi la mouvance de la Fère, possédée comme les deux autres fiefs par le sire
1 Gallia christiana, t. IV, Instr., c. 1S7. — - D'Arbois de Jubainville, Histoire des ducs et des comtes de Champagne, t. II, p. 24. — 3 Duchesne donne des actes d'hommage rendu à l'évêque de Langres en date de 124.6 pour les seigneuries de Choiseul et d'Aigremont {Histoire généal. de lamaison de Dreux, preuves, p. 262) et un autre acte de même nature, daté de 1266, pour Fouvent-le-Château ( Histoire ge'n. de la maison de Vergy^ preuves, p. 201 ). — 4 Recueil des historiens de France, t. XXI, p. 536. — S D'Arbois, Catal. des actes des comtes de Champagne, n°» 2533, 3432 et 36S9. — ^ Art de vérifier les dates, t. II, p. 5o6. — 7 Gisleberti chronicon Hanoniense, apud Pertz, t. XXI, p. 5 14-51 5.
de Coucy-. En 1219, la seigneurie de Rozoy-sur-Serre, jusqu'alors tenue en alleu, fut convertie en fief de la couronne^. D'autre part, la domination du comte de Roucy, l'un des vassaux de l'évêque, avait fait avec le temps de notables progrès*, de sorte que le pouvoir épiscopal se trouvait restreint à un territoire assez peu étendu , dont Laon et Anisy étaient les deux principaux centres. Ce territoire, borné au midi par le diocèse de Soissons , à l'ouest par la seigneurie de Coucy et à l'est par le comté de Roucy, paraît avoir eu au nord une ligne de démarcation qui se sera conservée dans la limite septentrionale du Laonnais , considéré comme l'une des divisions du gouvernement de l'Ile-de-France , limite qui ne s'éloignait guère , du reste, de celle du bailliage de Laon : il est bon d'observer que plusieurs lieux compris dans ce territoire , Cerny et Bruyères , étaient comptés à la fin du règne de Philippe- Auguste au nombre des châteaux du roi*.
Léon (comté de). — Sous le comté de Bretagne.
Limoges (vicomte de). — Sous le duché de Guyenne.
LisiEux (évêchéde). — L'évêque de Lisieux prit seulement au quinzième siècle le titre de comte , que la tradition du diocèse prétend lui avoir été conféré, au onzième ou au douzième siècle, par les ducs de Normandie. Son temporel, composé au siècle dernier des baronnies de Thiberville, Clos, Courtonne, Gacé, Touques, Canappeville et Bonneville-sur-Touques , au diocèse de Lisieux, et de celle de Nonant, au diocèse de Bayeux, paraît s'être quelque peu agrandi postérieurement au treizième siècle. Nous avons tracé la limite probable du domaine épiscopal à cette dernière époque en combinant les renseignements historiques donnés par M. de Formeville sur les domaines de l'évêque^ aux indications que les registres de Philippe- Auguste renferment sur les fiefs de l'évêché^. Nous n'avons pu comprendre dans cette limite les fiefs de Gacé, Touques, Canappeville, Bonneville et Nonant , car ils ne faisaient pas corps avec le noyau du domaine.
LoDÈVE ( comté de ). — Raymond-Guillaume de Montpellier, évêque de Lodève, acheta en 1187, du comte de Rodez, le comté ou vicomte de Lodève dont le château de Montbrun, situé à 5oo pas de la ville, était le chef-lieu et il l'unit au domaine de l'église. Trois ans plus tard, le comte de Toulouse confirma cette acquisition et céda à son tour à l'évêque ce qu'il possédait dans le diocèse de Lodève; et le tout fut tenu en fief du comte de Toulouse''. L'évêque, devenu de la sorte seigneur temporel de son diocèse % entra en 1229, par suite du traité de Paris, dans la mouvance directe du roi de France.
LoMAGNE (vicomte de). — Sous le comté de Toulouse.
Lyonnais (comté de). — Nous avions supposé, dans la première édition de notre carte, que l'archevêque de Lyon tenait le comté de Lyonnais du roi de France et qu'il n'était vassal de l'empereur que pour Lyon et ses possessions d'outre Saône. Mais M. Pierre Bonnassieux ayant démontré, dans un travail postérieur à notre
1 Art de vérifier les dates, t. II, p. 717. — - Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n" 1869.— 3 Voyez plus loin, au mot Roucy. — ^Recueil des historiens de France, t. XXIII, p. iS5. —5 De Formeville, Histoire de l'ancien évéché-comté de Lisieux, t. I , p. 3 et 417 à469.— li Recueil des historiens de France, t. XXIII, p. 636-637. — ^ Vaissète , Histoire générale de Languedoc, t. III, p. 70. — 8 II n'y avait au XVII» siècle, dans le diocèse de Lodève, aucun noble qui ne fût vassal de l'évêque et tenu de lui prêter le serment de fidélité et l'hommage (Fisquet, La France pontificale ; diocèse de Lodève, p. 290 ).
publication , qu'au XIII'" siècle le Lyonnais était aussi dans une complète indépendance vis-à-vis du roi de France, nous avons cessé de figurer ce pays comme un fief du royaume *.
Magnoac (vicomte de). — Sous le comté de Toulouse.
Marche (comté de la). — Sous le comté de Poitiers.
Marsan (vicomte de). — Sous le duché de Guyenne.
