‹ Jean, sire de JoinvilleChapitre 86 sur 467 · DU NIL. I · texte numérisé non relu

DU NIL. I

i85. Le jour de la saint-Nicolas, le roi commanda qu'on se préparât à chevaucher, et défendit que nul ne fût si hardi que de faire une pointe sur ces Sarrasins qui étaient venus. Or il advint que quand l'armée s'ébranla pour chevaucher, et que les Turcs virent qu'on ne ferait pas de pointe sur eux, et surent par leurs espions que le roi l'avait défendu , ils s'enhardirent et attaquèrent les Templiers, qui formaient le premier corps-, et Tun des Turcs renversa un des chevaliers du Temple à terre , juste devant les pieds du cheval de frère Renaud de Vichiers, qui était alors maréchal du Temple.

i86. Quand il vit cela, il cria aux autres frères : « Or à eux, de (( par Dieu! car je ne le pourrais plus souffrir. » Il piqua des éperons, et toute Tarmée ainsi : les chevaux de nos gens étaient frais, et les chevaux Turcs étaient déjà fatigués ; d'où j'ai ouï rapporter que nul n'y avait échappé, mais que tous y périrent; et plusieurs d'entre eux étaient entrés dans le fleuve et furent noyés.

Page 1