ACTE III, SCÈNE IV
Eclater devant lui la foi de leurs discours !
Je répons de son cœur, je répons de vos jours.
JEANNE D’ARC
Qu’un si généreux soin et m’honore et me touche ! Mais le Dieu qui voulut annoncer par ma bouche Les prodiges fameux qu’il devait accomplir ,
De son esprit encor daignera me remplir.
De ses dons glorieux , de sa faveur insigne ,
Trop ingrate mortelle, eh quoi ! serais-je digne,
Si dans un tel moment le salut de mes jours Imposait à ma voix de timides détours?
Que peut-on sur mon sort , que peut-on sur ma vie , Si le ciel ne permet qu’elle me soit ravie ?
Rassurez-vous. Le duc va connaître mon cœur.... Comme il est sans reproche , il est aussi sans peur.
LA DDCHESSE.
Jeune héroïne, hélas ! que je crains , que j’admire Ce courage imprudent que l'innocence inspire !
Ah! si mes vœux sur vous... Mais le prince paraît. Je vous laisse avec lui, je m’éloigne à regret...
Adieu !... Puisse du moins , démentant mes alarmes , Le ciel à vos accens prêter de nouveaux charmes !
( Elle sort. )
JEANNE D’ARC