Mauguio (comté de). — Ce comté, qui comprenait presque la totalité du diocèse de Maguelonne, était entré dans la mouvance du Saint-Siège par suite de la donation qu'en fit le comte Pierre au pape Grégoire VII et à ses successeurs. En 12 1 1, pendant la guerre des Albigeois, le pape Innocent III le fit saisir sur le comte de Toulouse, Raymond VI, et le donna en 121 5, à l'église de Maguelonne, à laquelle il ne cessa d'appartenir jusqu'à la Révolution*. Nous n'avons pas compris Lunel dans les limites du comté de Mauguio, car bien que cette seigneurie fit partie du diocèse de Maguelonne, elle mouvait directement du roi'. Il a paru utile, en outre, de, distinguer du comté de Mauguio la seigneurie de Montpellier, qui relevait presque complètement de l'évêque et jouissait dès lors d'une grande importance. On pourrait croire, d'après une phrase de l'auteur du Dictionnaire topographique du département de l'Hérault, que le comté de Mauguio était loin d'être aussi étendvi que nous le disons*, mais nous nous contenterons de faire remarquer que, suivant le même auteur, Brissac, une des localités du diocèse les plus éloignées de Mauguio et' de Maguelonne (elle est comprise entre le diocèse de Lodève et l'Hérault), était une baronnie relevant du comté de Mauguio^.
M1REP01X (seigneurie de). — Mirepoix dépendait du comté de Foix: lorsque les croisés, après s'en être emparés en 1209, le donnèrent en récompense à Guy de Lévis, maréchal de leur armée®, qui le tint en fief de Simon, puis d'Amaury de Montfort, successivement comtes de Toulouse. Le traité de Paris, en 1229, fit passer cette seigneurie dans la mouvance du roi ''. Nous n'avons pas rencontré de documents qui nous permissent de tracer avec certitude les limites du fief de Mirepoix^; mais, si l'on s'en rapporte à la carte des sénéchaussées de Languedoc jointe au tome IV de Dom Vaissète, ce fief comprenait la partie du futur diocèse de Mirepoix située entre le comté de Foix, d'une part, les diocèses de Carcassonne et de Narbonne, d'autre part. Cependant, sa limite septentrionale était loin d'atteindre celle qu'on assigna à l'évêché de Mirepoix, comme le prouve la présence de Laurac-le-Grand dans le comté de Toulouse ; cette limite offrirait plutôt quelque rapport avec celle qu'on donna en 1 790 au département de l'Ariège.
MoNTBONNET (seigneurie de). — Nous avons donné ce nom à une petite con-
1 Voyez plus haut, p. 563. — 2 Dupuy, Les droits du roy, p. 8S2. — 3 Vaissète, Hist, gén. de Languedoc, t. III, preuves, p. 3i6-3i7. — '^ M- Thomas, citant (p. 110) un traité conclu en ii33 entre le comte de Toulouse et le seigneur de Montpellier, parle de la « modeste étendue du comté de Mauguio «. — ^ Dict. topogr. du dép. de l'Hérault, p. 26. — 6 Vaissète, Histoire générale de Languedoc, t. III , p. 182. — 7 Ibid., t. III , preuves, c. 337 : « Totum episcopatum Toi< lose, excepta terra marescalli que remanebit ex parte domini régis Francie, dimittet idem do- K minus rexnobis[ Ray mundo], «—8 Sauf une sentence arbitrale réglant ses limites vers le comté de Foix (Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, t. IV; preuves, c. 104.-107), il est certain que le château de Montségur faisait partie de la seigneurie de Mirepoix [Ibid,, t. III, p. +47).
trée s'étendant à la fois sur le Gévaudan et sur le Velay et qu'il a fallu distinguer de ces comtés, car son seigneur était vassal immédiat de la couronne. Elle apparaît pour la première fois en 12 19, date à laquelle Pons de Montlaur rendait hommage au roi pour les châteaux de Montbonnet (c"' de Bains), de Mirmande près Montbonnet, de Vabres, d'Agrin ( c"' de Bouchet-Saint-Nicolas), de Montauroux (c"" de Laval-Atger) et du Chambon'; mais la mouvance de ces terres était loin d'être bien fixée, car, moins de trente ans après, Héracle de Montlaur, reconnaissant qu'il avait repris les châteaux de Montauroux et du Chambon (au Gévaudan) en fief de l'évêque de Mende, répara sa faute en portant au roi l'hommage de quelques terres allodiales^.
MoNTFORT (comté de). — On possède d'assez nombreux documents à utiliser pour la topographie féodale du comté de Montfort-l'Amaury du treizième au dixhuitième siècles. M. de Dion a récemment publié une analyse de ces documents', dont le plus ancien, le Scriptumfeodorum, remonte à i23o.
Montpellier ( seigneurie de ). — L'acte d'abandon par Marie de Montpellier, fille de Guillaume 'VI II, de ses droits sur la seigneurie paternelle, en date de 1 197\ et le testament de Guillaume VIII rédigé en 1202 ' nous ont fourni de précieuses données pour la fixation des limites de ce fief, qui mouvait en grande partie du comté de Mauguio. La seigneurie d'Aumelas, réunie en 1 1 94 à celle de Montpellier*, appartenait au diocèse de Béziers, et ne relevait pas, par conséquent, de l'évêque de Maguelonne, comte de Mauguio. Un acte de 12 55 constate que l'évêque de Maguelonne reportait l'hommage des sires de Montpellier au roi de France'.
Narbonne (vicomte de). — :C'est encore là un des fiefs que le traité de Paris, de 1229, fit passer de la suzeraineté des comtes de Toulouse à celle du roi de France. L'aveu détaillé qu'Aimery IV, vicomte de Narbonne, et Amaury, son frère, rendirent en 1271 des fiefs que leur père, le vicomte Amaury !«'•, tenait du roi * prouve que la vicomte correspondait alors à peu de chose près aux trois doyennés de Narbonne, de Montbrun et de Roquefort, du diocèse de Narbonne.
NÉEOuzAN (vicomte de). — Sous le comté de Toulouse.
