SCÈNE III
Cette histoire de la rourricc est une calomnie. C'est une nouvelle ruse de mon grand -père pour m'indisposer contre Astolphe. Il aura payé cette femme pour faire à mou pauvre Marc un pareil conte, bien certain que Marc me le rapporterait. Ohl non, Astolphe, non, ce genre de torts , tu ne l'auras jamais envers moi ! C'est
.--re
GABRIKL. * Vit
mo faisait horreur, pour un amour sublime , pour des joies idéales ! Et loue-moi aussi pour le respect et la vénération que je te porte ! J'avais en toi le meilleur des amis; un soir Dieu fit un miracle et te changea en une maîtresse adorable : je ne t'en aimai que mieux. N'est-ce pas bien charitable et bien méritoire de ma part ?
Cher Âstolphe, je vois que tu es calme : va embrasser et rassurer ta mère, ou laisse-moi lui parler pour nous deux. J'adoucirai son antipathie contre moi, je détruirai ses préventions ; ma sincérité la touchera, j'en suis sûre; il est impossible qu'elle ne soit pas aimante et généreuse, elle est ta mèhel...
ASTOLPHE
Cher angel oui, je suis calme. Quand je passe un instant près de toi, tout orage s'apaise, et la paix des cieux descend dans mon âme. J'irai trouver ma mère, je ferai acte de respect et de soumission, c'est tout ce qu'elle demande ; après quoi nous partirons d'ici ; car le mal est sans remède, je le sais, moi 1 Je connais ma mère, je connais les femmes, et tu ne les connais pas , toi qui n'es pas à moitié homme et à moitié femme comme tu lo crois, mais un ange sous la forme humaine. Tu ferais ici de vains efforts de patience et de vertu , on n'y croirait pas; et, si on y croyait, on te serait d'autant plus hostile qu'on serait plus humilié de ta supériorité. Tu sais bien que le coupabfe ne pardonne pas à l'innocent les torts qu'il a eus envers lui ; c'est une loi fatale de l'orgueil humain, de l'orgueil féminin surtout, qui ne connaît pas lès secours du raisonnement et le frein de la force intelligente. Ma mère est orgueilleuse avant tout. Elle fut toujours un modèle des vertus domestiques; tristes vertus, crois-moi, quand elles ne sont inspirées ni par l'amour ni par le dévouement. Pénétrée depuis long-
moi , ii en a pour longtemps encore. Ce n*est point un homme à mourir si aisément. Mais désirons-nous donc sa mort? Quels que soient ses torts envers nous deux.(etje crois bien que les plus graves ont été envers celui qu'ii semblait favoriser au détriment de l'autre) , nous ne bâterons point par des vœux impies l'instant suprême où il lui faudra rendre un compte sévère de la destinée de s^^ enfants. Puisse-t-il trouver là-haut un juge aussi indulg^^^ que nous, n'est-ce pas, Astolphe?Tu ne m'écoutes p^^^"
ASTOLPHE
Il est vrai; tu deviens chaque jour plus philosopt^®^ Gabrielle; tu argumentes du soir au matin comra^ ^^ académicien de la Crusca. Ne saurais-tu être femme ^ ^^ moins pendant trois mois de Tannée?
GABRIELLE, SOUriaUt,
C'est qu'il y a bien longtemps que ces trois moi. sont passés, Astolphe. Le premier trimestre eut trois mois, mais le second en eut six, et l'anprochaii crains que , malgré nos conventions , le trimestre n'vahisse toute Tannée. Donne-moi le temps de m'habit à être aussi femme qu'il me faut Têtre à présent poui^ plaire. Jadis tu n'étais pas si difficile avec moi , et je pas songé assez tôt à me défaire de mon langage d'élier. Tu aurais dû m'avertir, dès le premier jour où m'as aimée , qu'un temps viendrait où il serait nécessa de me transformer pour conserver ton amour !
ASTOLPBE.
Ce reproche est injuste, Gabrielle! Mais quand il ^^^ rait vrai, no me suis-je pas transformé, moi, pour vc^ *' riter et conserver l'affection de ton cœur?
Il est vrai , mon cher ange , et je ne demande p^^ mieux que d'avoir tort. J'essaierai de me corriger.
