‹ Jean TalonChapitre 36 sur 58 · LE TESTAMENT DE TALON · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT DE TALON

Cette pièce si importante et si précieuse pour nous se trouve aux Archives nationales, à Paris. (Série Y', Registre 38 des insinuations du Chûtelet, folio 78).

Testament de Messire J. Talon, intendant de la Nouvelle- France.

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, un seul en trois personnes, que j'adore, en qui je croîs, en qui j'espère, persuadé qu'on ne doit pas compter sur la vie et qu'il est bon de prévenir la mort, mettant quelque ordre dans les affaires ; après avoir prié le Père Eternel de recevoir dans le sein d'Abraham mon âme purifiée de ses crimes par le précieux sang de son cher Fils, après avoir demandé à la Sainte Vierge ses suffrages auprès de ce même fils, aussi bien que les suffrages de tous les anges, saints et saintes du Paradis, j'ai, soussi-

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gné, jouissant du plein usage de ma raison, de toute la liberté de mon esprit et d'une entière santé de mon corps, déclaré que ce qui suit est mon testament et ma dernière volonté que je désire et veux être suivie et exécutée ; je déclare aussi que je révoque, casse et annulle par le présent écrit de ma main tous les autres testaments et codiciles que j'ai pu avoir faits antérieurs à celui-ci.

Premièrement : Je désire et ordonne que vingt-quatre heures après mon trépas et non plus tôt, mon corps soit ouvert pour en tirer mon cœur, qui sera mis en plomb qu'on trouvera dans le tiroir de mon bureau, préparé pour cela, pour être porté et déposé dans l'église de l'abbaye de tous les Saints, de Cbâlons, où sont ceux de mes frères Claude et Philippe Talon, mes frères ; désirant de plus que celui de feu Monsieur Philippe Talon, mon père, que j'ai mis ou déposé sous l'autel intérieur des Capucins de Rouen, en soit tiré, afin que les dits cœurs de mes dits frères et le mien lui étant joints, on puisse leur donner une sépulture commune sans séparer ce qui a toujours et doit être parfaitement uni.

Qu'à cet effet on donne des faveurs aux dits Pères Capucins pour l'avoir bien voulu conserver, les priant de faire un service pour mon père et pour moi ; lorsqu'on tirera mon cœur, qu'on donne à mon corps la même sépulture qu'à défunts mes père et mère inhumés dans la chapelle do Sainte-Catherine de Notre-Dame de Châlons, en Champagne, modestement et sans éclat, mais avec toute la dévotion et le secours des prières qu'on pourra.

Que dans le jour de mon décès, si je meurs avant midi, on fasse diro les messes des morts pour apaiser la juste colère de Dieu sur mes péchés.

Qu'au moment de mon décès six prêtres séculiers ou réguliers seront mis auprès de mon corps et y demeureront jusqu'à ce qu'il soit transporté pour être inhumé, et j'ordonne que pour la rétribution des dits prêtres, il leur soit payé à chacun six livres par chaque vingt-quatre heures, outre la nourriture qui leur sera donnée.

Comme tout ce que je possède vient des bienfaits et des libéralités du Roi, particulièrement des doux charges de secrétaire de son cabinet et do premier valet de sa garde-robe, de même que ce que j'ai pu ménager dans les différents em-

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plois dont il a plu à Sa Majesté de m'honorer, dèfl avant que je n'aie rien des biens de ma famille, et reconnaissant le droit qu'a Sa Majesté de disposer sommairement de tout ce bien, je veux et entends que ceux qui prendront quelque part à ce mon testament fassent connaitre à Sa Majesté que je n'ai prétendu disposer d'aucunes choses que sous son bon plaisir ; et s'il est que mon testament ait lieu, ils reconnaissent ce qui leur est ordonné ou légué comme une grâce qu'elle a la bonté de leur faire, qui doit les engager à s'attacher à son service, à quoi je les invite, leur proposant l'exemple de six de leurs Oncles, mes frères, qui s'y sont sacrifiés, sans compter le trop faible zèle que j'ai eu pour le même service. Supposant de la part du Roi la permission de disposer du bien qu'il m'a Tait, je veux et ordonne que sur le total de mon bien, par préférenoe à toutes autres choses, toutes les dettes légitimes que je peux avoir contractées ou pour moi ou pour feu mes frères, desquels je peux avoir hérité, soient ponctuellement acquittées.

