L'ÉDIT CONTRE LES BLASPHÉMATEURS
Au chapitre onzième de ce livre nous avons omis de parler de l'édit royal contre les blasphémateurs. Nous tenons à combler cette lacune en le mentionnant ici. Cet édit fut rendu le 30 juillet 1606. Louis XIV décrétait que " les blasphémateurs du saint nom de Dieu, de la Vierge et des saints " seraient " condamnés pour la première fois en une amende pécuniaire à l'arbitrage des juges, et pour la deux, trois et
APPENDICE
quatrième fois, condamnés doublement, tiercement et quadruplement, et pour la cinquième, appliqués au carcan aux jours de fêtes ou dimanches, où ils demeureraient depuis huit heures du matin jusques à une heure l'après-midi, et en outre en une grosse amonde ; pour la sixième fois, seraient menés au pilori et auraient la lèvre de dessus coupée d'un fer chaud ; et la septième fois seraient menés au pilori et la lèvre de dessous coupée ; et en cas d'obstination et récidive ils auraient la langue coupée ; à faute d'avoir par les condamnés de quoi les payer, tiendront prison un mois ou plus au pain et à l'eau, et sera fait registre des dits blasphémateurs ; et seraient tenus ceux qui entendraient blasphémer de le révéler au juge dans vingt-quatre heures, à peine de soixante sols pariais d'amende ; et n'entendait le dit seigneur roi comprendre les énormes blasphèmes qui, selon la théologie, appartenaient au genre d'infidélité et dérogeaient à la bonté et grandeur de Dieu et de ses autres attributs, lesquels le dit seigneur voulait être punis de plus grandes peines que
celles ci-dessus " Cet édit fut enregistré au parlement de
Paris, le 6 septembre 1606.
Le 27 février 1668, Talon rendit une ordonnance pour faire lire, publier et afficher cet édit dans toutes les habitations de la colonie. Il le fit de plus enregistrer au Conseil Souverain, le 29 mars suivant. (Edita et Ordonnances, I, pp, 62 à 64.
L'outrage à Dieu était alors traité comme un attentat contre la société chrétienne.