Nevers (comté de). — Un acte de 1 199, par lequel Hervé de Donzy fait connaître son mariage avec Mahaut de Courtenay et son avènement au comté de Nevers', montre clairement que ce fief relevait du roi, et non du duc de Bourgogne comme on pourrait l'infcrer de la mention d'un hommage rendu par Jean Tristan, comte de Nevers, au duc Hugues IV *". Le comté de Nevers ayant eu pendant presque tout le douzième siècle, c'est-à-dire jusqu'en 11 99, les mêmes propriétaires que le comté d'Auxerre, c'est à cette date seulement qu'on doit faire remonter l'ex-
1 Delisle, Cat. it'.s' actes de Philippe-Auguste, n° 1933. Il ne faut pas confondre ce Chambon qui fait partie du dép. de la Lozère avec le Chambon ( Haute-Loire). — 2 Delisle, Cat. des actes de Philippe-Auguste, p. 427, note 1. — 3 Lesjiefsde Montfort-l'Amaury, in-S" de 99 pages, extrait des <i Mémoires et documents de la société archéologique de Rambouillet ». Cf. une autre brochure du même auteur ( 16 p. in-S") intitulée : Note sur le cartulaire de Béatrix de Montfort. — 4Vaissèfe, Histoire générale de Languedoc, t. III, p. 108. — ^ Ibid., t. III, p. 118. — 6 Ibid., t. III, p. 80-81. — 7 Gallia christiana, t. VI, Instr., col. 370-371. La ville épiscopale de Maguelonne, enclavée dans la seigneurie de Montpellier, appartenait à l'évêque. — » Vaissète, H/sïoire générale de Languedoc, t. III, preuves, col. 601-602. — «Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 207. — 10 Cet hommage est mentionné par Counépés, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, 2*= édit., t. I, p. i38.
tension de ce fief sur le diocc'se d'Auxerre par Clamecy et Donzy. Clamecy, fief mouvant du comté de Champagne • et possédé depuis longtemps déjà par les comtes d'Auxerre et de Nevers, ne cessa depuis 1 199 de faire partie du Nivernais. Il en fut de même de Donzy, le patrimoine même d'Hervé, baronnie relevant de l'évêque d'Auxerre^ et de laquelle dépendaient Entrains, Saint-Sauveur, Druyes, Corvol, Etais, Billy et Cosne *. Le comte de Nevers était encore vassal du comte de Champagne et arrière-vassal de l'évêque d'Autun pour les terres de Chàtelcensoir, Pierreperthuis et Uchon\ toutes trois comprises dans le diocèse d'Autun. Ainsi, dès le temps d'Hervé de Donzy, le comté de Nevers avait atteint les limites que la province de Nivernais gardait encore à la Révolution; elle les dépassait même quelque peu au nord par Saint-Sauveur, l'un des membres de la baronnie de Donzy, mais elle ne comprenait pas au sud-ouest Saint- Pierre-le-Moutier, où le roi avait établi dès lors le siège d'un bailliage royal.
NovoN (comté de). — L'évêque de Noyon, l'un des six pairs ecclésiastiques, est un de ces prélats dont le pouvoir temporel remonte aux premiers temps de la dynastie capétienne. Nous avons attribué au comté les limites du bailliage de Noyon borné par les seigneuries de Nesle et de Ham, au nord, et par les châtellenies royales de Chauny à l'est, de Thourotte au sud, de Ressons et de Roye à l'ouest.
Pardiac (comté de). — Sous le comté de Toulouse.
Perche (baronnies du). — L'union des cinq baronnies du Perche, tenues en fief de l'évêque de Chartres'', fut consommée au commencement du onzième siècle par le mariage de Guillaume Gouet I*"", seigneur de Montmirail, Authon et la Bazoche, avec Mahaut, dame d'AUuyes et de Brou ®. Les cinq baronnies, possédées en (249 par Mahaut, dame de Bourbon et comtesse de Nevers, Auxerre et Tonnerre, ne sont pas différentes du pays que les anciens géographes désignaient sous le nom de Perche-Gouet comme une division du gouvernement d'Orléanais.
Périgord (comté de). — Sous le duché de Guyenne.
Poitiers (comté de). — Louis VIII attribua par son testament le comté de Poitiers et «toute l'Auvergne » à son troisième fils'' ; c'est là l'origine du vaste apanage du comte Alphonse que son mariage avec l'héritière du comté de Toulouse devait rendre le vassal de beaucoup le plus considérable du roi son frère. Le comté de Poitiers, divisé en deux sénéchaussées^, était composé des provinces de Poitou, d'Aunis et de Saintonge, conquises sur les rois d'Angleterre, la première par Philippe-Auguste, les deux autres par Louis VIII; le comté de la Marche, vassal du comte Alphonse, reliait ces provinces à l'Auvergne, devenue une annexe du comitatus Pictavie. Les limites du comté différaient de celles des provinces qui en sont issues sur quatre points peu importants : ainsi, elles comprenaient, au nord, la seigneurie de Mirebeau^ qui dépendait jadis du comté d'Anjou et y fut réunie plus tard, et, à
1 D'Arbois de Jubainville, Catal. des actes des comtes de Champagne, n° 3729. — - Les comtes, puis les ducs de Nevers, figurent parmi les vassaux de l'église d'Auxerre, en raison de Donzy, jusqu'au dernier siècle (R. de Lespinasse, Hervé de Don^^y, comte de Nevers, p. 26). — s Quantin, Cartulaire du de'partement de l'Yonne, t. H, p. xxxix. — 4 D'Arbois, Cat.des actes des comtes de Champagne, n" 912. Il n'est pas inutile d'observer qu'Uchon ne pouvait être qu'une enclave du comté de Nevers. — s Merlet, Dictionnaire topogr. du dép. d'Eure-et-Loir, aux mots Alluyes, Authon, la Ba\oche tt Brou. — 6 Pitard, Fragments historiques sur le Perche, p. 38i. — ' Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. II, p. 64. — * Les sénéchaussées de Poitiers et de Saintonge. — «Cette seigneurie dépendait autrefois du comté d'Anjou, mais elle en fut détachée
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l'est, la châtellenic d'Oublanc (aujourd'hui Le Blanc;, en Berry, dont les limites se retrouvaient sans doute au dernier siècle dans le bailliage du Blanc; par contre, elles laissaient, au sud , l'île d'OIéron aux Anglais et la seigneurie d'Archiac au comte d'Angoulême. — L'Auvergne, aux termes du testament de Louis VIII, devait appartenir tout entière à Alphonse, mais un arrêt du Parlement de i255 décida que Clermont , alors chef- lieu du temporel épiscopal, était inséparable de la couronne*. On a cru que le grand bailliage des Montagnes d'Auvergne était au temps de saint Louis un bailliage royal, étranger par conséquent à l'apanage : il n'en est rien, c'était au contraire un bailliage du comte Alphonse- ayant pour siège Crèvecœur, le seul château que ce prince possédât dans les Montagnes *. Le comte de Poitiers jouissait, comme seigneur de la terre d'Auvergne, du droit de suzerain sur les chàtellenies de Montluçon et de Montaigu, unies alors à la seigneurie de Bourbon, dans laquelle quelques-uns de ses domaines, entre autres Saint-Pourçain-sur- Sioule, étaient enclavés'.