Qu'ensuite il soit fondé une messe annuelle et perpétuelle chaque jour do l'année, de même qu'à mon anniversaire aussi perpétuel à môme jour que celui de mon trépas, autant qu'il sera possible, d'une grande messe des morts, le célébrant de laquelle sera assisté d'un diacre et d'un sous-diacre, avec des choristes vêtus de chappes, et la dite messe précédée de l'office des morts ou le même jour ou la veille d'icelle,et que la dite fondation se fasse dans l'église de l'abbaye de Toussaints de Châlons, pour demander à Dieu qu'il plaise à sa miséricorde de me remettre les peines du purgatoire auxquelles il aurait pu me condamner, de même que celles que mes père et mère, frères et sœurs, neveux, nièces et autres mes parents, peuvent encore souffrir pour remplir les justes jugements.

Que par le contrat qui sera fait de cette fondation, du consentement du Très Révérend Père Général de l'ordre des chanoines réguliers et supérieur de la communauté des Religieux de Toussaints, ils soient obligés le dimanche précédent les anniversaires de faire avertir par une bulle le chef de ma famille résidant à Chalons, et deux ou trois des principaux des miens parente, afin qu'ils puissent y assister s'ils en ont

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la dévotion, de même que d'en avertir le peuple à 1a sortie de la grand'-messe qu'ils seront personnellement obligés de faire sonner pour les anniversaires, de même que tinter la messe annuelle à la manière accoutumée.

Qu'ils seront personnellement obligés do payer dix livres aux pauvres qui assisteront aux messes des dits anniversaires à la sortie d'ioelles. Pour cette fondation j'ordonne qu'il soit payé au supérieur de la communauté des religieux de la dite abbaye s'ils l'acceptent du consentement du général de l'ordre, auquel ils seront obligés de faire ratifier le contrat qui en sera passé, la somme de quatre cent cinquante livres de rente annuelle et perpétuelle à condition aussi qu'ils seront obligés de fournir le luminaire de six cierges sur l'autel, deux sur les ordinaires et six autour de la représentation, la dite somme de quatre cent cinquante livres & prendre sur la terre et baronnie de Nanteuil-sur- Aisne qui ne pourra à l'avenir être possédée par qui que ce soit, vendue ni échangée ni aliénée qu'à cette charge et condition, et aux refus que les religieux de cotte abbaye pourront faire d'accepter cette fondation, elle sera affectée u Messieurs les curés et chanoines de Notre-Damede-Chàlons, et au cas qu'ils l'acceptent, je les prie de fairo dire les messes annuelles dans la chapelle de Sainte-Catherine.

Qu'au moment qu'on saura ma mort, soit que je meure à Paris ou ailleurs, j'ordonne qu'on envoie oinquante francs à chacune des communautés des Révérends Pères Récollets, rue du Bac, des Théatins, des Augustins déchaussés de la place des Tréteaux de Saint-François, aux religieux du même ordre du couvent des Loges près Saint Germain, avec un billet à chacune des dites communautés, au supérieur d'icelles, pour les inviter de dire quelques messes, de faire prier Dieu pour moi par leurs religieux et religieuses le plus tôt qu'ils pourront après le billet reçu.

Je désire et ordonne que tous les gages qui pourront être dus à mes domestiques leur soient ponctuellement payés, et qu'on leur donne à chacun suivant leur rang un habit complet de deuil. Outre les gages qui auront été payés à mes domestiques, je lègue au cocher qui sera en service le jour de mon déoèB et à chacun de mes laquais qui y seront de même

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dix écus j à Arnoux, mon valet de chambre, si au dit jour de mon décès il est encore auprès de moi, quatre cent livres et un de mes habits, outre celui de deuil j à François Turu qui écrit sous moi, quatre cent livres, et un de mes habits outre celui de deuil ; au cuisinier qui sera à mon service au jour de mon décès vingt écus, et s'il y a alors auprès de moi quel» qu'autre domestique qui ne Boit pas ci-nommé, je désire qu'il soit traité de même.

Je veux et entends que pour marquer les endroits où mes proches parents sont inhumés, on orne la chapelle de Sainte- Catherine de l'Eglise de Notre Datne-de-Châlons où les corps de mes père et mère sont enterrés, et qu'une tombe de marbre, où on scellera des plaques de cuivre, soit mise sur leurs corpsaveo une inscription qui marque qu'ils sont unis d'époux ; et pour l'ornement de la dite chapelle, je lègue cinq cents écus dont je prie Monsieur de Liste, chanoine de la dite Eglise, de faire faire l'emploi ; qu'une tombe ou épitaphe soit mise dans l'Eglise de Saint-Servin de Coudron où François Talon mon frère est inhumé pour marquer le lieu de sa sépulture.

