‹ Jean Zyska--GabrielChapitre 32 sur 63 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

En prison.

GABRIEL, ASTOLPHE; le chef des sbires, MARC.

(Astolphe dort étendu sur un grabat. Marc est assoupi sur un banc au fond, Gabriel se promène à pas lent s ^ et chaque fois quil passe devant Astolphe^ il ralentit encore sa marche et le regarde, )

Il dort comme s'il n'avait jamais connu d'aXitre domicile! Il n'éprouve pas, comme moi, une horrible répugnance pour ces murs souillés de blasphèmes, pour cette couche où des assassins et des parricides ont reposé leur télé maudite. Sans doute , ce n'est pas la première nuit qu'il passe en prison 1 Étrangement calme I et pourtant il a ôté la vie à son semblable, il y a une heure 1 son semblable! un bandit? Oui, son semblable. L'éducation

et la fortune eussent peut-être fait de ce bandit un brave officier, un grand capitaiàe. Qui peut savoir cela, et qui 8*en inquiète ? celui-là seul à qui Téducation et le caprice de l'orgueil ont créé une destinée si contraire au vœu de la nature : moi I Moi aussi , je viens de tuer un homme... un homme qu'un caprice analogue eût pu , au sortir du berceau, ensevelir sous une robe et jeter à jamais dans la vie timide et calme du cloître! (Regardant Astolphe ) Il est étrange que Tinstant qui nous a rapprochés pour la première fois ait fait de chacun de nous un meurtrier! Sombre présage ! mais dont je suis le seul à me préoccu» per, comme si , en effet , mon âme était d'une nature différente... Non, je n'accepterai pas cette idée d'infériorité I les hommes seuls l'ont créée , Dieu la réprouve. Ayons le même stoïcisme que ceux-là, qui dorment après une scène de meurtre et de camaî^e.

(Il se jette sur un autre lit,) ASTOLPHE, rêvant.

Ah ! perfide Faustina ! tu vas souper avec Alberto, parce qu'il m'a gagné mon argent!... Je te... méprise... (// s'éveille et s'assied sur son lit.) Voilà un sot rêve 1 et un réveil plus sot encore I la prison! Eh! compagnons?... Point de réponse; il paraît que tout le monde dort. Bonne nuit! (// se recouche et se rendort,) GABRIEL, se soulevant , le regarde,

Faustina I Sans doute c'est le nom de sa maîtresse. Il rêve à sa maîtresse; et moi, je ne puis songer qu'à cet homme dont les traits se sont hideusement contractés quand ma balle l'a frappé... Je ne l'ai pas vu mourir... il me semble qu'il râlait encore sourdement quand les sbirea l'ont emporté... J'ai détourné les yeux... je n'aurais pas eu le courage de regarder une seconde fois cette bouche sanglante , cette tête fracassée!... Je n'aurais pas cru la mort si horrible. L'existence de ce bandk est-elle

donc muins précieuse que la mienne? La mienne! n'estelle pas à jamais misérable? n*est-elle pas criminelle aussi? Mon Dieu! pardonnez-moi. J*ai accordé la vie à l'autre... je n'aurais pas eu le courage de la lui ôter... Et lui ! ... qui dort là si profondément, il n'eût pas fait grâce ; il n'en voulait laisser échapper aucun! Était-ce courage? était-ce férocité ?

ASTOLPHE, récauL A moi! à Taide! on m'assassine... (// s* agite sur san lu,) Infâmes! six contre uni... Je perds tout mon sang !... Dieu , Dieu !

( // s'éveille en poussant des cris. Marc s'éveille en sursaut et court au hasard; Astolphe se lève égaré et le prend à la gorge. Tous deux cvient et luttent ensemble. Gabi^iel se jette au milieu d'eux,)

Arrêtez, Astolphe! revenez à vous : c'est un rêve !... Vous maltraitez mon vieux serviteur.

(// le secoue et V éveille,) ASTOLPHE va tomber sur son lit et s'essuie le front.