Bien que le puissant comté d'Auvergne eût été conquis par Philippe-Auguste en 12IO, l'héritier des anciens comtes n'en continua pas moins à porter le titre de comte d'Auvergne dans les quelques domaines qui lui étaient restés et dont un traité conclu en i23o lui confirma la possession. Ces domaines formaient un trèspetit territoire borné à l'ouest par l'Allier, à l'est par l'AUioux et au nord par les terres épiscopales''. Vic-le-Comte en était le chef-lieu.
Le nom de « Dauphmé (ï Auvergne » devint plus tard le nom officiel des domaines de la branche aînée de l'ancienne maison comtale d'Auvergne. On sait que cette branche , dépouillée dès le milieu du douzième siècle de la meilleure partie du comté d'Auvergne, s'était vu enlever par Philippe-Auguste à peu près tout ce qui lui restait , néanmoins , elle possédait encore au temps de saint Louis une bande de territoire comprise entre Clermont et Langeac , mais les limites précises de sa domination nous échappent. Le chef de la famille Dauphin, qui au treizième siècle prenait encore le titre de comte de Clermont , reconnaissait au moins trois suzerains différents. Ainsi, c'était à l'évêque qu'il rendait hommage pour ses domaines les plus rapprochés de la ville épiscopale, c'est-à-dire pour Chamalières, Pontgibaud, Aydat, Aurières (c'"' de Vernines) et Champeix ^. 11 tenait du comte Alphonse les chàtellenies de Vodable, Saurières, Brionne (c"' de Saurières), Rochefort , Cros, etc.'; enfin il se reconnaissait vassal de l'abbaye de Brioude pour les châteaux de "Vieille-Brioude , de Saint-Ilpize et probablement pour celui de Léotoing*.
Les limites du comté de la Marche, qui, sous saint Louis , relevait du comté de Poitiers, ne nous paraissent pas sensiblement différentes de celles du gouvernement du
probablement lors de la formation de l'apanage d'Alphonse (1241), car dès 1242 Pons, seigneur de Mirebeau, rendait hommage à ce prince (Biblioth. nat. , dép. des mss., collection Moreau, t. 634, f- 45r°). Nous avons joint à Mirebeau tout le doyenné de ce nom (diocèse de Poitiers) pour l'unir aux états d'Alphonse. — iBoutaric, Saint Louis et Alfonse de Poitiers, p. 57. — -IbiJ., p. i3g. — 3Delalo, Des limites des divisions territoriales et civiles de la haute Auvergne, p. 56-57. — ■* M. Boutaric a donné {Saint Louis et Alfonse de Poitiers , p. 171-174) la liste des prévôtés et baylies de l'apanage d'Alphonse. — S Ibid., p. 56. — 6 Baluze, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, preuves , p. 266. — '^ Ibid., p. 273. — ** Ibid., p. 260, 268 et 278. C'était au château delphinal de Léotoingque le dauphin devait faire l'hommage des fiefs qu'il tenait de l'église de Brioude [Ihid.. p. 27'>1.
mcme nom qu'elles atteignaient au nord par les châteaux de Délabre, de Saint- Benoît-du-Sault' et deCrozant-. A l'est, le comté joignait la Combraille, que le comte d'Auvergne tenait alors d'Alphonse de Poitiers, par les châtellenies d'Ahun *, de Champagnat^, d'Aubusson'"" et de F'elletin^; à l'ouest la limite est indiquée par les châtellenies de Bcllac et de Rançon, qui échurent en partage à Guillaume de Valence, l'un des fils du comte Hugues X '' et par celle du Dorât *. Nous manquons de renseignements sur la limite méridionale du comté de la Marche.
PoNTHiEu (comté de). — Au milieu du treizième siècle, ce fief était de moindre étendue que la partie de la Picardie désignée par les géographes du siècle dernier sous le nom de Ponthieu. Il ne comprenait pas, par exemple, Saint-Riquier, cédé au roi en 1225 ainsi que Doullens, par la comtesse Marie ®. Au sud-est, ses limites n'atteignaient pas non plus celles du Ponthieu moderne ; enfin, la seigneurie de Gamaches'", au sud, et les seigneuries d'Aultetde Saint- Valéry ", à l'est, relevaient directement du roi. A notre avis, le comté du temps de saint Louis serait ù peu près représenté par la sénéchaussée de Ponthieu à laquelle on ajouterait le bailliage de Montreuil'-.
PoRTiEN (comté de). — Sous le comté de Champagne.
Potées (terre des). — Ce pays, qui faisait partie de l'ancien pagus Porcensis, et dont le nom est la transcription française du latin potestates, appartenait au chapitre de l'église métropolitaine de Reims, qui en rendait directement hommage au roi. Ses limites sont indiquées dans un aveu de 1384**.
Quatre-Vallées (vicomte des;. — Sous le comté de Toulouse.