ASTOLPHE marche cTun air soucieux, puis s'arrête et regarde GabrieUe aœc attendrissement.
Pauvre Gabrielle ! tu me fais bien du mal avec too éternelle résignation.
GABRiELLB , lui tendatU la main.
Pourquoi? Elle ne m'est pas aussi pénible que ta le penses.
ASTOLPHE presse longtemps la main de Gabrielle contre ses lèvres, puis se promène avec agitation.
Je le sais ! tu es forte , toi ! Nul ne peut blesser en toi la susceptibilité de l'orgueil. Les orages qui bouleversent l'âme d'autrui ne peuvent ternir l'éclat du beau ciel où la pensée s'épanouit libre et fière l On chargerait aisément de fers tes bras dont une éducation sparliate n'a pu détruire ni la beauté ni la faiblesse; mais ton âme est indépendante comme les oiseaux de Tair, comme les flots de l'Océan; et toutes les forces de l'univers réunies ne la pourraient faire plier, je le sais bien 1
Âu-dessus de toutes ces forces de la matière , il est une force divine qui m'a toujours enchaînée à toi , c'est Tamour. Mon orgueil ne s'élève pas au-dessus de cette puissance. Tu le sais bien aussi.
ASTOLPfiE , r arrêtant.
Oh 1 cela est vrai , ma bien-aimée 1 Mais n'ai-je rien perdu de cet amour sublime qui ne se croyait le droit do me rien refuser?
GABRIELLE, avcc tendrcssc ,
Pourquoi Tauràis-lu perdu?
ASTOLPHE
Tu ne t'en souviens pas, cœur généreux, ô vrai cœur d'homme! (// la presse dans ses bras.)
Vois , mon ami , tu ne trouves pas de plus grand éloge
26i GÂDRIËL.
à me faire que de m'allribucr Ie3 qualités de Ion sexe ; et pourtant tu voudrais souvent me rabaisser à la fai* blesse du mien! Sois donc logique I
ASTOLPHE, r embrassant Sais-je ce que je veux? Au diable la logique! Je t*aime avec passion !
Cher Astolphe !
ASTOLPHE , se laissant tomber à ses genoux.
Tu m'aimes donc toujours?
GABRIELLB.
Tu le sais bien.
ASTOLPHE
Toujours comme autrefois?
GABRIELLB.
Non plus comme autrefois, mais autant, mais plus peut-être.
ASTOLPHB.
Pourquoi pas comme autrefois? Tu ne me refusais rien alors !
Et qu'est-ce que je te refuse à présent? '
ASTOLPHE
Pourtant il est quelque chose que tu vas me refuser si je me hasarde à te le demander.
Ahl perfide I tu veux m*entraîner dans un piège?
ASTOLPHE
Eh bien , oui , je le voudrais.
Je t'en supplie , pas de détours avec moi , Astolphe. Quand je te cède , est-ce avec prudence , est-ce avec des restrictions et des garanties?
GABRIEL. SG5
ASTOLPIIB.
Oh! je hais les détours, tu le sais. Mon âme était si naïve ! Elle était aussi conBante , aussi découverte que la tienne. Mais , hélas 1 j*ai été si coupable ! J*ai appris à douter d'autrui en apprenant à douter de moi-même.
Oublie ce quej*ai oublié, et parle.
ASTOLPHE
Le moment de retourner à Florence est venu. Consens à n*y point aller. Tu détournes les yeux ! Tu gardes le silence? Tu me refuses?
GABRIELLE, ao€c tristcsse.
Non, je cède; mais à une condition : tu me diras le motif de ta demande.
ASTOLPHE
C'est me vendre trop cher la grâce que tu m'accordes; ne me demande pas ce que je rougis d'avouer.
Dois-je essayer de deviner, Astolphe? est-ce toujours le même motif qu'autrefois ?( Astolphe failun signe de tête afjirmatif,) La jalousie? {Afême signe d* Astolphe,)
£h quoi 1 encore ! toujours 1 Mon Dieu , nous sommes bien malheureux , Astolphe !