C'est un affreux cauchemar en effet 1 Oui, je vous reconnais bien maintenant ! Je suis couvert d'une sueur glacée. J'ai bu ce soir du vin détestable. Ne faites pas attention à moi.

(// s'étend pour dormir, Gabriel jette son manteau sur Astolphe et va se rasseoir sur son lit,)

Ah! ils rêvent donc aussi, les autres!... Ils connaissent donc le trouble, l'égarement, la crainte... du moins en songe ! Ce lourd sommeil n'est que le fait d'une organisation plus grossière... ou plus robuste; ce n'est pas le résultat d'une âme plus ferme, d'une imagination plus calme. Je ne sais pourquoi cet orage qui a passé sur lui

m'a rendu une sorte de sérénité ; il me semble qu'à présent je pourrai dormir... Mon Dieu, je n'ai pas d'autre ami que vous !... Depuis le jour fatal où ce secret funeste m'a été dévoilé, je ne me suis jamais endormi sans remettre mon âme entre vos mains, et sans vous' demander la justice et la vérité!... Vous me devez plus de secours et de protection qu'à tout autre , car je suis une étrange victime ! . . . [H s'endort, )

ASTOLPHE, se relevant.

Impossible de dormir en paix; d'épouvantables images

dssiés:ent mon cerveau. Il vaudra mieux me tenir éveillé

Ou boire une bouteille de ce vin que le charitable sbire ,

étiiu jusqu'aux larmes par la jeunesse et par les écus de

nnon petit cousin, a glissée par là... (// cherche sous les

^ancs, et se trouve près du Ut de Gabriel.) Cet enfant

ciort du sommeil des anges! Ma foi! c'est bien, à son âge,

cte dormir après une petite aventure comme celle de ce

^oir. Il a, pardieu! tué son homme plus lestement que

xnoi! et avec un petit air tranquille... C'est le sang du

^ieux Jules qui coule dans ces fines veines bleues, sous

œtte peau si blanche!... Un beau garçon, vraiment!

^levé comme une demoiselle, au fond d'un vieux château,

'j)ar un vieux pédant hérissé de grec et de latin; du moins

^'est ce qu'on m'a dit... Il paraît que cette éducation-là

«n vaut bien une autre. Ah çàî vais-je m'altendrir

comme le cabaretier et comme le sbire parce qu'il a

promis de payer mes dettes ? Oh, non pas ! je garderai

mon frano-parler avec lui. Pourtant je sens que je l'aime,

ce garçon-là; j'aime la bravoure dans une organisation

délicate. Beau mérite, à moi, d'être intrépide avec des

muscles de paysan ! Il est capable de ne boire que de

l'eau, lui ! Si je le croyais, j'en boirais aussi, ne fût-ce

que pour avoir ce sommeil angélique ! mais, comme il n'y

en pas ici... (// prend la bouteille et la quitte.) Eh

bien 1 qu'ai-je doQC à le regarder ainsi comme malgris^ ^^ r& moi? avec ses quinze ou seize ans, et son menton iis^^.^3se comme celui d'une femme, il me fait illusion... Je vowr-«c=xu> drais avoir une maîtresse qui lui ressemblât. Mais uxm- mzjhq femme n'aura jamais ce genre de beauté , cette cande^^^^eur mêlée à la force, ou du moins au gentiment de la force ^^»«... Cette joue rosée est celle d'une femme, mais ce frcz^ ^^l'oot large et pur est celui d'un homme. (// remplit son vet^^ ^^rre et s'assied, en se retournant à chaque instant pon^ our regarder Gabriel. Il boit.) La Faustina est une j^ Molie fille... mais il y a toujours dans cette créatgre, ms^.^L~lg^é ses minauderies, une impudence indélébile... Son ^=- rire surtout me crispe les nerfs. Un rire de courtisane ! /ai rêvé qu'elle soupait avec Alberto; elle en est, mille ~^Boq. nerres ! bien capable. {Regardant Gabriel.) Si je l'a-^vaîs vue une seule fois dormir ainsi, j'en serais véritableik^OTit amoureux. Mais elle est laide quand elle dort! on dir.^it qu'il y a dans son âme quelque chose de vil ou de ^^'à* rouche qui dis[)araît à son gré quand elle parle ou qua ^3^^^ elle chante, mais qui se montre quand sa volonté ^^^* enchaînée par le sommeil... Pouah ! ce vin est couleur i^sang... il me rappelle mon cauchemar... Décidément^ '*p me dégoûte du vin , je me dégoûte des femmes , je "^"^^^^j. dégoûte du jeu... Il est vrai que je n'ai plus soif, que iï^^"^^;e poche est vide, et que je suis en prison. Mais je m'ennuie ^^re profondément de la vie que je mène ; et puis, ma "™è^''"^^^^l / l'a dit, Dieu fera un miracle et je deviendrai un saint. Oh^^^^ qu'est-ce que je vois? c'est très-édifiant ! mon petit cousi -^ porte un reliquaire ; si je pouvais écarter tout doucemerr^^^ le col de sa chemise , couper le ruban et voler l'amulelt^--^ pour le lui faire chercher à son réveil...