Reims (comté de). — La suzeraineté des archevêques de Reims s'étendait au treizième siècle sur la plus grande partie des diocèses de Reims et de Chàlons'*. mais dès le onzième siècle ils n'exerçaient d'autorité effective que sur le comté rémois. Les limites de ce comté nous paraissent devoir se retrouver dans celles du pays régi, avant la Révolution, par la coutume de Reims, car les parties du diocèse soumises jadis au comté de Champagne suivaient la coutume de Vitr\-, l'une des quatre grandes coutumes de la Champagne comtale.
1 Raynal, Histoire du Bcrry, t. I, p. liv. — - Crozantest désigné dans des pièces de 1214 et de 1242 comme un château du comte de la Marche (Teulet, Layettes du Trésor des chartes, t. 1, p. 406 et t. Il, p. 478. — 3 Ahun appartenait au comte en 1243 {Ibid.,t. Il, p. 499).— 4 Champagnit est légué en 1243 par le comte Hugues X à Guillaume de Valence, l'un de ses fils puinés (Ihid.). — ■' Aubusson, dont le vicomte dut se reconnaître vassal du comte de la Marche en 122Ô (JouUietton, Histoire de la Marche, t. 1, p. 171), fut acquis par le comte Hugues XI en 1262 (Ibid., t. I, p. 192). — n Felletin était du comté de la Marche, s'il est vrai qu'Orengarde, femme du comte Audebert IV, en affranchit les habitants. — '' Teulet, Layette du Trésor des chartes, t. II, p. 499. — •* Le Dorât, une des plus anciennes possessions des comtes de la Marche, leur appartenait en 1264 (JouUietton, Histoire de la Marche, p. 204). — 9 Art de vérifier les dates', t. II, p. 755. — 10 En i233, Agnès, comtesse de Dreux, prit Gamaches à titre de fief du roi de France (Duchesne, Hist. géii. de la maison de Dreux; p. 271). — tl Thomas de Saint-Valery fit hommage de ces deux seigneuries à Philippe-Auguste (Lefils, Hist. civile, polit, et rel. de Saint-Valery et du comté de Vimeu , p. io3). — i-Montreuil, qui sous Philippe-Auguste était le siège d'une prévôté royale, revint sans doute aux comtes de Ponthieu, puisqu'en T249 Mathieu de Montmorency se qualifie cornes Pontivi et Monsterolii (Duchesne, Hist. gén. de la maison de Montmorency: preuves, p. 104). — 1:' Varin, Archives admin. de la ville de Reims, \. II, p. 589-592. Cf. Longnon. Etudes sur les pagi de la Gaule, 2' partie, p. 63-66. — li Ce fait résulte d'une bulle d'Innocent III, en date de i2o5 (d'Arbois, Cat. d:s actes des comtes de Champagne, n'- 61 5).
Rethel (comté del — Sous le comté de Champagne.
Rodez (comté de). — Sous le comté de Toulouse.
RoucY (comté de% — Le comté de Roucy, dont toutes les possessions étaient comprises dans le diocèse de Laon, tenait du comte de Champagne le chef-lieu même de son comté', tandis qu'il était le vassal du roi pour Nizy-le-Comte et de révéque de Laon pour les châteaux de Pierrepont, Montaigu, et Sissonne'^ La limite du comté de Roucy n'étant pas différente à l'est et au sud de celle du gouvernement de Champagne, il était assez facile de l'établir; quant à sa limite, à l'ouest vers le comté de Laon , et au nord vers le domaine royal , nous nous sommes servi pour la tracer des indications que donne le Dictionnaire topographique du département de l'Aisne, de M. Mathon, sur la situation féodale des localités limitrophes.
Saint-Pol (comté de). — Sous le comté d'AkTois.
Sancerre (comté de\ — Le comté de Sancerre devint un fief immédiat de la couronne par la vente qu'en fit à saint Louis, en 1 204, le comte de Champagne, Thibaut IV ^. Nous ne possédons que peu de renseignements pour établir la limite de ce fief. Il est certain qu'il n'arrivait pas au nord jusqu'à Saint-Gondon. château relevant directement du roi\ mais il comprenait cependant sur la rive gauche de la Loire Saint- Brisson, Chàtillon, Léré et Sancerre'. La possession directe d'Aubigny par le roi*^ et le fait que Boisbelle mouvait immédiatement de la couronne' prouvent clairement, d'autre part, que le comté de Sancerre, dont dépendaient Concressault* et les fiefs de Jards, de la Chapelle et des Aix-d'Angillon^, n'était pas limitrophe du comté de Blois.
SoissoNs (comté de). — Les renseignements que Cl. Dormay fournit sur l'étendue de ce fief "* et la carte du duché de Valois qui accompagne le livre de Carlier" nous ont été d'un grand secours pour déterminer l'étendue du comté de Soissons.
Soûle (vicomte de). — Sous le duché de Guyenne.
Tonnerre (comté de). — La circonscription du comté de Tonnerre ne paraît pas offrir de différences sensibles avec celle de l'élection. Le comte reconnaissait, au treizième siècle, trois seigneurs différents : l'évêque de Langres, auquel Louis le Pieux avait donné en 814 le château de Tonnerre '-, était son principal suzerain ^^. Il devait en outre l'hommage au duc de Bourgogne pour les terres de Griselles et de Cruzy^*, et à l'évêque de Chalon-sur-Saône pour un fief s'étendant sur les paroisses de Bragelogne, Beauvoir, Bagneux-les-Juifs, Ricey, Molesme et Channes *^.