ASTOLPHE
Ah! ne me dis pas cela! cache-moi les larmes qui roulent dans tes yeux, ne me déchire pas le cœur! Je sens que je suis un lâche, et pourtant je n'ai pas la force de renoncera ce que tu m'accordes avec des yeux humides, avec un cœur brisé 1 — Pourquoi m'aiines-tu encore , Gabrielle? que ne me méprises-tu ! Tant que tu m'aimeras, je serai exigeant, je serai insensé , car je serai tourmenté de la crainte de te perdre. Je sens que je finirai par là , car je sens le mal que je te fais. Mais je suis entraîné sur une pente fatale. J'aime mieux rouler au bas tout de suite ,
et, dès que tu me mépriseras, je ue souffrirai plus, je n'existerai plus.
amour l tii n'es donc pas une religion? Tu n'as donc ni révélations, ni lois, ni prophètes? Tu n'as donc pas grandi dans le cœur des hommes avec la science et lali* berté?Tu es donc toujours placé sous l'empire de l'aveugle destinée sans que nous ayons découvert en nous-mêmes une force, une volonté, une vertu pour lutter contre t^^ écueils , pour échapper à tes naufrages? Nous n'obti^^' drons donc pas du ciel un divin secours pour te purv^^^ en nous-mêmes, pour t'ennobhr, pour t'élever au-de^s^^ des instincts farouches, pour te préserver de tes praP^^ fureurs et te faire triompher de tes propres délir^^' faudra donc qu'éternellement tu succombes dévoré ^ les flammes que tu exhales , et que nous changions' poison , par notre orgueil et notre égoïsme , le baun:^ ^ plus pur et le plus divin qui nous ait été accordé su ^ terre?
ASTOLPHB.
Ah! mon amie, ton âme- exaltée est toujours en pi aux chimères. Tu -rêves un amour idéal comme jadis rêvé une femme idéale. Mon rêve s'est réalisé, heure et criminel que je suis! Mais le tien ne se réalisera p: ma pauvre Gabrielle 1 Tu ne trouveras jamais un c( digne du tien ; jamais tu n'inspireras un amour qui satisfasse, car jamais culte ne fut digne de ta divinités les hommes ne connaissent point encore le véritable hcK mage qui plairait à Dieu , comment veux-tu qu'ils trc vent sur la terre ce grain de pur encens dont le parfL n'est point encore monté vers le ciel? Descends donc -^^ l'empyrée où tu égares ton vol audacieux, et prea ^^ patience sous le joug de la vie. Élève tes désirs vc ^* Dieu seul , ou consens à être aimée comme une mortelf ^^'
Jamais tu ne rencontreras un amant qui ne soit pas jaloux V de toi, c'est-à-dire avare de toi, méûant, tourmenté, injuste , despotique.
Crois-tu que je rêve Tamour dans une autre âme que la tienne?
ASTOLPHE
Tu le devrais, tu le pourrais; c'est ce qui justifie ma jalousie et la rend moins outrageante.
Hélas 1 en effet , Tamour ne raisonne pas ; car je ne puis rêver un amour plus parfait qu'en le plaçant dans ton sein, et je sens que cet amour, dans le cœur d'un autre , ne me toucherait pas.
ASTOLPHB.
Oh I dis-moi cela , dis-moi cela encore ! répète-le-moi toujours! Va, méconnais la raison, outrage l'équité, repousse la voix du ciel même si elle s'élève contre moi dans ton âme ; pourvu que tu m'aimes , je consens à porter dans une autre vie toutes les' peines que tu auras encourues pour avoir eu la folie de m'aimer dans celle-ci.
Non , je ne veux pas t'aimer dans l'ivresse et le blasphème. Je veux t'aimer religieusement et t'associer dans mon âme à l'idée de. Dieu , au désir de la perfection. Je ' veux te guérir, te fortifier contre toi-même et t'élever à la hauteur de mes pensées. Promets-moi d'essayer, et je commence par te céder comme on fait aux enfanls malades. Nous n'irons point à Florence , je serai femme toute cette année , et , si tu veux entreprendre le grand œuvre de ta conversion au véritable amour, ma tristesse se changera en un bonheur incomparable.
ASTOLPHE
Oui , je le veux , ma femme chérie , et je te remercie à .
genoux de le vouloir pour moi. Peux-lu douter qu'en ceci je ne sois pas ton esclave encore plus que ton disciple?
