LE PRINCE, LE PRÉCEPTEUR
LE PRINCE
^^^ Un hoaune sûr, n'est-ce pas?
n LE 'PEéCEPTEUB.
^^e moi-même, monseigneur.
LE PRIIfCB.
Et *)riôl*** il est le seul, après vous et la nourrice de Ga-
* ^iii ait jamais su...
r , LE PRÉGEPTBDB.
gQ^ ^ V la nourrice et moi , nous sommeà les seules per- (j'I^ ^^ au monde, après voire altesse, qui ayons aujoiir- ^ Connaissance de cet important secret.
k^ LE PRUYGB.
gg^^^tH)rlant! Oui, vous avez raison; terrible, effrayant (^^^^t , et dont mon àme est quelquefois tourmentée ja^J^^e d'un remords. Et dites-moi, monsieur l'abbé, ^1% aucune indiscrétion. . .
^ LE PRECEPTEUR
*^^ la moindre, monseigneur.
^^ LE PRINCE
f^^'^^ jamais aucun doute ne s'est élevé dans l'esprit des ^^^nnes qui le voient journellement?
LE PRÉCEPTEUR
ornais aucun , monseigneur.
LE PRINCE
l^^^^Vinsi, vous n'avez pas flatté ma fantaisie dans vos ^^es? Tout cela est l'exacte vérité?
LE PRÉCEPTEUR
^ V^otre altesse touche au moment de s'en convaincre ^^ eKe*même.
LE PRINCE
C'est vrai î... Et j'approche de ce moment avec uneémotion inconcevable,
LE PRÉCEPTEUR
Voire cœur paternel aura sujet de se réjouir.
LE PRINCE
Mon cœur paternel l... L'abbé, laissons ces mots-là aux gens qui ont bonne grâce à s'en servir. Ceux-là, s'ils savaient par quel mensonge hardi, insensé presque, il m*a fallu acheter le repos et la considération de mes vieux jours, chargeraient ma tète d'une lourde accusation, je le sais! Ne leur empruntons donc pas le langage d'une tendresse étroite et banale. Mon affection pour les enfants de ma race a été un sentiment plus grave et plus fort.
Un sentiment passionné !
LE PRINCE
Ne me flattez pas, on pourrait aussi bien l'appeler criminel ; je sais la valeur des mots, et n'y attache aucune importance. Au-dessus des vulgaires devoirs et des puérils soucis de la paternité bourgeoise, il y a les devoirs courageux, les ambitions dévorantes de la paternité patricienne. Je les ai- remplis avec une audace désespérée. Puisse l'avenir ne pas flétrir ma mémoire, et ne pas abaisser l'orgueil de mon nom devant des questions de procédure ou des cas de conscience 1
LE PRÉCEPTEUR
Le sort a secondé merveilleusement jusqu'ici vos desseins.
LE PRINCE , après un instant de silence.
Vous m'avez écrit qu'il était d'une belle figure?
LE PRÉCEPTEUR
Admirable 1 C'est la vivante image de son père»
LB PRIMC».
espère que son caraclère a plus d^énergie 1
LE PRÉCEPTEUR
l'ai mandé souvent à votre altesse , une incroyable gie 1
LE PRINCE
»n pauvre père! C'était un esprit timide... une ftme ^'*^*^^^rée. Bon Julien! quelle peine j'eus à le décider à Ç^*^^^^r ce secret à son conTesseur au lit de mort! Je ne
pas que ce fardeau n'ait avancé le tçrme de sa vie...
LE PRÉCEPTEUR
«tôt la douleur que lui causa la mort prématurée de lie et jeune épouse^..
LE PRINCE
^ '*■ ^^ vous ai défendu de m'adoucir les choses; monsieur
^^^X^é, je suis de ces hommes qui peuvent su[>porter
'^'^^'^^ la vérité. Je sais que j'ai fait saigner des cœurs, et
^^^ <5eci en fera saigner encore ! NUmporte, ce qui est
f^ ^ ^st fait... 11 entre dans sa dix-septième année ; il doit
*"^ d'une assez jolie taille ?