1 Feodd Campanie, n" 296. — ^ Mathon, Dict. topogr. du dép. de l'Aisne, aux noms de ces diverses localités. — 3 D'Arbois, Catal. des actes des comtes de Champagne, n" 23 13. — >* Recueil des liist. de France, t. XXIII, p. 665. — s D'Arbois, Cat. des actes des comtes de Champagne, n° 7i3. Feoda Campanie, n" 232. — 6 Recueil des hist. de France, t. XXI, p. 268. — 7 Raynal, Histoire du Berry, t. I, p. lv. — >< Feoda Campanie, n" 252. — 9 Art de vérifier les dates, t. II, p. 408. — 10 Hormay, histoire de la ville de Soissons, 2 vol. in-4°, 1662-1664. — 11 Histoire du Valois. 3 vol. in-4», 1764. — 12 Gallia christiana, t. IV, Inst., c. 129. — 13 Dom Plancher, Histoire de Bourgogne, t. II, p. 122. — a Ibid., t. 11, p. Sy. — 15 Suivant les auteurs de l'Art de vérifier les dates (t. Il, p. 568), ce fief aurait été détaché en 1265 du comté de Tonnerre et donné à Yolande de Bourgogne, comtesse de Nevers; mais cette séparation ne dut être que temporaire : on ne s'expliquerait pas autrement la mention de liefs tenus de l'évêque de Chalon par le comte de Tonnerre en 1296 (Dom Plancher, Histoire générale de Bourgogne, t. Il, p. 122).
Toulouse (comté de). — Les documents de l'administration d'Alphonse, frère de saint Louis, permettraient de faire une excellente étude topographique de cet important État féodal dont les grandes lignes au treizième siècle sont établies par le traité conclu à Paris, en 1229, entre saint Louis et le comte Raymond VIL Par ce traité, le comté de Toulouse fut restreint aux diocèses de Toulouse (la seigneurie de Mirepoix exceptée), d'Agen, de Cahors, de Rodez, et à la partie du diocèse d'Albi située au nord du Tarn ^ C'est en effet dans ces diocèses seuls qu'étaient situés les domaines du comte au temps d'Alphonse-, mais d'autres documents prouvent que la suzeraineté des derniers comtes de Toulouse s'étendait aussi sur les diocèses d'Auch , de Comminges et de Conserans. Raymond VII , en prenant les armes contre le roi en 1242, nourrissait l'espoir de recouvrer une partie des territoires qu'il avait abandonnés par le traité de Paris, mais sa révolte n'eut d'autre effet que de lui faire perdre la mouvance du comté de ?"oix'\
Le comté d'Armagnac, auquel celui de Fézensac était uni depuis le milieu du douzième siècle, se trouvait autemps de saint Louis dans une situation assez indécise au point de vue de la suzeraineté. En 12 16, pendant la guerre des Albigeois , Géraud IV avait repris de Simon de Montfort , comte de Toulouse, les comtés d'Armagnac et de Fézensac, la vicomte de Fézcnsaguet, ce qu'il avait dans le Magnoac , en un mot tous ses fiefs à l'exception de ceux qu'il tenait de l'église d'Auch*. Cependant il paraît que l'Armagnac relevait antérieurement du duché de Guyenne, car Géraud V, qui s'était engagé auprès du roi d'Angleterre, en 1254, à examiner si son oncle, Géraud IV, n'était pas vassal du roi Jean Sans-Terre , se prononça peu de temps après pour l'affirmative^. Ceci n'empêcha pas, en 1264, le comte Alphonse de réclamer l'hommage de Géraud, et celui-ci, qui avait tout d'abord refusé, se soumit à l'approche du sénéchal de Toulouse, qui marchait contre lui^. Plus tard, enfin, le comté d'Armagnac rentra sous la suzeraineté de la Guyenne, car en 1286 Bernard VI faisait hommage à Edouard l^""^. Ces circonstances et l'autorité de Dom Vaissète, qui, dans sa carte des anciennes sénéchaussées du Languedoc *, comprend l'Armagnac dans la sénéchaussée de Toulouse nous ont décidé à le considérer comme un fief mouvant du comte Alphonse. Le comté d'Armagnac, uni alors à la vicomte de Fézensaguet , était assez semblable au pays d'Armagnac du dernier siècle , si l'on en juge par la liste des communautés qui se portèrent garants des engagements pris en 1247 par le comte Arnaud-Oton ' et en 1254 par le comte Géraud V"*.
Le comte d'Astarac, vassal en 1 1 83 du duc de Guyenne ", paraît aussi au temps de la croisade contre les Albigeois au nombre des feudataires du comte de Toulouse**, mais on ignore si ce dernier était déjà suzerain du comté même d'Astarac. On sait cependant qu'en i2 3o le comte de Toulouse, Raymond VII, donnait au
1 Vaissète, Histoire générale de Languedoc, t. III, preuves, col. 327. — ^ Voyez la liste des baylies du comté de Toulouse , sous le règne de ce prince, chez Boutaric, Saint Louis et Alfonse dePoitiers, p.iyS-iyi). — ■i Y a.issàle, Histoire générale de Languedoc, X.lil, p. 435et 438. — ^ Ibid., t. III, preuves, col. 253. Les fiefs tenus de l'évêche' d'Auch étaient situés à Auch, Jegun, Vie et Nogaro. — s Rymer, Fœdera, conventiones, etc., 3' édition, t. I , p. 86. — 6 Vaissète, Histoire générale de Languedoc, t. UT, p. 498. — ^ Art de vérifier les dates, t. II, p. 274. — 8 Cette carte est jointe au tome IV de V Histoire générale du Languedoc. — 9 Monlezun, Histoire de la Gascogne, t. II, p. 325. — lO Ibid., p. 344. — n-ii Art de vérifier les dates, t. II, p. 283.
Sgo ECLAIRCISSEMENTS.
comte Centule d'Astarac, pour les tenir de lui, certains fiefs situés dans l'Agenois ou dans la partie septentrionale du diocèse d'Auch, et n'ayant par conséquent aucun rapport avec l'Astarac ; c'étaient les châteaux de Saint-Orens, Caussens, Béraut, Francescas, et ce que Raymond possédait dans le Fimarcon *. Une démarche de Sygnis d'Armagnac, veuve de Centule I"^"" et mère de Centule II, fixa en 1244 les relations féodales de l'Astarac : cette princesse, se rendant à Toulouse, mit sa personne, celle de son fils et tous les domaines qui avaient appartenue son mari, sous la protection et le patronage de Raymond VII, qui reçut l'hommage du jeune Centule -. Cinq ans plus tard, Alphonse, successeur de Raymond, recevait à son tour le serment de fidélité du comte d'Astarac^. — La division financière qu'on désignait au dernier siècle sous le nom d'élection d'Astarac était formée des deux comtés d'Astarac et de Pardiac; il nous a donc fallu, pour indiquer la limite commune de ces comtés, utiliser les nomenclatures données par l'abbé Monlezun *, en tenant compte cependant des territoires de villes neuves , que le roi Philippe le Bel en détacha pour les unir à la jugerie de Verdun.