(// s'approche doucement du lit de Gabriel et avance

la main, Gabriel s'éveille brusquement et tire soi^

poignard de son sein.)

Que me voulez-vous? ne me touchez pas pas, monsieur, ^11 vous êtes mort !

ASTOLPHB.

Malepeste ! que vous avez le réveil farouche, mon beau 2msm 1 Vous avez failli me percer la main.

GABRIEL, sèchement et sautant à bas de son lit.

Mais aussi, que me vouliez-vous ? Quelle fantaisie irous prend de m' éveiller en sursaut? C'est une fort sotte plai£fanterie.

ASTOLPHB.

Oh ! oh ! cousin ! ne nous fâchons pas. Il est possible ^ue je sois un sot plaisant, mais je n'aime pas beaucoup k me l'entendre dire. Croyez-moi, ne nous brouillons pas avant de nous connaître. Si vous voulez que je vous le jise, la relique que vous avez au cou me divertissait... l'ai eu tort peut-être; mais ne me demandez pas d'excuses, je ne vous en ferai pas.

Si ce colifichet vous fait envie , je suis prêt à vous le donner. Mon père en mourant me le mit au cou, et longtemps il m'a été précieux; mais, depuis quelque temps, je n'y tiens plus guère. Le voulez-vous ?

ASTOLPHE

Non ! Que voulez-vous que j'en fasse ? Mais savez-vous que ce n'est pas bien, ce que vous dites là? La mémoire d'un père devrait vous être sacrée.

C'est possible 1 mais une idée !... Chacun a les siennes!

Eh bien, moi, qui ne suis qu'un mauvais sujet, je ne voudrais pas parler ainsi. J'étais bien jeune aussi quand je perdis mon père ; mais tout ce qui me vient de lui m'est précieux.

Je le crois bien !

ASTOLPHE. ^^ ^.^^3

Je vois que vous ne songez ni à ce que vous "^^^^^^olre ni à ce que je vous réponds. Vous êtes préoccupé? à^^^. ^.^^ aise! fatigué peut-être ! Buvez un gobelet de vin. U*^" ' pas trop mauvais pour du vin de prison.

Je ne bois jamais de vin.

ASTOLPHE

J*en étais sûr ! h ce régime-là votre barbe ne pous^^^ jamais, mon cher enfant.

C'est fort possible ; la barbe ne fait pas Thomme.

ASTOLPHE

Elle y contribue du moins beaucoup ; cependant v<^ .

êtes en droit de parler comme vous faites. Vous ave z5^ ^ . menton comme le creux de ma main , et vous êtes , ^ * ^ crois, plus brave que moi.

Vous croyez ?

ASTOLPHE

Drôle de garçon ! c'est égal , un peu de barbe vous i»^ ^ bien. Vous verrez que les femmes vous regarderont d'it--^^° autre œil.

GABRIEL , haussant les épaules.