Que sur le corps de feu Arthur Talon, chanoine de Notre- Dame de Vervins et abbé de Toussaints, mon frère, aîné de ma famille, enterré à la gaucho du portail qui conduit par le préau dans l'Eglise de Notre-Dame, soit mis une tombe si le lieu le souffre, ou vis-à vis sur la muraille une épitaphe qui marque sa sépulture, et pour cela je lègue à la fabrique de cette Eglise cinq cents livres une fois payées et autres cinq cents livres pour être distribuées à Messieurs les chanoines et ecclésiastiques qui assisteront à un service des morts, vigiles de grande messe, que je prie très humblement mes dits sieurs les chanoines de vouloir célébrer pour le repos de l'âme de mon dit frère le jour de l'exposition de la tombe ou épitaphe. Il n'y a rien à ajouter à la fondation qui a été faite à Oudenarde pour feu Claude Talon mon frère, enterré dans la principale église au pied du tabernacle, ni au monument qui lui a été dressé.

Que pour marquer la sépulture de feu Paul Talon, mon frère, mort à Saint-Jean-de Luz, et enterré presque au milieu de l'église principale, on mit sur son corps une tombe de

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marbre ornée de lames de cuivre avec une inscription ; pour cela, et pour un anniversaire que je prie très humblement messieurs les curés et marguillers de la dite église de faire tous les ans, au jour s'il se peut de la mort du défunt, à perpétuité, je lègue à la fabrique de la dite église cinq cents écus une fois payés pour employer un fonds.

Que de pareilles marques de sépultures soient données à défunts mes frères Nicolas, Antoine, Philippe et Noël Talon, le premier chanoine et sous-chantre de l'église cathédrale de Châlons, enterré dans la nef de la dite église près d'un pilier à la gauche presque en entrant par le grand portail ; le second aussi chanoine et sous chantre de la dite église, et abbé de Toussaint», enterré dans l'église souterraine des minimes de Trévoux, presque au milieu de la dite église ; le troisième, abbé de Toussaints, enterré vis-à-vis du grand autel au-dessous des marches du chœur de la dite église ; et le quatrième tué, servant de volontaire, à l'attaque des lignes d'Arras, enterré dans le chœur de l'abbaye d'Estrées, proche ladite ville, assez proche des stalles des religieux du côté droit de cette église.

Que sur le corps de Claude Laguide Dareguy, mon neveu, enterré au dit Ligny dans l'église principale, il soit aussi mis une tombe ou posé une épitaphe ; de même que sur le corps d'Anne Talon, ma sœur, enterré dans Notre Dame de Cbàlons.

Je lègue à Madeleine Laguide Meynier. femme de feu Monsieur Perrot, la terre et vicomté de Ville-Jouy-sur- Vignes et dépendances, de même que la maison, les terres et les vignes qui m'appartiennent dans Jouy, substituant le tout aux enfants de Monsieur Perrot et Dame, vivants au jour de mon décès ; je lègue à Madeleine Perrot sa fille et ma nièce lasomme de deux mille écus pour aider à la mettre en religion si Dieu lui en inspire le dessein, ou pour aider à son mariage, voulant qu'à cet effet cette somme soit placée le plus sûrement qu'on pourra afin qu'elle ne soit pas dissipée avant le temps de l'emploi à sa destination.

Je lègue à Monsieur Perrot, mon neveu, son frère,six mille livres qui seront mis en rente, à Henry Perrot, son cadet, trois milles livres, supposé qu'il n'ait rien fait chez les Anglais chez lesquels il a vécu de contraire à sa religion dont il ne veuille. Je lègue pareillement à Angélique Perrot, ma nièce,

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trois mille livres, à Geneviève Perrot, ma nièce, trois mille livres pour l'aider à la mettre en religion, oondition pour laquelle elle témoigne inclination, mais pour laquelle je n'entends pas qu'elle puisse être contrainte. Je lègue à Geneviève Talon, ma nièce, vingt mille livres, sans préjudice d'un billet de dix mille livres que je lui ai donné, et dont j'entende qu'elle soit payée de même que des intérêts depuis les dates du dit billet.

Je veux et entends qu'on ne puisse rien demander à Madame Talon, ma belle-sœur, de tout ce qu'on établira de prétentions contre elle pour son logement et les nourritures que je lui ai fournies, non plus que de ce qu'elle me peut devoir par billet ou autrement, par engagés, prêts ; et pour marquer que je ne conserve aucun ressentiment de tout le chagrin qu'elle m'a donné par sa conduite à mon égard, je lui lègue la tapisserie qui est dans le haut de la grande chambro de mon logis.