Le comté de Comininges, qui semble avoir compris tout le diocèse de Conserans et la plus grande partie de celui de Comminges, s'étendait sur le diocèse de Toulouse depuis plus d'un siècle par les châteaux de Muret et de Samathan^. En 1241, le comte de Comminges ne reconnaissait encore la suzeraineté du comte de Toulouse que pour ces deux seigneuries ^, mais en 1 244 Bernard VI fit hommage à Raymond VII, pour tout ce qu'il possédait dans les diocèses de Comminges et de Conserans , quoique de temps immémorial , dit l'acte, Bernard et ses prédécesseurs eussent tenule tout en alleu ''. Le pays de Conserans appartenait alors sous le titre de vicomte à une branche cadette de la famille de Comminges*. Quant à la ville épiscopale de Saint-Lizier, longtemps disputée par les comtes de Comminges, elle fut adjugée en 1216 par une sentence arbitrale à l'évêque de Conserans ', qui en rendait hommage en 12 56 au comte de Toulouse *".
La vicomte de Fé:fensagiiet a été distinguée par nous du comté d'Armagnac, bien que l'avènement du vicomte Géraud à ce dernier fief ait uni les deux Etats; mais cette union fut de courte durée, car le Fézensaguet constitua en i285 l'héritage de Gaston, second fils de Géraud V, dont les descendants possédèrent ce pays jusqu'en 1403 ". Le territoire de la vicomte peut être délimité assez exactement, grâce aux dénombrements du siècle dernier qui divisent l'élection d'Armagnac en plusieurs collectes, dont l'une était dite de Fézensaguet*^.
La vicomte de Gabardan appartenait, sous saint Louis, à Gaston VII, vicomte de Béarn **, qu'un jugement arbitral de 1 2 56 mit aussi en possession de la vicomte
1 Vaissète, Histoire générale de Languedoc , t. 111 , preuves, c. 35i. — - Ilvd., t. III , p. 44-'' 444. — 3 Le Nain de Tillemont, Vie de saint Louis , t. III, p. 27(5. — '» Histoire de la Gascogne. t. 11, p. 441-443. — ■> .Muret et Samatlian étaient arrivés aux comtes de Comminges par le mariai;e du comte Bernard III avec Diaz de Muret(.4?-?ifc' vérifier les dates, t. II, p. 265). — 6 Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, t. III, preuves, c. 40b. — 7 Ibid., t. III, preuves, c. 448. Cependant, tomme l'a remarqué Le Nain de Tillemont {Vie de saint Louis, t. III, p. 69;, le père de Bernard VI en avait fait hommage au roi en 1227. — 8 Expilly, LJict. géographique des Gaules et de la France, t. II, p.462. —9 Gallia christiana, t. I, instr., p. i85. — i» Ibid., t. 1, instr., p. 1S6. — 11 Art de vérifier les dates, t. IF, p. 278-279. — l- Dénombrement du royaume par généralité:;, élections, paroisses et feux, par M***, employé dans les finances (Paris, Saugrain, 1709), tome II. p. 144-145. — la Monlezun, Llist, de la Gascogne, t. II, p. '}^o et 373.
NOTFS EXPLICATIVES DES CARTES. 5qi
voisine de Marsan. Malgré cette circonstance, il nous a paru utile de maintenir la distinction entre les deux vicomtes en raison de la diversité de suzerain. Le Marsan, en effet, dépendait du duché de Guyenne, tandis que suivant Dom Vaissète le Gabardan était compris dans le comté de Toulouse ^ Le Gabardan avait encore, au siècle dernier, une existence particulière comme division de la généralité de Bordeaux.
La seigneurie de ï Isle-en-Jourdain ne fut érigée en comté qu'au quatorzième siècle -, mais le rôle important de ses seigneurs nous a engagé à la distinguer des tiefs voisins en lui assignant les limites qu'on lui attribuait au siècle dernier *.
Le vicomte de Lomagne, Vezian II. refusant de reconnaître Richard Cœur-de- Lion, alors duc de Gascogne, pour son suzerain, fut assiégé dans Lectoure parce prince, auquel il fit enfin hommage de son fief'. Plus tard, l'abaissement de la puissance des rois d'Angleterre sur le continent permit sans doute aux successeurs de Vezian de s'affranchir momentanément de leur suzeraineté, mais il paraît peu probable qu'ils aient pu refuser alors d'obéir aux comtes de Toulouse, qui dominaient sur l'Armagnac et l'Astarac, plus éloignés du centre de leur puissance. On sait d'une façon certaine qu'en i25i Arnaud-Oton , vicomte de Lomagne, rendait hommage au comte de Toulouse pour Auvillars et toute la terre qu'il tenait en Agenois ^, mais il faut avouer qu'à cette époque Auvillars était seulement considéré comme une annexe de la vicomte de Lomagne, comprise en grande partie dans le diocèse de Lectoure, et que nous n'avons trouvé aucun renseignement sur la mouvance de la Lomagne proprement dite au temps de saint Louis.
La vicomte de Alagnoac, que Dom Vaissète comprend dans les limites de la sénéchaussée de Toulouse^, n'était pas différente de la vallée de Magnoac, l'une des Quatre- Vallées, sur laquelle la suzeraineté du comte de Toulouse s'étendait dès 1216'^.
