LE COMTE DE BEAUVAIS, LE COMTE DE WARWICK
LE COMTE DE WARWICK
Alinsi donc , enchaînant le pins juste courroux , Tout conspire à la fois à retenir nos coups!
O honte , qui toujours vit au fond de mon âme !
O vengeance ! ô fureur!... à l’aspect d’une femme Qui ? moi ! réduit à fuir , d’un immortel affront Sous les murs d’Orléans j’ai vu charger mon front! Et jusque dans les fers la coupable impunie Semble insulter encore à mon ignominie!
LE COMTE DE BEAUVAIS
Et Talbot nous trahit ! et tandis qu’il parlait ,
Le duc , sous un front calme , en vain dissimulait La pitié dont son cœur savait mal se défendre!
J’ai vu dans tous ses traits le trouble se répandre. Quoi! pourrait-il soustraire au tribunal sacré ?...
JEANNE D’ARC
LE COMTE DE WABWICK interrompot
Mais du tribunal même êtes vous assuré?
Et , quoi qu’il faille oser , nous sera-t-il fidèle ?
LE COMTE DE BEAUVAIS
Je ne vous flatte point. La ferveur d’un saint zèle ,
Au gré de nos desseins , en guide la moitié ;
Le reste semble encor , soit remords ou pitié,
Plaindre la prisonnière et s’effrayer d'avance.
Quel sera donc sur eux l’effet de sa présence !
LE COMTE DE WABWICK
Tout nous dit de hâter un coup trop incertain.
Ne quittons pas le duc ; et qu’il prononce enfin Avantque jusqu’à lui quelque indice en parvienne, Avant qu’ici Dunois arrive et l’entretienne !...
Que veut-il dans ces murs ? il vient , n’en doutons pas , D’une tète coupable écarter le trépas....
LE COMTE DE BEAUVAIS
On entre !... c’est lui-même!... évitons sa présence.
Le duc , vous le voyez , penche vers la clémence. Sortons ; et , redoublant la home qui l’aigrit ,
Par des soupçons nouveaux entraînons son esprit.
(Ils sortent. )