SCÈNE II
"^"Vec Menrique! à qui j*ai eu la sottise d'avouer que
ASTOLPHE, seul.
.» ^Vec Menrique!
y^is pris cette fille presque au sérieux... Je n'aurais
^^^ ^n mot à dire pour la retenir... (// va vers la porte,
'^^evient,) Oh ! non, pas de lâcheté. Gabriel me mépri-
**^it, et il aurait raison. Bon Gabriel ! le charmant ca-
^tère ! Taimable compagnon ! comme il cède à tous mes
r^r^rices, lui qui n'en a aucun, lui si sage, si pur ! Il me
?*t sans humeur et sans pédanterie continuer celte folle
\^, Il ne me fait jamais de reproche, et je n'ai qu'à ma-
^^'cster une fantaisie pour qu'aussitôt il aille au-devant
^ mes désirs en me procurant argent, équipage, maî-
^^sse, luxe de toute espèce. Je voudrais du moins qu'il
^^ît sa part de mes plaisirs; mais je crains bien que tout
^^la ne l'amuse pas, et que l'enjouement qu'il me montre
ï^^fois ne s'oit l'héroïsme de l'amitié. Oh ! si j'en étais
^<ir, ja me corrigerais sur l'heure ; j'achèterais des livres,
4^ me plongerais dans les auteurs classiques; j'irais à
^nfesse; je ne sais pas ce que ne ferais pas pour lui !...
^ais il est bien longtemps à sa toilette. (// va frapper
Laissez en paix ce vieillard; il est assez puni pa -^ '^ tristesse , la crainte et Tennui qui rongent ses dern ^^^
jours. Quand on m'eut appris toutes ces choses, qu^^"^ on m*eut bien dit que , par droit de naissance, je dev^ -^'* éternellement avoir mon pied sur votre tête , me réjor "^^^ de votre abaissement et me glorifier de votre abjecticP' ^ > je fis seller mon cheval , j'ordonnai à mon vieux servit^^ "^^ de me suivre, et, prenant avec moi les sommes que m ^^^ grand-père avait destinées à mes voyages dans les divers ^ cours où il voulait m*envoyer apprendre le métier d*ai bilieux , je suis venu vous trouver afin de dépenser argent avec vous en voyages d'instruction ou en plaisi de jeune homme , comme vous l'entendrez. Je me suis (^^'^ que ma franchise vous convaincrait et lèverait tout va^^— ** scrupule de votre part ; que vous comprendriez le besocT ^ que j'éprouve d'aimer et d'être aimé; que vous part^^^ gériez avec moi en frère; qu'enfin vous ne me forcerie^^'^ pas à me jeter dans la vie des orgueilleux , en vous mor trant orgueilleux vous-même, et en repoussant un cœu^ sincère qui vous cherche et vous implore.
ASTOLPiiE , V embrassant avec ejfusion.
Ma foi I tu es un noble enfant ; il y a plus de fermeté ^ de sagesse et de droiture dans ta jeune tête qu'il n'y en Si jamais eu dans toute notre famille. Eh bien , je le veux ' nous serons frères , et nous nous moquerons des vieilles querelles de nos pères. Nous courrons le monde ensemble « nous nous ferons de mutuelles concessious, afin d'être toujours d'accord : je me ferai un peu moins fou , tu te feras un peu moins sage. Ton grand-père ne peut pas te déshériter : tu le laisseras gronder, et nous nous chérirons à sa barbe. Toute la vengeance que je veux tirer de sa haine , c'est de t'aimer de toute mon âme.
^ ^n objet dont noire vanité fait parade comme d'un ^ Vible ou d'un habit ! ( // sort. )