GÂBRIELLE.
Tu me Tavais promis déjà bien des fois; et comme, aim lieu de tenir ta parole , tu abandonnais toujours ton âm» à de nouveaux orages; comme, au lieu d'être heureux eU tranquille avec moi dans cette retraite ignorée de tous où tu venais me cacher à tous les regards , mes concessions ne servaient qu'à augmenter la jalousie , et la solitude qu'à aggraver ta tristesse , de mon côté je n'étais point heureuse; car je voyais toutes mes peines perdues et tous mes sacrifices tourner à ta perte. Alors je regrettais ces temps de répit où , sous l'habit d'un homme , je puis du moins , grâce à l'or que me verse mon aïeul , t'entourer de nobles délassements et de poétiques distractions. ••
ASTOLPHE
Oui , les premiers jours que nous passons à Florence ou à Pise ont toujours pour moi de grands charmes. Je ne suis pas fait pour la solitude et Toisiveté de la campagne; je ne sais pas, comme toi, m'absorber dans les livres, m'abîmer dans la méditation. Tu le sais bien , en te ramenant ici chaque année , le tyran se condamne à plus de maux que sa victime, et mes torts augmentent en raison de ma souffrance intérieure. Mais, dans le tumulte du monde, quand tu redeviens le beau Gabriel, recherché, admiré, choyé de tous, c'est encore une autre souffrance qui s'empare de moi ; souffrance moins lente, moins profonde peut-être, mais violente, mais insupportable. Je ne puis m'habituer à voir les autres hommes te serrer la main ou passer familièrement leur bras sous le tien. Je ne veux pas me persuader qu'alors tu es un homme toi-même , et qu'à l'abri de ta métamorphose tu pourrais dormir sans danger dans leur chambre , comme lu dormis autrefois sous le même toit que moi
sans que mon sommeil en fut troublé. Je me souviens alors de Tétrange émotion qui s'empara peu à peu de mol à tes côtés, combien je regrettai que tu ne Tusses pas femme, et comment, à force de désirer que tu le devinsses par miracle , j'arrivai à deviner que tu l'étais eu réalité. Pourquoi les autres n'auraient-ils pas le même instinct, et comment n'éprouveraient-ils pas en te voyant ce désordre inexprimable que ton déguisement d'homme ne pouvait réprimer en moi? Oh! j'éprouve des tortures inouïes quand Menrique pousse son cheval près du tien , ou quand le brutal Antonio passe sa lourde main sur tes cheveux en disant d'un air qu'il croit plaisant: a J'ai pourtant brûlé d'amour tout un soir pour cette belle chevelure-là! » Alors je m'ima^^ine qu'il a deviné notre secret, et qu'il se plaît insolemment à me tourmenter par ses plates allusions ; je sens se rallumer en moi la fureur qui me transporta lorsqu'il voulut t'embrasser à ce souper chez, Ludovic; et, si je n'étais retenu par la crainte de me trahir et de te perdre avec moi, je le souffletterais.
GABRIELLË.
Comment peux-tù te laisser émouvoir ainsi, quand tu sais que ces familiarités me déplaisent plus qu'à toimême, et que je les réprimerais d'une manière tout aussi masculine si elles dépassaient les bornes de la plus stricte « chasteté?
ASTOLPHE
Je le sais et n'en souffre pas moins! et quelquefois je t'accuse d'imprudence ; je m'imagine que, pour te venger de mes injustices, tu te fais un jeu de mes tourments; je t'outrage dans ma pensée... et c'est beaucoup quand j'ai la force de ne pas te le laisser voir.
GABBIELLE.
Alors je vois que ta force est épuisée, que tu es près d'éclater, de te couvrir de honte et de ridicule , ou de
t70 ' 6ABEIEL.
dévoiler ce dangereux secret; et Je me laisse. remeni ici, où tu in*aimes pourtant moins, car, danr la quille possession d'un objet tant disputé , il semble qi^::^-^^ ton amour s'engourdisse et Véteigne comme une flammcr^^ sans aliment.