LE PRÉCEPTEUR
^ ^ a plus de cinq pieds , monseigneur, et il grandit '^ ' ' ^' "wrs et rapidement.
LE PRINCE, avec une joie très-marquée.
h vérité! Le destin nous aide en effet! Et la figure,
^ ""^lle déjà un peu mâle? Déjà! Je voudrais me faire
* ^^^^on à moi-même... Non, ne me dites plus rien; je
^, . ^^^rrai bien... Parlez-moi seulement du moral, de
^^^^cîation.
-•^Oiit ce que votre altesse a ordonné a été ponctuel- ^'^^nt exécuté, et tout a réussi comme par miracle.
LE PRINCE
Sois louée, ô fortune !... §1 vous n'exagérez rien, mon-
InR GABRiRli.
sieur l'abbé. Ainsi rien n*a été épargné pour façonner son esprit, pour l'orner de toutes les connaissances qu'Ain prince doit posséder pour faire honneur à son nom et à sa condition?
LE PRÉCEPTEUR
Votre altesse est douée d'une profonde érudition. Elle pourra interroger elle-même mon noble élève , et voir que ses études ont été fortes et vraiment viriles.
LE PRINCB>
Le latin, le grec, j'espère?
LE PRÉCEPTEUR
Il possède le latin comme vous-même, j'ose le (fire, monseigneur; et le grec... comme...
( // sourit avec aisance, ) LE PRINCE, riant de bonne grâce.
Comme vous, l'abbé? A merveille, je vous en remercie, et vous accorde la supériorité sur ce point. Et l'histoire, la philosophie, les lettres?
LE PRÉCEPTEUR
Jo puis répondre oui avec assurance; tout l'honneur en revient à la haute intelligence de l'élève. Ses progrès ont été rapides jusqu'au prodige.
LE PRINCE
Il aime l'étude? Il a des goûts sérieux?
LE PRÉCEPTEUR
Il aime l'étude, et il aime aussi les violents exercices, la chasse, les armes, la course. En lui l'adresse, la persévérance et le courage suppléent à la force physi- . que. Il a des goûts sérieux, mais il a aussi les goûts de son âge : les beaux chevaux, les riches habits, les armes étincelantes.
LE PRINCE
S'il en est ainsi, tout est au mieux, et vous avez parfaitement saisi mes intentions. Maintenant, encore un
mot. Voes ticiilièrey
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Et quels oontmoels ?
«voiUBi «D loi tsBF esennÙQE^
Un mélange dlnnw e( de easDtpafifflos . de Frin}«thie et de haioe —
De sympathie, <fife»-Tioas? A-4-fl jamaê tq aocan^ femme? A-tril jamais pa édumger quelques paroles avec des persoones d'un autre aexe que. .• le sien ?. . .
.àouW-^^^e»*»**^ . C'est
l'adresse, delà force même... Eh bien! va-l-il donc ter la barrière , ce jeune fou ?
LB PRÉCEPTEUR
'oujours, monseigneur.
LE PRINCE
•ravissimo! Je n'aurais pas fait mieux à vingt-cinq ^ï* ^ • L*abbé, si le reste de l'éducation a aussi bien réussi, je "VOUS en fais mon compliment et je vous en récompensei^sii de manière ^ vous satisfaire, soyez-en certain, ^^inleuant j'entre dans l'appartement que vous m'avez îné. Derrière cette cloison , j'entendrai votre entreavec lui. 'J'ai besoin d'être préparé moi-même à le "^^^•«•^ de le connaître un peu avant de m'adresser à lui. Je ^uis ému, je ne vous le cache pas, monsieur l'abbé. '^"•e^* est une circonstance grave dans ma vie et dans celle ^e C5et enfant. Tout va être décidé dans un instant. De ®^ ï>t^emière impression dépend l'honneur de toute une ''^'^îl le. L'honneur! mot vide et tout-puissant!...
LE PRÉCEPTEUR