jeune homme a disparu
FRÈRE COMR.
W avait été élevé à la campagne, caché à tous les yeux.
^^ pouvait croire qu'étant né d'un père faible et mort
ï^'^ématurément de maladie, il serait rachitique et des-
Ji^^ à une fin semblable. Cependant, lorsqu'il parut à
^^ence l'an passé, on vit un joh garçon bien constitué,
J* ^ique délicat et svelte comme son père, mais frais
"^One une rose, allègre, hardi, assez mauvais sujet,
Q 7**^nt un peu le guilledou, et même avec Astolphe,
p * ^'était lié avec lui d'amilié, et qui ne le conduisait
j^jj^ trop maladroitement à encourir la disgrâce du grand-
jj»^^. {Settimia fait un geste d'étonnement.) Oh! nous
^* - ons pas su tout cela. Astolphe a eu le bon esprit de Q .^^ rien dire, ce qui ferait croire qu'il n'est pas si fou ^n le croit.
SETTIMIA, avec fierté.
, Astolphe n'aurait pas
^V l Astolphe est la franchise môme.
^ ^^rère Côme, Astolphe n'aurait pas fait un pareil cal-
FRÈRE COME
Cependant son mariage vous laisse bien des doutes sur sa. véracité. Mais passons.
SBTTIMIA.
Oui , oui , raconlez-moi ce que vous savez. Qui donc vous a dit tout cela ?
FRÈRE GOHE.
Un des frères de notre couvent, qui arrive de Toscane, et avec qui j'ai causé ce matin;
SETTIHU.
Voyez un peu ! Et nous ne savons rien ici de ce qui se passe, nous autres! Eh bien?
FRÈRE GOME.
Le jeune prince , ayant donc fait grand train dans la ville, disparut une belle nuit. Les uns disent qu'il a enlevé une femme ; d'autres , qu'il a été enlevé lui-même par ordre de son "Irand-père, et mis sOus clef dans quelque château , en attendant qu'il se corrige de soft penchant à la débauche; d'autres enfin pensent quCi dans quelque tripot, il aura reçu une estocade qui l'aura envoyé ad patres , et que le vieux Jules cache sa mor^ pour ne pas vous réjouir trop tôt et pour retarder autaO^ que possible le triomphe de la branche cadette. Voilà c^ qu'on m'a ^it; mais n'y ajoutez pas trop de foi, cartoi> cela peut être erroné.
SETTIMIA
Mais il peut y avoir du vrai dans tout cela, et il fau^ absolument le savoir. Ah!' mon Dieu! et Astolpho qu^ ne se remue pas!... Il faut qu'il parte à l'instant pou ^ Florence.
SCtSE IL
Justemoity TOUS aniicz Ineii à ^bv^i&j; suis ^laiiîiaia de vous.
Je vous en suis ^xd^soçoA cMi^ ffn tùùk^ vrjmment vous poiteaM^oos asi^oordliui ?
Ah! mon fils! Je se s»» rafinGéf; ^^myt fK^vaté
croire à œ qui a été npparté mb ô^ff^* €>^<£ut ^ )i^ Mniia^ guérie pour toujours.
Le frère Côme peot être «o j^nti»^ ssaéàî»^ ; mam jn rengagerai à se méier fort |i«xi «Se tmAi^ iomiè à Umif de nos affaires encore moios.
FBEBE GC«£.
Je ne compreodspats...
Bien. Je me ferai comprendre; mais pas ici.
SETTiMiA, toute préoccupée et sans faire aUen/ion à
ce que dit Jslolphe.
Astolphe, écoute donc! 11 dit que i'héritier de la branche aînée a disparOf et qu'on le croit nKjri.
AST0LPHE«
Cela est faux; il est en Angleterre, où il achève son éducation. J'ai reçu une lettre de lui dernièrement.
SETTixu, avec abattement.
En vérité?
BARBE
Hélas 1
FRÈRE COHE.
Adieu tous nos rêves !
ASTOLPHE
Pieux sentiments ! charitable oraison funèbre ! mère, si c'est là la piété chrétienne comme renseigne le frère Côme , vous me permettrez de faire schisme. Mon cousin est un charmant garçon , plein d'esprit et de cœur. H m'a rendu des services; je l'estime, je l'aime; et, s'il venait à mourir, personne ne le regretterait plus profondément que moi.
FRÈRE GOME , (Vuvi air malin.
Ceci est fort adroit e( fort spirituel !
ÂSTOLPBE.
Gardez vos éloges pour ceux qui en font cas.
SETTIHIA.
Astolphe, est-il possible? Tu étais lié avec ce jeune homme , et tu ne nous en avais jamais parlé?
ASTOLPHE
Ma mère, ce n'est pas ma faute si je ne puis pas dire toujours ce que je pense. Vous avez autour de vous des gens qui me forcent à refouler mes pensées dans mon sein. Mais aujourd'hui je serai très-franc, et je commence. Il faut que ce capucin sorte d'ici pour n'y jamais reparaître.
SETTIMIA
Bonté du ciel! Qu'entends-je? Mon fils parler de la sorte à mon confesseur 1
ASTOLPHE
Ce n'est pas à lui que je daigne parler, ma mère, c'est à vous... Je vous prie de le chasser à l'heure même.
SETTIMIA
Jésus, vous l'entendez. Ce fils impie donne des ordres à sa mère !
GABRIEL. 2l\
ASTOLPHE
Vous avez raison , je ne devais pas m*adresser à vous , Madame. Vous ne savez pas et ne pouvez pas savoir... ce que je ne veux pas dire. Mais cet homme me comprend. A frère Côme.) Or donc , je vous parle , puisque j'y suis forcé. Sortez d*id.
FBÈRE COME.
Je vois que vous êtes dans un accès de démence furieuse. Mon devoir est de ne pas vous induire au péché en vous résistant.. Je me retire en toute humilité, et je laisse à Dieu le soin de vous éclairer, au temps et à l'occasion celui de me disculper de tout ce dont il vous plaira de m'accuser.
SËTTIMIA.
Je ne souffrirai pas que sous mes yeux , dans ma maison , mon confesseur soit outragé et expulsé de la sorte. C'est vous, Astolphe, qui sortirez de cet appartement et qui n'y rentrerez que pour me demander pardon de vos torts.
ASTOLPHE
Je vous demanderai pardon , ma mère , et à genoux Sj VOUS voulez; mais d'abord je vais jeter ce moine parla fenêtre.
{ Frère Côme^ qui aimit repris son impudence, pâlît
et recule jusqu'à la porte, Settimia tombe sur une
chaise prête à défaillir.)
BARBE , lui frottant les mains.
Ave Maria t quel scandale! Seigneur, ayez pitié de nousl...
FRÈRE COUE
Jeune homme ! que le ciel vous éclaire 1 (Astolphe fait un geste de menace. Frère Côme
s'enfuit. y
242 fiABRlEL.