Je lègue au nommé Jean Talon, Irlandais qui travaille dans les bureaux de Milord Melford, cent écus ou trois cents livres pour aider à sa subsistance. J'ordonne pareillement que des bions de ma succession il en soit employé quatre mille livres au soulagement des personnes de ma famille qui sont la plupart en Champagne, conformément à l'état de distribution qui en sera fait par Monsieur le président de Saint- Martin que j'en prie très hamblement, et par Madame Perrot et Angélique Talon mes nièces.

Je lègue aux prêtres hybernants des deux communautés des Lombards et do Montagu qui auront la charité de repasser en Irlande pour y conserver la religion catholique et y assister leurs compatriotes, six cent livres, priant très humblement Monaiour Bailly, avocat général au grand conseil, de régler cette distribution à mesure que les dits prêtres s'offriront pour passer.

.l'ordonne pareillement qu'on continue de donner pendant un an après mon décès, cinquante écus par quartier, faisant six cents livres pour l'année, à chacune dos dites communautés des lombards et de Montagu, pour aider à leur subsistance en attendant que quelque personne charitable prenne soin de les assister.

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Je lègue en faveur des pauvres anglais, irlandais et écossais auxquels je prenais le soin de distribuer la charité du roi et de la cour, six caille livres, et j'entends que cette somme soit remise entre les mains de la personne choisie par Madame de Maintenon, sous les ordres de laquelle cette somme se distribuera, si Dieu veut avoir la charité de l'ordonner. Je prends ici occasion de la remercier très humblement de tous les biens qu'elle m'a donnés et procurés de servir les pauvres, et de l'assurer que si Dieu me fait miséricorde, jo le prierai de tout mon cœur de la combler de ses grâces, ce que je dois faire et ferai ardemment pour le roi.

J'établis pour mon héritier légataire universel la personne de François Talon mon neveu, et parce que les biens que je lui laisse consisteront en terres, maisons, et contrats, et non pas en argent comptant, je prie tous ceux et celles en faveur desquels (je fais des legs), excepté les legs qui regardent les pauvres ou l'Eglise, de lui donner trois mois de temps pour vendre quelques contrats ou meubles et remplir les dits legs.

Je désire que mon neveu Jean-Frai çois Talon laisse dans le pavillon des Loges tous les meubles qui peuvent y être, ne les ayant mis que pour servir utilement aux personnes de qualité qui, pour faire plus commodément leurs dévotions, voudront s'y retirer, et je prie très humblement les supérieurs des Augustins déchaussés, et particulièrement au dit monastère, d'en laisser la clef à l'usage de mon dit neveu comme ils m'ont fait la grâce de me l'accorder durant ma vie.

Le roi d'Angleterre m'ayant fait l'honneur de s'adresser à moi pour demander quelque secours d'argont au cours de son voyage de La Hogue, et lui ayant prêté cinquante mille livres provenant du prix de ma charge de secrétaire du cabinet, j'ordonne à mon neveu mon héritier de lui faire connaître de ma part que mon intention ayant été de lui faire ce léger plaisir, je désire qu'il dispose de cette somme comme il plaira à Sa Majesté, ne voulant pas qu'il la rembourse s'il n'est bien en état de le faire, persuadé que je suis que si Dieu, en qui j'espère de sa divine Providence, le rétablit sur le trône il n'abandonnera ni ma famille ni mon neveu qui rap. portera à Sa Majesté Britannique le billet qui se trouvera dans ma cassette, qu'elle a voulu absolument que jo prisse,

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et il marquera en même temps à la reine que, mourant comme je fais son très humble et très respectueux serviteur, je prierai Dieu de toutes mes forces, s'il me pardonne mes péchés, de la rendre plus heureuse en l'autre monde qu'elle ne Test en celui-ci.

Je lègue à Messieurs Bon temps, Bergers et Amoino trois grands tableaux qu'on assure être de Fougemont, le premier à choisir par Monsieur Bontemps, le second par Monsieur Bergers et le troisième par Monsieur Amoino, pour leur servir de mémoire de notre ancienne amitié, que je les prie de conserver à toute ma famille.

J'établis pour exécuteur de mon testament Monsieur l'abbé G ubais, docteur de Sorbonne, et Monsieur Yvesc aumônier du Roi d'Angleterre, les priant de vouloir bien me rendre ce dernier office et de joindre avec eux Monsieur Muler cidevant vicaire de Saint-Germain qui a beaucoup de zèle et d'action et qui peut les aider, ce que cependant je laisse à leur liberté, laissant aussi à chacun d'eux un tableau à choisir dans ceux qui me restent.

Et pour rendre ce testament plus valable je l'ai signé de ma main et scellé du cachet de mes armes.

Fait à Paris, le vingt-neuvième avril mil six cent quatrevingt-quatorze.

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