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Jeanne d'Arc

Il n'y a rien à comparer , ni chez les anciens ni chez les modeines, ni dans hi Fable ni dans riiisloire, à la Pucelle d'Orléans. Donnez à la muse épique le choix de l'invention la plus touchante et la plus merveilleuse, interrogez les traditions les plus imposantes que les âges d'héroïsme et de vertu aient laissées dans la mémoire des hommes, vous ne trouverez rien qui approche de la simple, de l'authenticpie vérité de ce phénomène du quinzième siècle. La France, à la suite du règne le plus malheureux dont les annales de la monarchie fassent mention jusqu'alors, envahie par ses ennemis, et à peine soutenue sur le penchant de sa ruine par la vaillance de quelques preux , n'oppose plus à la force de ses destinées (pi' une vaine résislance. Paris est occupé par le duc de Bedfort, régent pour un roi anglais. L'infortuné Charles Ml, errant de \ille en ville sans

II IINTRODtCTION.

espérance et bientôt sans royaume, cède à l'infortune qui l'opprime. Près de chercher un asile dans une cour étrangère, il jette un dernier regard, un regard de désespoir sur la belle France, qui ne lui offre de toute part que d'affreux déchirements, les dissensions civiles, auxiliaires et complices des vainqueurs, et un petit nombre de braves mourant sans vengeance sur les ruines des villes incendiées qu'ils ont défendues. A peine quelques places arrêtent encore pour un moment les progrès de l'ennemi. A peine une vieille prophétie, qui annonce qu'une jeune fille, venue des environs du Bois-Chenu, délivrera le royaume, soutient encore la confiance des esprits faibles de ce temps peu fertile en esprits forts. Tout va périr , quand cette jeune fdle paraît. C'est une paysanne de seize à dix-sept ans, d'une taille noble et élevée, d'une physionomie douce, mais fière, d'un caractère remarquable par un mélange de candeur et de force, de modestie et d'autorité, qui ne s'est jamais trouvé au même degré dans aucune créature ; d'une conduite, enfin, qui fait l'admiration de toutes les personnes qui l'ont connue. Les mères ne désirent point de fille plus parfaite , les hom- ' mes n'ambitionnent pas le cœur d'une femmej plus digne d'être aimée; mais dès renfaiiccS

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