LA DUCHESSE DE BEDFORD, JEANNE D’ARC
Gardes au fond.
LA. DUCHESSE aux Gardes.
Qu’on détache ses fers , le duc l’ordonne ainsi.
Soldats !... éloignez-vous.
( Les Gardes se retirent.
JEANNE D’ARC
Ciel ! qui revois-je ici ?
Oui \ telle était sa voix , sa démarche... c’est elle !
O ! qui que vous soyez , généreuse mortelle Dont la noble pitié , propice à mes malheurs ,
4a JEANNÉ D’ARC.'
De ma longue prison vint charmer les douleurs ,
Parlez \ quel est l’objet de ma reconnaissance ?
LA. DUCHESSE
C’est au sang des Valois que je dois la naissance ,
Du premier de leurs pairs la sœur est devant vous :
La France est mon pays... le duc est mon époux..
JEANNE D’ARC
Vous ne démentez point le sang qui vous fit naître. Vos bienfaits... mais comment puis-je les reconnaître? Que suis-je , pour coûter une larme à vos yeux !
LA DUCHESSE
Cessez ; ne perdons pas des momens précieux :
Le soin de vous sauver et m’occupe et m anime ;
Il me conduit vers vous...
O bonté magnanime!
O faveur, qu’à mes maux le ciel daigne mêler !
LA DUCHESSE
Le duc, vous le savez , doit ici vous parler...
Il tient entre ses mains votre sort , votre vie ;
Quoi que puisse tenter ou la haine ou l’envie , L’intérêt de sa gloire enchaîne leurs efforts -,
Mais d’un esprit si fier je connais les transports.
Que la simple candeur, que l’aimable innocence Fassent, mais sans blesser l’orgueil de la puissance ,