Les femmes?

ASTOLPHE

Oui. Est-ce que vous n'aimez pas non plus les femmes*"

Je ne peux pas les souffrir.

ASTOLPHE, riant.

Ah! ahl qu'il est original! Alors qu'est-ce que va aimez? le grec, la rhétorique, la géométrie, quoi?

GABRIEL. f97

Pien de tout cela. J'aime mon cheval , le grand air, la Musique , la poésie , la solitude , la liberté avant tout.

ASTOLPHE

Mais c'est très-joli , tout cela! Cependant je vous ausus cru tant soit peu philosophe.

Je le suis un peu.

Mais j'espère que vous n*ôtes pas égoïste?

Je n'en sais rien.

ASTOLPHE

Quoil n'aimez-vous personne? N'avez-vous pas un ^ul ami?

Pas encore ; mais je désire vous avoir pour ami.

ASTOLPHE

Moi! c'est très-obligeant de votre part; mais savez- "Vous si j'en suis digne?

Je désire que vous le soyez. Il me semble que vous ne pourrez pas être autrement d'après ce que je me .propose d'être pour vous.

ASTOLPHE

Oh! doucement, doucement, mon cousin. Vous avez parlé de payer mes dettes; j'ai répondu : Faites, si cela vous amuse; mais jnaintenant , je vous dis : Pas d'airs de protection, s'il vous plaît, et surtout pas de sermons. Je ne tiens pas énormément à payer mes dettes ; et si vous les payez, je ne promets nullement de n'en pas faire d*autres. Cela regarde mes créanciers. Je sais bien que , pour rbonneur de la famille, il vaudrait mieux que je fusse un garçon rangé , que je ne liantasso point les ta-

me

ille

tre

vernes et les mauvais lieux , ou du moins que je livrasse à mes vices en secret. . .

Ainsi vous croyez que c*est pour l'honneur de la fa que je m'offre à vous rendre service?

ASTOLPHE

Cela peut être ; on fait beaucoup de choses dans famille par amour-propre.

Et encore plus par rancune.

ASTOLPHE

Comment cela?

Oui ; on se hait dans notre famille , et c'est fort trisi

ASTOLPHE. ^

Moi, je ne hais personne , je vous le déclare. Le ^^^ vous a fait riche et raisonnable; il m'a fait pauvr^^ prodigue : il s'est montré trop partial peut-être. Il ^^V mieux fait de donner au sang des Octave un peu de B^ conomie et de la prudence des Jules, au sang des Ju ^^^ un peu de l'insouciance et de la gaieté des Octave. M-^^^^ enfin , si vous êtes, comme vous le paraissez, mélanc:^^^^^'^ lique et orgueilleux, j'aime encore mieux mon enjoi—^®' ment et ma bonhomie que votre ennui et vos richess^^^; Vous voyez que je n'ai pas sujet de vous haïr, car je n *^ pas sujet de vous envier.

Écoutez , Astolphe ; vous vous trompez sur mon compt^^^* Je suis mélancolique par nature, il est vrai; mais je t^ ® suis point orgueilleux. Si j'avais eu des 'dispositions ^ l'être , l'exemple de mes parents m'en aurait guéri. J^ vous ai semblé un peu philosophe; je le suis assez poi-»^ haïr et renier celte chimère qui met l'isolement, la haid^

GiBRIEL. 1^0

^l le malheur à la place de runion , des sympathies et du bonheur domestique.

ASTOLPHE

C'est bien parler. A ce compte, j'accepte votre amitié. Mais ne vous ferez-vous pas un mauvais parti avec le vieux prince mon grand-oncle , si vous me fréquentez?

Très-certainement cela arrivera.

ASTOLPHE

En ce cas, restons-en là, croyez-moi. Je vous remercie de vos bonnes intentions : comptez que vous aurez en moi un parent plein d'estime , toujours disposé à vous rendre service, et désireux d'en trouver l'occasion; mais ne troublez pas votre vie par une amitié romanesque où tout le profit et la joie seraient de mon côté , où toutes les luttes et tous les chagrins retomberaient sur vous. Je ne ne le veux pas.

