‹ Jean TalonChapitre 35 sur 58 · LE FIEF DES ISLETS · texte numérisé non relu

LE FIEF DES ISLETS

Le domaine ou le fief des Islets dont il est question spécialement à la page 275, avait été concédé en l'année 1626 à Louis Hébert par Champlain, au nom de M. de Ventadour. Il consistait d'abord en une lieue de front, sur la rivière St-Oharles, et quatre lieues de profondeur. La lieue de front fut réduite à un quart de lieue par M. de Lauzon, en 1652. (Acte de foi et hommage, 10 décembre 1667; Arch. du min. des terres, mines et pêcheries).

Louis Hébert, mort en 1627, laissa deux enfants: Guillaume et Guillemette Hébert.

Guillaume Hébert épousa Hélène Desportes, et mourut en 1639, laissant deux enfants : 1° Joseph Hébert, marié à Marie-Charlotte de Poitiers, mort sans enfants, tué par les Iroquois en 1661. 2° Françoise Hébert, épouse de Guillaume Fournier.

Guillemette Hébert épousa Guillaume Couillard dont elle eut plusieurs enfants. Elle perdit son mari en 1663.

En 1667, les héritiers survivants de Louis Hébert étaient donc: sa fille, Guillemette Hébert, veuve Couillard, et sa petite-fille Françoise Hébert, femme Fournier. Il y eut entre Guillemette Hébert, d'une part, et Guillaume Fournier et sa femme, de l'autre, de longues contestations. Nous n'entreprendrons pas d'en exposer ici le détail. Notre Beul but est

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do montrer comment Talon devint propriétaire du fief Hébert à la rivière Saint-Charles.

Il procéda systématiquement. Sur la partie du domaine qui lui était échue, Guillemette Hébert avait concédé des terres à Louis Blanchard et à Thomas Touchet. Talon commença par acheter celle de Louis Blanchard, par acte du 9 septembre 1667. (Greffe Rageoi; Arch. jud.) Puis il acheta celle de Thomas Touchet, le 15 janvier 1668 (Ibid.). Il acheta ensuite une autre portion non concédée du domaine des Islets,de Guillemette Hébert, par acte du 17 janvier 1668. ( Greffe Beequet ; Arch. jud.) Enfin le 31 août et le 12 octobre 1670, il acheta de Françoise Hébert et de son mari Guillaume Fournier, leur part du susdit domaine.

Pour ces différentes acquisitions, Talon paya : 1° à Louis Blanchard, "dit danse à l'ombre \ 350 livres; 2° à Thomas Touchet, 10Û0 livres; 3" à Guillemette Hébert, 560 livres, plus une terre à bois pour son fils Louis Cou il lard ; 4" à Françoise Hébert et Guillaume Fournier, 6850 livres. Soit en tout 8760 livres.

Le 24 mars 1668, Talon rendait foi et hommage, parle ministère de Jean Lcvasseur, huissier, pour la portion de fief acheté par lui de Guillemette Hébert le 17 janvier, et pour les terres acquises de Louis Blanchard et de Thomas Touchet, " icelles acquisitions faites par lo dit seigneur intendant pour être réunies et incorporéos et tenues désormais à titre do fief conjointement avec le surplus do l'acquisition qu'il a faite de la dite veuve Couillard, sur laquelle dite terre en fief le dit seigneur intendant a fait bâtir une grande maison en pavillon avec une grange et autres bâtiments et fait faire plusieurs travaux pour jardins et terre en culture, labours et prairies." (Acte de foi et hommage, 24 mars 1668 ; Arch. min. terres, mines et pêch.)

C'est ce fief que Louis XIV érigea en baronnie des Islets en 1671, et en comté d'Orsainville on 1675. Comme on l'a vu, l'héritier do Talon le vendit en 16%, à Mgr de Saint- Vallier, qui en fit donation à l'hôpital général, auquel il appartient encore.

Depuis l'origine do la colonie jusqu'à nos jours les propriétaires de ce domaine ont donc été successivement : Louis

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Hébert; ses enfants Guillaume et G uillemette Hébert; ses petits-enfants Joseph et Françoise Hébert ; Louis Blanchard et Thomas Touchet, & titre de concessionnaires de terres ; l'intendant Talon ; son héritier Jean-François Talon ; Mgr de Saint- Vallier, et en6n l'hôpital général. La partie du fief où se trouvaient les terres de Louis Blanchard et de Thomas Touchet et le terrain vendu à Talon par Guillemette Hébert, le 17 janvier 1668, forment aujourd'hui le parc Victoria. Cette portion de l'ancien comté d'Orsainville a été concédée, en 1896, à la ville de Québec par l'hôpital général, moyennant une rente constituée de cinq cents piastres par année au capital de vingt mille piastres.

Parmi les promeneurs qui circulent à travers le parc, aux accords harmonieux des concerts en plein air, durant nos belles soirées d'été, bien peu se doutent qu'ils foulent un sol historique, et que la mémoire de Louis Hébert, le pionnier de la Nouvelle-France, de Jean Talou, le grand intendant, et de Mgr de Sain t- Vallier, l'illustre évèque, plane au dessus de ces allées et de ces parterres.

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