JOINVILLE RÈGLE SES AFFAIRES
danses toute cette semaine, où mon frère le sire de Vaucouleurs, et les autres riches hommes qui étaient là, donnèrent à manger chacun Tun après l'autre, le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi.
111. Je leur dis le vendredi : « Seigneurs, je m'en vais outrece mer, et je ne sais si je reviendrai. Or avancez:, si je vous ai fait <.< tort de rien, je vous le réparerai, Tun après Tautre, ainsi que « j'ai accoutum;, à tous ceux qui voudront rien demander de moi « ou de mes gens. » Je leur réparai de Tavis de tout le commun de ma terre -, et pour que je n'eusse point d'influence, je me levai du conseil, et je maintins sans débat tout ce qu'ils décidèrent.
112. Parce que je ne voulais emporter nuls deniers à tort, j'allai à Metz en Lorraine laisser en gage grande foison de ma terre. Et sachez qu'au jour où je partis de notre pays pour aller en la Terre- Sainte, je ne tenais pas mille livres de rentes en terre •, car madame ma rfière vivait encore : et pourtant j'y allai moi dixième de chevaliers et moi troisième de bannerets. Et je vous rappelle ces choses , parce que si Dieu, qui jamais ne me faillit, ne m'eut aidé, j'y eusse résisté à peine pendant un temps aussi long que l'espace de six ans que je demeurai en la Terre-Sainte.
ii3. Au moment où je me préparais pour paitir, Jean, sire d'Apremont et comte de Sarrebruck par sa femme, envoya vers moi et me manda qu'il avait arrangé sa besogne pour aller outremer, lui dixième de chevahers ; et me manda que si je voulais, nous louerions une nef entre lui et moi ; et je i'octroy ai : ses gens et les miens louèrent une nef à Marseille.