La vicomte de Néboiii^an, qui chevauchait sur les deux diocèses de Tarbes et de Comminges, et dont les cartes du siècle dernier nous ont conservé les limites, appartenait en 1257 à Arnaud d'Espagne, vassal d'Eskivat de Chabanais, comte de lîigorre^, et celui-ci en reportait évidemment l'hommage au comte Alphonse, puisque la carte des anciennes sénéchaussées du Languedoc, de Dom Vaissète, la renferme dans les bornes de la sénéchaussée de Toulouse.
Le comté de Pardiac dont Monlezun était le lieu le plus important avait été détaché du comté d'Astarac au commencement du onzième siècle. Uni au domaine royal sous Louis XI, il fut joint depuis à l'Astarac pour former l'élection de ce nom, et nous devons au livre de l'abbé Monlezun' les indications nécessaires pour délimiter les deux comtés '**.
1 Voyez la carte du Languedoc, suivant ses anciennes sénéchaussées, dans le tome IV de Dom Vaissète. — - Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, t. IV, p. 254. — 'i Dénombrement du royaume... par M***, employé aux finances, t. II, p. 40. — 4 Art de vérifier les dates, t. II, p. 281. — s Vaissète, H«/. générale de Languedoc , t. III, preuves c. 471. — 6 Voyez la carte jointe au tome IV de Dom Vaissète. — 7 Géraud IV, comte d'Armagnac, faisant homm-age à Simon de Montfort, comte de Toulouse, mentionne ce qu'il a en Magnoac (Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, t. III, pr., c. 233). — » Monlezun, Histoire delà Gascogne, t. II, p. 35i. — 9/èii., t. II, p. 441- 443.— lULe comté de Pardiac est placé par Dom Vaissète (carte des sénéchaussées) dans la sénéchaussée de Toulouse : c'est la raison pour laquelle, en l'absence d'autres preuves, nous l'avons compté parmi les fiefs relevant du comte Alphonse.
Le nom de Qiiatre-Vallées désignait l'ensemble des vallées d'Aure, de Barousse, de Magnoac et de Neste, qui passèrent vers la fin du treizième siècle à la maison d'Armagnac *. La vallée de Magnoac , si l'on en juge par d'anciennes cartes, était séparée des trois autres vallées par le Nébouzan.
L'existence d'un comté de Rode^, fort différent du Rouergue, remonte à 1096, date à laquelle Raymond de Saint-Gilles , comte de Toulouse, engagea à Richard, vicomte de Cariât et de Lodève, une partie du Rouergue, afin de subvenir aux frais de la croisade. M. de Gaujal- donne sur les variations du comté de Rodez de précieuses indications, que nous avons utilisées pour tracer les limites du comté à l'époque qui nous occupe. L'élection de Rodez ne représente pas le comté du treizième siècle, mais bien celui de la fin du quatorzième, c'est-à-dire le comté accru, grâce à une libéralité royale, des quatre châtellenies de la Guiole, de la Roque- Balzergue, de Saint-Geniès et de Cassagnes-Bégonhès^.
Tournai (évêché de). — On s'accorde généralement à reconnaître que Tournai et sa banlieue ne cessèrent pas de faire partie de la monarchie française pendant tout le cours du moyen âge, et de nombreux arrêts en date de i2o3 à 1483, confirmant le droit de régale des rois de France sur l'évêché, viennent corroborer ce sentiment pour l'époque qui nous intéresse plus spécialement. L'évêque domina à Tournai et dans le Tournaisis jusqu'à l'époque où il céda ces territoires au roi Philippe le Long en échange de plusieurs domaines de Flandre *. Nous avons adopté pour le temporel de l'évêque de Tournai les limites du Tournaisis qui nous sont données par les cartes historiques de Belgique ''.
Velay (comté de). — L'évêque du Puy, qui au siècle dernier portait encore le titre de comte de Velay, était au treizième siècle le haut seigneur de la partie de son diocèse située hors de l'Auvergne; en 1297, il associait le roi de France à sa seigneurie*. Son pouvoir temporel remonte au moins à 1134; c'est du moins la date de la donation faite à l'évêque, par le roi, de toute la ville du Puy avec divers droits régaliens parmt lesquels figure la monnaie''. Vers 1 167, le comté du Puy, qui venait d'être confisqué sur Guillaume VII, comte d'Auvergne, fut également donné à l'évêque : la suzeraineté des prélats du Puy sur le vicomte de Polignac, qui en 121 3 faisait hommage à l'évêque Robert *, remonte sans doute à cette donation. Philippe-Auguste ne contribua pas peu à augmenter les domaines épiscopaux par le don du château d'Arzon en 12 14 ^ et de ceux de Chalançon, de Rochebaron, de Chapteuil, de Glavenas en 1 2 1 5 '". Les documents du treizième siècle permettent de constater quelques divergences entre le Velay du dix-huitième siècle et le comté épiscopal du treizième. Ainsi, au sud, la province engloba les châteaux d'Agrin et de Montbonnet , qui relevaient directement du roi au temps de Philippe-Auguste et
1 Expilly, Dictionnaire géographique des Gaules et de France, t. I, p. 262. — ^Etudes historiques sur le Rouergue, t. I, p. 219-226. — '^ Charles V donna ces quatre châtellenies à Jean d'Armagnac par lettres du i3 mai 1370. {Ibid., t. Il, p. 112.) — 4 Dupuy, Les droits du roy, p. 307. — 5 Voyez, par exemple, la Carte archéologique, ecclésiastique et nobiliaire de la Belgique, dressée par Jos. Vander Maelen (Bruxelles, i863). — 6 Gallia christiana, t. II, c. 721. - 7 Ibid., t. II, p. 704. — 8 Cet hommage était rendu pour Polignac et tous les châteaux du vicomte : " Podemniacum et omnia castella mea que habeo. « (Vaissète, Hist. gén. de Languedoc, t. III, preuves, c. 23S.) — 9 Delisle, Cat. des actes de Philippe-Auguste, n"' i385-i3Xri. — iO fbid., n" i532.