SCÈNE IX
La chambre de Gabriel dans la maison d' Astolphe. — Gal>riel, vèta en femiue et enveloppé de son manteau et de son voile, entre et réveille Marc qoi dort sar nne chaise.
KÂRC, GABRIEL.
MARC
Ahî mille pardons!... Madame demande le seigneur Aslolphe. Il n'est pas rentré... C*est ici la chambre du seigneur GabrieL
GABRIEL , jetant son voile et son manteau sur une
chaise.
Tu no me reconnais donc pas, vieux Marc ?
MARC, sejrottant les yeux.
Bon Dieu ! que vois-je?... En femme, monseignegr, en femme !
Sois tranquille , mon vieux , ce n*est pas pour longtemps.
(// arrache sa couronne ef dérange avec empressement la symétrie de sa chevelure.
MARC
En {emme! J'en suis tout consterné! Qie dirait son altesse?...
Ah! pour le coup, son allesse trouverait que je ne me conduis pas en homme. Allons, va te coucher, Marc. Tu me retrouveras demain plus garçon que jamais, je t'en réponds! Bonsoir, mon brave. {Marc sort.)
GABIU.EL , seuL
Otons vite la robe de Déjanire, elle me brûle la trine, elle m'enivre, elle m'oppresse ! Oh! quel trou quel égarement, mon Dieu!... Mais comment m'y p. drai-je?... Tous ces lacets, toutes ces épingles... (// chire son fichu de dentelle et r arrache par tambeai Aslolphe, Astolphe, ton trouble va cesser avec ton i • sion. Quand j'aurai quitté ce déguisement pourreprem. l'autre, tu seras désenchanté. Mais moi, retrouvera^ sous mon pourpoint le calme fie mon sang et Tinnoce: de mes pensées?... Sa dernière étreinte me dé von Ah! je ne puis défaire ce corsage! Hâtons-nous!... prend son poignard sur la table et coupe les lacei Maintenant, où ce vieux Marc a-t-il caché mon pourpoii Mon Dieu! j'entends monter l'escalier, je crois! (// coi fermer la porte au verrou.) Il a emporté mon mante et le voile!... Vieux dormeur! 11 ne savait ce qu'il faisail Et les clefs de mes coffres sont restées dans sa poche, gage... Rien! pas un vêtement, et Astolphe qui va vc loir causer avec moi en rentrant... Si je ne lui ouvre pj j'éveillerai ses soupçons! Maudite folie 1 Ah !... avant qi entre ici, je trouverai un manteau dans sa chambre... Il prend unflambeau, ouvre une petite porte de c(^ ^^
et entre dans la chambre voisine. Un instant
silence, puis un cri. )
ASTOLPHE , dans la chambre voisine,
Gabriel , lu es une femme! mon Dieu !
{On entend tomber le flambeau. La lumière dispa'
rait. Gabriel rentre éperdu. Astolphe le suit dans
les ténèbres et s'arrête au seuil de la porte, )
ASTOLPHE
Ne crains rien, ne crains rien ! Maintenant je ne franchirai plus celle porte sans ta permission. ( Tombant à genoux.) mon Dieu , je vous remercie !