SCÈNE III
RIEL, en habit de femme très-élégant, sort ien- ^ment de sa chambre ; PÉRINNli le suit d'un air curieux et amde,
<*est assez, dame Perinne, je n'ai plus besoin de vous, id pour la peine que vous avez prise.
(// lui donne de V argent, )
PERINNE.
Monseigneur, c'est trop de bonté. Votre Seigneurie aira à toutes les femmes , jeunes et vieilles , riches et -pauvres; car, outre que le ciel a tout fait pour elle, elle t d'une magnificence...
Cest bien , c'est bien , dame Périime. Bonsoir I PERINNE, mettant l'argent dans sa poche.
C'est vraiment trop! Votre Altesse ne m'a pas permis ^e l'aider... je n'ai fait qu'attacher la ceinture et les l)racelets. Si j'osais donner un dernier conseil à Votre Excellence, je lui dirais que son collier de dentelle monte trop haut ; elle a le cou blanc et rond comme celui d'une femme, les épaules feraient bon effet sous ce voile transparent.
{Elle veut arranger le fichu, Gabriel la repousse,)
Assez, vous dis-je; il ne faut pas qu'un divertissement devienne une occupation si sérieuse. Je me trouve bien ainsi.
PERINNE.
Je le crois bien ! Je connais plus d'une grande d^*
imo
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beau pour ne pas craindre qu'on t*aime pour ton argent. Je vous laisse ensemble.
GABRIEL, s^ attachant à Astolphe, Non, Astolphe, ce serait inutilement; je ne sais pas ce que c'est que d'offenser une femme , et je ne pourrais pas la mépriser assez pour l'accepter ainsi.
FAUSTINA
Ne le tourmente pas , Astolphe , je saurai bien l'apprivoiser quand je voudrai. Maintenant songeons à mystifier Antonio. Le voilà, brûlant d'amour et palpitant d'espérance , qui erre autour de cette porte. Qu'il a l'air lourd et souffrant! Allons un peu vers lui.
GABRIEL, à Astolphe.
Laisse-moi me retirer. Cotte plaisanterie me fatigue. Cette robe me gène, et ton Antonio me déplaît !
PAUSTINA.
Raison de plus pour te moquer de lui , mon beau ché' rubin! Oh! Astolphe, si tu avais vu comme Antonio poursuivait ton cousin pendant que tu dansais la tarentelle ! Il voulait absolument l'enibrasser, et cet ange se défendait avec une pudeur si bien jouée!
ASTOLPHE
Allons, tu peux bien te laisser embrasser un peu pour rire; qu'est-ce que cela te fait .î* Ah 1 Gabriel , je t'en prie, no nous quitte pas encore. Si tu t'en vas , je m'en vais aussi; et ce serait dommage , j'ai si bonne envie de me divertir!
Alors je reste.
FAUSTINA
L'aimable enfant !
[Us sortent. Antonio les accoste dans la galerie. Après quelques mots échangés^ Astolphe passe le bras de Gabriel sous celui d'Antonio et les suit avec Faustina en se moquant. Ils- s" éloignent.)