JACQUELINE, MARGOTTE
MAHGOTTK, qui a accompagné les paysans, redescend en scène.
Dis donc, Jacqueline?
JACQUELINE, se regardant dans un petit miroir au-dessus du buffet ï
droite.
Quoi ?
MARGOTTE
C’est donc vrai, tout ça?
Quoi?
Tu te maries?
MARGOTTE
Damel oui.
JACQUELINE
Avec Clochedoux ?
MARGOTTE
JACQUELINE, riant.
Avec Clochedoux.
MARCOTTE, se rapprochant et baissant la voix arec une certaine crainte.
Eli ben? et l’autre?
JACQUELINE
L’autre qui?
MARGOTTE
Ton promis... Jean Torgnole, quoi !...
Dame! j’sais pas oùs-qu’il est?
MARGOTTE
Les marins, on ne l’sait jamais... c’est égal, tu lui avais juré de l’attendre.
JACQUELINE
Je l’ai attendu deux ans... je crois que c’est ben gentil comme ça... c’est vrai, les hommes sont farces... « Tu vas me faire un serment, qu’ils vous disent comme ça... Tu vas me jurer ci et ça... et patati et patata... » On leur jure tout ce qu’ils vous demandent et ils ne reviennent pas... Ils ne sont pas raisonnables... quand on veut qu’une jeunesse tienne son serment, on ne fait pas le tour du monde... on fait le tour de rien du tout... on donne de ses nouvelles... on écrit... Pourquoi qu’il n’a pas écrit?
MARGOTTE
Écoule donc... En pleine mer, c’est peut-être difficile de mettre une lettre à la poste... Et puis c’ pauvre Jean Torgnole... il est peut-être chez les sauvages, à c’ t’heurel (Frissonnant.) Oh ! ça fait frémir de penser a celai...
Am : On dii que je suis sans malice.
On dit partout que ces sauvages Sont de vilains anthropophages,
Et que dans leurs pays lointains,
Ils mangent les pauvre» marins.