ASTOLPHE
Je ne puis le nier, Dieu me punit alors d'ayoir mai que de foi. Je sens bien que je ne^ t'aime pas moins car, au moindre sujet d'inquiétude , mes fureurs se rai lument; puis, dans le calme, je suis saisi même à côtés d'un affreux ennui. Tu me bénis, et il me sembi que tu me bais. La nuit je te serre dans mes bras, e je rêve que c'est un autre qui te possède. Ah ! ma biei aimée, prends pitié de moi; je te confesse mon déses-^ poir, ne me méprise pas; écarte de moi cette malédicpûon, fais que je t'aime comme tu veux être aimée 1
GABRIELLB. .
Que 7erons-nous donc? Le monde avec moi t'exaft^ père, la solitude auprès de moi te consume. Veux-tu te distraire pendant quelques jours? veux-tu aller à Florence sans moi?
ASTOLPHE
Il me semble parfois que cela me fera du bien ; mais je sais qu'à peine j'y serai , les plus affreux songes viendront troubler mon sommeil. Le jour je réussirai à porter saintement ton imago dans mon âme , la nuit je te verrai ici avec un rival.
GABRIELLB.
Quoil tu me soupçonnes à ce point? Enferme-mo dans quelque souterrain , charge Marc de me passer m( aliments par un guichet , emporte les clefs , fais murer porto; peut-être seras-tu tranquille?
ASTOLPHE
Non î un homme passera , te regardera par le so'
rail , et rien qu'à te voir il sera plus heureux que moi qui ne te verrai pas.
GABBIELLE.
Tu vois bien que la jalousie est incurable par ces moyens vulgaires. Plus on lui cède, plus on Talimenle; la volonté seule peut en guérir. Entreprends cette guérison comme on entreprend Tétude de la philosophie. Tâche de moraliser ta passion.
ASTOPLHE.
Mais où donc as-tu pris la force de moraliser la tienne et de la soumettre à ta volonté.^ Tu n*es pas jalouse de moi ; tu ne m'aimes donc que par un effort de ta raison ou de ta vertu?
GABBIELLE.
Juste ciell où en serions-nous si je te rendais les maux que tu me causes I Pauvre Astolphe 1 j'ai préservé mon âme de cette tentation , je Tai quelquefois ressentie , tu le saisi mais ton exemple m'avait fait faire de sérieuses réflexions , et je m'étais juré de ne pas t'imiter. Mais qu'as-tu? comme tu pâlis!
ASTOLPHE, regardant par la fenêtre.
Tiens, Gabrieliel qui est-ce qui entre dans la cour? Vois 1
GABBIELLE, avcc indifférence.
J'entends le galop d'un cheval. (Elle regarde dans la cour,) Antonio, il me semble 1 Oui , c'est lui. On dirait qu'il a entendu l'éloge que tu faisais de lui , et il arrive avec Và'propos qui le caractérise.
ASTOLPHE, agité.
Tu plaisantes avec beaucoup d'aisance... Mais que vient-il faire ici? Et comment a-t-il découvert notre retraite ?
GABRUSLLB.
Le sais-je plus que toi?
ASTOLPHE , de plus cfi plus agité.
Mon Dieu! que sais-je !...
GABRiELLE , (Vun tofi de reproche, OhIAstolphe!...
ASTOLPHE, avec une fureur concentrée.
Ne m'engngiez-vous pas tout à Theure à aller seul à Florence? Peut-être Antonio est-il arrivé un jour trop tôt. On peut se tromper de jour et d'heure quand on a peu de mémoire etbeauœup d'impatience...
Encore ! Oh ! Astolphe ! déjà tes promesses oubliées ! déjà ma soumission récompensée par Toutrage ! ASTOLPHE, avec amertume.
Se fâcher bien fort, c'est le seul parti à prendre quand on a fait une gaucherie. Je vous conseille de m'accabler dMnjures, je sorai peut-être encore assez sot pour vous demander pardon. Cela m'est arrivé tant de fois ! GABRIELLE , Icvant la main vers le ciel avec véhémence.
Oh ! mon Dieu ! grdnd Dieu ! faites que je ne me lasse pas de tout ceci !
{Elle sort y Astolphe la suit et V enferme dans sa chambre^ dont il met la clef dans sa poche, )