‹ Jean Zyska--GabrielChapitre 17 sur 63 · LE PRINCE, LE PRÉCEPTEUR , M,4RC · texte numérisé non relu

LE PRINCE, LE PRÉCEPTEUR , M,4RC

( Le prince est en manteat^ de voyage , assis sur vn fauteuil. Le précepteur est debout devant lui. Marc lui sert du vin.)

LE PRÉCEPTEUR

Votre altesse est-elle toujours aussi fatiguée?

LE PRINCE

Non. Ce vieux vin est ami du vieux sang. Je rae trouve vraiment mieux.

LE PRÉCEPTEUR

C*est un long et pénible voyage que votre altesse vient de faire... et avec une rapidité...

LE PRINCE

A quatre-vingts ans passés, c'est en effet fort pénible. n fut un temps où cela ne m'eût guère embarrassé. Je traversais Tltalie d'un bout à l'autre pour la moindre affaire , pour une amourette , pour une fantaisie ; et maintenant il me faut des raisons d'une bien haute im-

l.îi GABRIEL.

portance pour entreprendre, en litière, la moitit trajet que je faisais alors à cheval... Il y a dix ansje suis venu ici pour la dernière fois, n'est-ce pas, M^

MARC, très'intimidé.

Oh! oui, monseigneur.

LE PRINCE

Tu étais encore vert alors ! Au fait , tu n'as guère ^ soixante ans. Tu es encore jeune, toi l

MARC

Oui , monseigneur.

LE PRINCE , se retournant vers le précepteur. Toujours aussi bête, à ce qu'il paraît? (Haut.) M^i tenant laisse-nous , mon bon Marc , laisse ici ce flacon.

MARC

Oh ! oui , monseigneur. ( // hésite à sortir.)

LE PRINCE , avec une bonté affectée.

Va, mon ami...

MARC

Monseigneur... est-ce que je n'avertirai pas le seigneur Gabriel de l'arrivée de votre altesse?

LE PRINCE , avec emportement.

Ne vous l'ai-je pas positivement défendu?

LE PRÉCEPTEUR

Vous savez bien que son altesse veut surprendre monseigneur Gabriel.

LE PRINCE

Vous seul ici m'avez vu arriver. Mes gens sont incapables d'une indiscrétion. S'il y a une indiscrétion commise , je vous en rends responsable.

(Marc sort tout tremblant.)

GABRIEL. t^

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