‹ Jeanne d'Arc à RouenChapitre 26 sur 62 · LA DUCHESSE DE BEDFORD, JEANNE D’ARC · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE DE BEDFORD, JEANNE D’ARC

Gardes au fond.

LA. DUCHESSE aux Gardes.

Qu’on détache ses fers , le duc l’ordonne ainsi.

Soldats !... éloignez-vous.

( Les Gardes se retirent.

JEANNE D’ARC

Ciel ! qui revois-je ici ?

Oui \ telle était sa voix , sa démarche... c’est elle !

O ! qui que vous soyez , généreuse mortelle Dont la noble pitié , propice à mes malheurs ,

4a JEANNÉ D’ARC.'

De ma longue prison vint charmer les douleurs ,

Parlez \ quel est l’objet de ma reconnaissance ?

LA. DUCHESSE

C’est au sang des Valois que je dois la naissance ,

Du premier de leurs pairs la sœur est devant vous :

La France est mon pays... le duc est mon époux..

JEANNE D’ARC

Vous ne démentez point le sang qui vous fit naître. Vos bienfaits... mais comment puis-je les reconnaître? Que suis-je , pour coûter une larme à vos yeux !

LA DUCHESSE

Cessez ; ne perdons pas des momens précieux :

Le soin de vous sauver et m’occupe et m anime ;

Il me conduit vers vous...

O bonté magnanime!

O faveur, qu’à mes maux le ciel daigne mêler !

LA DUCHESSE

Le duc, vous le savez , doit ici vous parler...

Il tient entre ses mains votre sort , votre vie ;

Quoi que puisse tenter ou la haine ou l’envie , L’intérêt de sa gloire enchaîne leurs efforts -,

Mais d’un esprit si fier je connais les transports.

Que la simple candeur, que l’aimable innocence Fassent, mais sans blesser l’orgueil de la puissance ,

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