Et moi, je le veux, Astolphe ; écoutez-moi. Il y a huit jours j'étais encore un enfant : élevé au fond d'un vieux manoir avec un gouverneur, une bibliothèque, des faucons et des chiens , je ne savais rien de l'histoire de notre fajnille et des haines qui ont divisé nos pères; j'ignorais jusqu'à votre nom , jusqu'à votre existence. On m'avait élevé ainsi pour m'empêcher, je suppose , d'avoir une idée ou un sentiment à moi ; et l'on crut m'inoculer tout à coup la haine et l'orgueil héréditaires , en m'apprenant, dans une grave conférence, que j'étais, moi enfant, le chef, l'espoir, le soutien d'une illustre famille , dont vous étiez, vous, l'eùnemi, le fardeau, la honte.

ASTOLPHE

II a dit cela, le vieux Jules? lâche insolence de la richesse!

Laissez en paix ce vieillard; il est assez puni par tristesse , la crainte et Tennui qui rongent ses demie jours. Quand on m'eut appris toutes ces choses, quai on m*eut bien dit que , par droit de naissance, je devî éternellement avoir mon pied sur votre tête , me réjou de votre abaissement et me glorifier de votre abjectioi je fis seller mon cheval , j'ordonnai à mon vieux serviteis:— ^"^ de me suivre, et, prenant avec moi les sommes que mor -^CD^ grand-père avait destinées à mes voyages dans les diverse^^^** cours où il voulait m*envoyer apprendre le métier d*am ^r^^* bilieux , je suis venu vous trouver afin de dépenser ce^=^^ argent avec vous en voyages d'instruction ou en plaisir — '^'^ de jeune homme , comme vous l'entendrez. Je me suis dl^ ^^ que ma franchise vous convaincrait et lèverait tout vaii^: ^^ scrupule de votre part; que vous comprendriez le besoiv^ -^^ que j'éprouve d'aimer et d'être aimé; que vous part gériez avec moi en frère; qu'enfin vous ne me forceriez.pas à me jeter dans la vie des orgueilleux , en vous montrant orgueilleux vous-même , et en repoussant un cœuk sincère qui vous cherche et vous implore.

ASTOLPHE, r embrassant avec effusion.

Ma foi ! tu es un noble enfant ; il y a plus de fermetésdé sagesse et de droiture dans ta jeune tête qu'il n'y en jamais eu dans toute notre famille. Eh bien , je le veux =^ nous serons frères , et nous nous moquerons des vieille querelles de nos pères. Nous courrons le monde ensemble, nous nous ferons de mutuelles concessious, afin d'être toujours d'accord : je me ferai un peu moins fou , tu te^ feras un peu moins sage. Ton grand-père ne peut pas t^ déshériter : tu le laisseras gronder, et nous nous chéri' rons à sa barbe. Toute la vengeance que je veux tirer dd sa haine , c'est de t'aimer de toute mon âme.

GABRIEL, lui serrant la main.

,^^erci, Astolphe; vous m'ôtez u a grand poids de la

ASTOLPHE

^ ^*est donc pour me rencontrer que tu avais été ce soir '^ la taverne?

On m'avait dit que vous étiez là tous les soirs.

ASTOLPHE

Cher Gabriel I et tu as failli être assassine dans ce tripot 1 et je l'eusse été, moi , peut-être , sans ton secours 1 Ahl je ne t'exposerai plus jamais à ces ignobles • périls; je sens que pour toi j'aurai la prudence que je n'avais pas pour moi-même. Ma vie me semblera plus précieuse unie à la tienne.

GABRIEL, s' approchant de la grille de la fenêtre. Tiens! le jour est levé : regarde, Astolphe, comme le soleil rougit les flots en sortant de leur sein. Puisse notre amitié être aussi pure , aussi belle que le jour dont cette aurore est le brillant présage!

( Le geôlier et le chef des sbires entrent)

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