SCÈNE IV
LE PRÉCEPTEUR , seul.
Le vieillard est irrité , Tenfant en pleine révolte , moi couvert de confusion. Le vieux Jules est vindicatif, et la vengeance est si facile aux hommes puissants! Pourtant son humeur bizarre et ses décisions imprévues peuvent me faire tout à coup un mérite de ce qui maintenant lui semble une faute. Puis, il est homme d'esprit avant tout, et l'intelligence lui tient lieu de justice; il comprendra que toute la faute est à lui, et que son système bizarre ne pouvait amener que de bizarres résultats. Mais quelle
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des crimes qui font l'horreur et la honte de Thumî Eh bien, qu'avez-vous à me regarder ainsi, mon maître? vous voilà tout troublé! Ne m'avez-vous nourri de l'histoire des grands hommes et des lâches m'avez-vous pas toujours montré Thcroïsme et la chise aux prises avec la perfidie et la bassesse? Êtesétonné qu'il m'en soit resté quelque notion de jus' quelque amour de la vérité?
LE PRÉCEPTEUR , baissant la voix,
Gabriel , vous avez raison ; mais, pour l'amour du ^' ^^® ' soyez moins tranchant et moins hardi en présence de m^-^^^^ aïeul. {On remue avec impatien4:e dans le cabin^^^' ^ '
GABRIEL , à voix kaute.
Tenez, l'abbé, j'ai meilleure opinion de mon gr^^^"^ père ; je voudrais qu'il m'entendît. Peut-être sa prés^^^ *®"^ va m'intimider; je serais bien aise pourtant qu'il pût -— ^ dans mon âme, et voir qu'il se trompe, depuis deux ^^^ ^"^' en m'envoyant toujours des jouets d'enfant.
LE PRÉCEPTEUR
Je le répète, vous ne pouvez comprendre enc^^^^-*^/® quelle a été sa tendresse pour vous. Ne soyez point — ^ ^"' grat envers le ciel; vous pouviez naître déshérité de t^^^^^^ ces biens dont la fortune vous a comblé , de tout ^^
amour qui veille sur vous mystérieusement et as. .^^^^' dûment...
Sans doute je pouvais naître femme , et alors adie fortune et l'amour de mes parents 1 J'eusse été une c lure maudite, et, à l'heure qu'il est, j'expierais doute au fond d'un cloître le crime de ma naisse Mais ce n'est pas mon grand-père qui m*a fait la grâc^ l'honneur d'appartenir à la race mâle.
LE PRÉCEPTEUR , de plus en plus troublé.
Gabriel , vous ne savez pas de quoi vous parlez.
aire rnon orgueil et mon remords!... mon supplice aussi ! l>ieu ! vous seul savez quels tourments j'endure depuis deux ans... Vieillard insensé! toi qui n*as jamais senti battre ton cœur que pour la vile chimère de la fausse gloire , lu n'as pas soupçonné ce que je pouvais souffrir, moi ! l>î^u ^ Yous m'avez donné une grande force , je vous remercie de ce que mon épreuve est finie. Me punirezvoiis p^ur ravoir acceptée? Non! car à ma place un autre peut-être en eût odieusement abusé... et j'ai du nioins préservé tant que je l'ai pu l'être quejenepou-
sauver.